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Damien Giroud (Schneider Electric) « Les datacenters qui relèveront les défis de l’économie digitale devront être modulaires, évolutifs, écoresponsables et automatisés »

damien giroud

Damien Giroud Directeur France des solutions datacenter, Schneider Electric IT Business

Comment se positionne Schneider Electric sur le marché des datacenters ?

En tant que spécialiste de la gestion de l’énergie, la vocation de Schneider Electric est de permettre à nos clients d’utiliser le plus efficacement possible leur énergie. Cela fait 45 ans que Schneider conçoit et fabrique des onduleurs. Depuis 2007, année de l’acquisition d’APC, l’entité Schneider Electric IT Business regroupe 15 000 personnes dans le monde. C’est l’année où nous avons fusionné APC à MGE, l’activité onduleurs de Schneider Electric. Nous adressions dans les années 2000 tous les ASP, les ISP, ainsi que les datacenters des salles de marché, des banques. A cette époque nous adressions essentiellement la brique « énergie sécurisée », où il fallait fournir des onduleurs capables d’assurer la continuité de service avec un très haut taux de disponibilité.

Comment avez-vous vu évoluer la demande depuis les années 2000 ?

Aujourd’hui les clés ont changé. Le datacenter est devenu le pilier de l’économie numérique, que ce soit pour l’internet mobile, la banque en ligne, le e-commerce, l’e-administration, l’e-santé. Les usages du numérique explosent. Il y aura entre 50 et 200 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020 (selon les analystes) et les besoins en datacenters vont exploser en parallèle. Au départ, le marché ne demandait que de la fiabilité, aujourd’hui, on a besoin en plus, d’effica- cité énergétique. Les datacenters représentent déjà 2% de la consommation électrique mondiale et ce chiffre va encore s’accentuer. Très tôt,
nous nous sommes positionnés sur ce besoin d’efficacité énergétique. Avec l’acquisition d’APC, nous avons commencé à entrer dans les salles informatiques avec des solutions de climatisation de précision insérées entre les racks, avec également des solutions d’urbanisation de la salle (racks optimisés, bandeaux de prises intelligents, logiciels de gestion de la salle etc). Schneider Electric a ensuite complété son portefeuille par des acquisitions, avec notamment Uniflair, constructeur italien qui fabrique des groupes de production d’eau glacée, des unités de climatisation et des faux planchers, puis enfin avec le rachat d’AST Modular en 2013, constructeur espagnol, leader mondial des solutions de datacenters préfabriqués (containers, « box in the box »…).

En quoi est-ce important pour Schneider Electric de détenir ces technologies aussi différentes ?

Nous sommes présents chez la plupart des  « Web giants » pour répondre à leurs besoins que ce soit sur la partie électrique ou refroidissement, mais il faut savoir que dans des pays comme la France, 70 à 80% de notre activité est réalisée sur de plus petits datacenters. Une salle serveur avec 2 racks informatiques peut bénéficier de notre approche, au même titre qu’une salle avec 10 000 racks. 2012 a été une année très forte pour nous au niveau des régions, 70% de notre chiffre d’affaires a été réalisé sur des projets en régions, avec des datacenters d’universités notamment à Grenoble (UJF), des datacenters d’opérateurs régionaux comme SHD groupe CFI à Lyon, ou NeoClyde  à Besançon, Jaguar Networks à Marseille, Almerys à Clermont Ferrand ou encore celui du Rectorat de Dijon. Avec 50 baies informatiques, on est loin d’un datacenter Google ou Amazon mais ces « petits » datacenters doivent aujourd’hui être « Cloud Enabled », c’est-à-dire prêts à accueillir les applications Cloud de demain et « smart-city ready » pour accompagner localement le dévelop- pement numérique des villes.

Concrètement, en dehors du volet applications et serveurs, qu’est-ce que signifie être « Cloud Enabled » pour un datacenter ?

Nous sommes aujourd’hui entrés dans une économie de l’usage et les datacenters doivent aussi être construits sur ce modèle. Ils doivent être modulaires. Nos clients ne peuvent plus acheter un datacenter d’une capacité 100 et qui sera occupé à 30% pendant 4 ans. Nous devons être capables de livrer un premier module de 30, puis un deuxième, un troisième et littéralement accompagner son modèle économique. C’est ce qu’on a fait pour le nouveau datacenter SFR de Trappes, avec de nouvelles briques qui seront déployées durant toute la durée de vie du datacenter et pour celui de la société SHD Groupe CFI, actuellement en exploitation. Dans notre
« reference design », on a défini un certain nombre de briques, avec des pavés de puissance à 250 kW, 1 MW jusqu’à 20 MW.

Est-ce que cette standardisation ne va pas à l’encontre de la performance ?

Bien au contraire ! Nos solutions sont éprouvées sur des proof of concept à grande échelle et nous travaillons sans cesse à améliorer cette performance. Ainsi pour le datacenter que nous avons équipé à Lyon pour SDH, nous avons pris un engagement avec notre client d’un PUE inférieur à 1,25. A terme, ce datacenter offrira environ 500 m2 de salle IT, la première brique posée comprend quarante baies informatiques, évolutif jusqu’à 250 lorsque celui-ci sera à pleine occupation. Nous pouvons garantir cette valeur de PUE car seulement le quart des briques sont posées. C’est la modularité qui permet de rester au plus près de la charge. C’est ainsi que l’on arrive à un PUE de 1,09 partiel. Si on y ajoute les pertes induites par les onduleurs et de tous les appareils électriques, nous arriverons chez SDH à un PUE de 1,2 en deçà de notre engagement contractuel de 1,25.


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