Non, le cloud souverain à la française n’a pas disparu !

La PME française Outscale, fournisseur IaaS, se développe peu à peu sur le cloud privé et hybride, grâce à sa technologie Tina et à son nouveau programme de partenaires.

© Outscale

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Outscale, le fournisseur de services cloud de classe entreprise de type IaaS et partenaire stratégique de Dassault Systèmes (présent à hauteur de 19 % à son capital), organise pour la troisième fois son événement annuel Cloud Days le 23 juin 2016. L’occasion de revenir sur la situation du cloud en France avec Laurent Seror, PDG et fondateur de l’entreprise fin 2010.

En juin 2011, le premier cloud public d’Outscale est créé. Et une nouvelle version (Tina) est lancée mi-2014. « Cela nous a pris du temps car c’est un sujet compliqué, qui concerne l’assemblage de technologies matérielles et logicielles existantes. Tina on premise, ou TOP, est aujourd’hui une solution agile, fiable et robuste, particulièrement adaptée au monde industriel en ce qui concerne le Big Data, le machine learning et l’IOT », explique-t-il.

Depuis l’entreprise s’est également étoffée avec la création de sociétés sœurs indépendantes aux Etats-Unis (New York, Boston, Silicon Valley) au niveau du cloud public et Hong-Kong. En fait, l’idée d’Outscale est de monter un réseau de « franchisés », y compris avec des acteurs locaux (comme les opérateurs télécoms par exemple) intéressés par des cloud souverains.

Aujourd’hui, Outscale affiche un chiffre d’affaires de 15 millions de dollars et 80 salariés (1 300 serveurs), avec une cinquantaine d’ETI et de grands groupes industriels comme clients et plus de 2 000 sociétés de taille plus modeste. Des entreprises qui voient plutôt le cloud comme une manière de gérer leurs pics de charge, leurs projets « temporaires », d’où le choix de cloud hybride… A l’inverse, aux Etats-Unis, les clients vont dans le cloud et le restent.

« Ici, le cloud est d’abord vu comme une commodité plus qu’un outil industriel pérenne et fiable. Nos clients français parlent beaucoup de réversibilité… En fait, pour en tirer pleinement parti, le cloud se dimensionne suivant son besoin, avec une flexibilité dynamique. Mais ceci, il faut l’anticiper, le programmer dans ses API… C’est là la difficulté !, précise-t-il. Les start-up le font très bien car c’est dans leur ADN. Pour les autres entreprises, elles ont tendance à mettre les curseurs au maxi des offres, alors qu’il y a des consultants qui peuvent les aider à modéliser leurs besoins. »

Plus embêtant, les clients français ont trop tendance « à aller vers l’offre américaine en la matière, déplore-t-il. AWS représente 80 % du marché existant en IaaS, PaaS et SaaS. En 2016, ils ont capté 15 des 20 milliards de ce marché ». Et de citer le cas de l’Italie, où Telecom Italia a signé récemment avec AWS pour fournir aux entreprises nationales du cloud avec l’aval de la Commission européenne…

« Nous souffrons de notre complexité, explique Laurent Seror, face aux Américains qui foncent et voient après. » Mais alors pourquoi l’offre française dans son ensemble ne se valorise-t-elle pas davantage ? « En France, on sait parfaitement financer des machines ; un peu moins des commerciaux et pas du tout le marketing ou la communication », estime-t-il.

Pour autant, l’écosystème se construit petit à petit, avec le soutien apporté à de nombreuses start-up positionnées sur les métadonnées notamment (l’entreprise dispose de son propre incubateur). Les compétences de la France dans les mathématiques sont aussi un atout indéniable.

Désormais entièrement tourné vers l’indirect, Outscale lancera d’ici à la rentrée son premier programme de partenariat intitulé « Cloud Reseller Program ». Car, conscient qu’il ne peut apporter toutes les briques en tant qu’industriel du cloud, Laurent Seror souhaite capitaliser sur une vingtaine de revendeurs cloud à valeur ajoutée pour aider les entreprises engagées dans des projets exigeants (Big Data, Analytics…) à accélérer leur transformation digitale. Plus de détails lors des Cloud Days, journée centrée cette année sur l’internet industriel, et où sont attendus quelque 300 participants (MapR, Cisco, Intel, Netapp…).


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