#CES2016 – Eridanis et Sen.se mettent en scène leur complémentarité

Pour les deux sociétés, c’était l’occasion d’afficher leur rapprochement six mois après l’annonce du rachat de 80 % du capital de Sen.se, par Eridanis, société de conseil dans l’Internet des objets. Une alliance complémentaire : le B2C pour Sen.se et le B2B pour Eridanis.

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De gauche à droite : Rafi Haladjian, fondateur de Sen.se et Emmanuel Gavache CEO d’Eridanis © Fabien Daireaux

Sans surprise dans un salon « consumer », c’est Sen.se qui occupait les trois-quarts du stand réservé par Eridanis. La société fondée par Rafi Haladjian, pionnier des objets connectés, n’en est pas à son premier CES. Elle a dévoilé sa dernière nouveauté « Peanut » ainsi que « Silver Mother », une adaptation de son hub domestique, Mother, lancé avant le CES 2014. Interrogé sur la vente de sa société,  Rafi Haladjian nous rappelle les raisons de son choix : « L’avenir est au B2B. Ma vision a toujours été que l’internet des objets était une transformation qui allait toucher toutes les industries, tous les services… Pour moi, c’était la meilleure association possible. »

«Notre vision, c’est d’accélérer la croissance des deux sociétés en profitant de notre complémentarité », explique quant à lui Emmanuel Gavache, Directeur général d’Eridanis depuis sa création en septembre 2014 par Jean-Luc Bernard, polytechnicien et propriétaire également du groupe d’ingénierie et de services informatiques, Astek. « Nous avons gardé l’intégralité des équipes de Sen.se. Nous sommes dans les mêmes bureaux. Les équipes techniques sont très proches », précise Emmanuel Gavache, qui dirige désormais les deux entités. Eridanis utilise d’ailleurs déjà –« quand c’est pertinent » – les capteurs Sen.se dans certains projets B2B. « Ce sont des capteurs fiables, versatiles, reprogrammables et à très faibles coûts », déclare Emmanuel Gavache.   

L’objectif affiché de cette alliance : créer un « leader européen » de l’IoT sur le marché B2B, en maîtrisant toute la chaîne de valeur : du conseil, au pilotage de projets, en passant par la fourniture de devices fait maison. « On fait le design produit, le design mécanique, le software… et même l’hébergement, ce qui permet au DSI de ne pas avoir de systèmes intrusifs chez eux tant que les systèmes ne sont pas stables », explique Emmanuel Gavache qui se voit en architecte de solutions IoT.

De nombreuses applications chez les industriels

Le CES 2016 était justement l’occasion pour Eridanis de mettre en avant ses derniers projets : « Avec Vinci, nous travaillons sur des salles de réunion intelligentes, avec Total sur une balance connectée pour les bouteilles de gaz, avec GRTGaz sur la surveillance de l’infrastructure réseau, grâce à des bornes connectées », explique son CEO qui donne quelques précisions : ces bornes font l’objet de plusieurs co-brevets avec GRTGaz, plus de 100 sites sont déjà équipés, dans des zones qui présentent un risque particulier. La borne communique (via Sigfox) tous les jours pour dire que tout va bien, ce qui permet de vérifier qu’elle est bien connectée. Elle embarque des capteurs de positionnement, de vibration, de température qui permettent de donner l’alerte en cas de détérioration.

Pour Total, c’est le fruit d’une réflexion en amont : « Nous sommes allés voir Total pour leur proposer de réfléchir à l’innovation liée aux objets connectés. Ensemble, on a eu cette idée. On a réalisé un prototype chez nous. Une centaine de balances sont aujourd’hui en phase de test en Côte d’Ivoire. Total est tellement content que le groupe nous demande de faire une cotation pour 10 000 unités et une cotation pour 1 million !  » Au-delà du poids, la balance intègre de nombreux autres capteurs, mais Eridanis s’interroge encore sur leur pertinence et ils ne seront peut-être pas conservés dans la version industrielle.

L’avantage semble évident pour Total : suivre de façon très fine la consommation de bouteilles de gaz pour adapter son organisation logistique et de distribution. « Ce qui est incroyable avec ce projet, c’est que nous sommes partis de l’idée de rapprocher Total de son client final, et on aboutit à quelque chose de totalement disruptif. La balance donnera les données, même si le consommateur utilise la bouteille de gaz d’un concurrent. Un avantage compétitif potentiellement décisif », nous confie Emmanuel Gavache.

A l’approche de la fin du salon, l’heure est au bilan, le CEO lâche un mot : fantastique ! « Nous avons eu la visite de presque tous les grands comptes et je suis heureux de pouvoir dire qu’un grand groupe du CAC 40, qui ne nous connaissait pas, m’a passé commande, ici, pendant le CES ».

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© Fabien Daireaux

Avec Peanut, Sen.se veut « banaliser » l’Internet des objets

Plus colorés et plus arrondis que les Cookies de la Mother, les Peanuts se distinguent surtout par la technologie qu’ils embarquent : du Bluetooth LE qui leur permet de se connecter directement au smartphone sans passer par une borne domestique. Chaque capteur est vendu séparément, avec un usage prédéfini et bien ciblé.

Avec un prix en dessous de 30 euros, Sen.se espère surtout banaliser l’Internet des objets. « La vision de Peanut, c’est de sortir de cette espèce de surenchère technologique qui en réalité ne s’adresse qu’à une minorité de gens très connectés. Au lieu de se battre, comme tout le monde dans ce hall, pour vendre des objets avec toujours plus de complexité, mais qui ne s’adressent qu’aux 5% qui utilisent vraiment les objets connectés. On s’est dit que la nouvelle frontière, c’était de s’adresser au 95% restants », explique Rafi Haladjian, fondateur de Sen.se.

D’où l’idée de s’appuyer sur une application mobile car ces 95 % sont maintenant pour la plupart « équipés de smartphones et savent ce qu’est une application. » Mais le côté vraiment disruptif de Peanut, c’est qu’ils seront disponibles à la caisse des supermarchés ! C’est du moins ce qu’espèrent Sen.se qui confie avoir nouer des contacts avec la grande distribution au cours du CES 2016. « L’idée, par exemple, est d’aller acheter ses médicaments dans une pharmacie et qu’on puisse y trouver le Med Peanut, qui m’aide à les prendre… Il faut banaliser l’acte d’achat, les réseaux de distribution, sortir de cette impasse du rayon high-tech où l’on va à Noël pour offrir un objet connecté », explique Rafi Haladjian.

Chaque Peanut répond à une besoin identifié par Sen.se : Thermo Peanut (température), Sleep Peanut (sommeil), Proximity Peanut (objet égaré), Med Peanut (prise de médicaments), Peanut Button (bouton connecté), Safe Peanut (objet déplacé), Front Door Monitor (intrusions) et Smart Hydratation Tracker (hydratation). Le lancement est prévu pour mai/juin.

La Mother n’est pas mise au placard pour autant. Elle se paie même une deuxième vie, grâce à un léger lifting, elle devient « Silver Mother », lancée d’abord aux Etats-Unis, pour faciliter le maintien à domicile des personnes âgées et rassurer leurs proches : alertes partagées avec les proches en cas d’oubli de prise de médicaments, de mauvaise hydratation ou en fonction des allers et venues dans le domicile.

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