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Vanexport à fond sur le prépayé

Vanexport à fond sur le prépayé

Divers terminaux proposés par Vanexport

Dans le secteur du prépayé en commerces de proximité et grandes et moyennes surfaces, la PME de l’Hérault vise une croissance de 300% en 2013, en plaçant notamment des bornes interactives dans les bureaux de tabac et la grande distribution.

 

Les produits prépayés ont le vent en poupe ! Qu’il s’agisse de cartes d’entreprises, cartes cadeaux, cartes sans contact, cartes de fidélité ou de paiement mobile… En retard par rapport au reste de l’Europe sur ce segment, la France travaille à colmater l’écart. Selon une étude conduite par l’organisation internationale Global Prepaid Exchange, datant de 2011, notre pays recèlerait le plus fort potentiel du marché en Europe. Et le prépayé numérique, dont la capacité est supérieure au milliard d’euros, est justement celui sur lequel travaille l’entreprise de Castelnau-le-Lez, dans la banlieue de Montpellier, Vanexport. Son créneau : installer des terminaux permettant d’éditer des produits numériques prépayés (recharges pour mobiles, crédit d’appel, monnaie électronique, livres numériques…) chez des détaillants de tabac, de presse, ainsi que dans la grande distribution, leur proposant au passage un relais de croissance. Créée en 1983, Vanexport était d’abord une entreprise de vente de meubles avant que Pascal Vandromme, fils du fondateur, ne reprenne la société et en change complètement l’objet pour en faire l’un des acteurs innovants du secteur.

C’était en 2006… « La particularité de Vanexport est d’être un acteur transversal : grossiste et distributeur, prestataire technique et fabricant de terminaux interactifs. Pour chacun de nos clients, nous pouvons intervenir sur une seule de ces compétences, ou bien sur l’ensemble d’entre elles », explique Pascal Vandromme. Venu du commerce de la téléphonie mobile, le PDG a commencé à développer son activité autour des cartes téléphoniques prépayées pour le compte de différents opérateurs (SFR, Orange, Bouygues Telecom…).

L’arrivée tonitruante de Free, qui a redistribué les cartes dans la distribution de la téléphonie mobile prépayée – le secteur pesait pour 26% du marché mobile début 2012, contre 31,4% deux ans plus tôt –, avec l’arrivée de son offre forfait dès 2 euros, a amené l’entreprise à distribuer de nouveaux produits prépayés, pour l’heure mal distribués. « La monnaie électronique, le gaming, la musique, le livre électronique, ou encore la billetterie comme les places de spectacles, sont rapidement apparus comme des besoins pour le consommateur », estime Pascal Vandromme, qui a notamment lancé la distribution de livres numériques prépayés chez Mag Presse et Maison de la presse.

 

Vanexport à fond sur le prépayéUn service en plus
Côté détaillant, cette nouvelle offre est perçue « davantage comme un service en plus qu’un réel bénéfice direct puisque ce sont des produits fort peu rémunérateurs, allant de 1,5 à 5 % de marge. Il est cependant important de développer ce type de produits en fonction des lieux où l’on se trouve », commente Stéphanie Cazaban-Marque, responsable études et marchés de la Confédération nationale des buralistes. Pour les commerçants, c’est en zone urbaine que ce service est le plus recherché. « Des niches fonctionnent bien avec des opérateurs low-cost, des packs téléphone de tous opérateurs et la monétique (carte bancaire prépayée, le prépayé Internet) », poursuit- elle. Les secteurs sur lesquels travaille précisément Vanexport.

Développant elle-même ses terminaux et son interface logicielle, la PME de vingt-cinq salariés joue sur le fait que, face au e-commerce, les réseaux de distribution physiques, « ne captent pas les parts de marché qui leur reviennent sur les produits numériques prépayés. Toutes familles de produits confondues, nous proposons 2 500 articles, en comptant susciter un achat culturel d’impulsion, alors qu’en caisse de GMS [grandes et moyennes surfaces, ndlr], on ne peut guère en proposer physiquement plus de vingt ». Ainsi, sur un écran interactif, en effleurant la surface du doigt, le client peut passer commande parmi plusieurs centaines de références, borne pouvant être équipée, ou non, d’un moyen d’encaissement et délivrer elle-même le produit sélectionné.

 

Quadrupler le chiffre d’affaires en un an
Cette année marque un véritable tournant pour Vanexport. Alors que la société languedocienne, qui a été soutenue par Oséo, a réalisé l’an dernier 13,9 millions d’euros de chiffre d’affaires, elle compte atteindre les 60 millions d’euros de ventes. C’est bien parti : plus de 6 millions ont déjà été réalisés lors du seul mois de janvier avec un résultat net supérieur à celui réalisé sur toute l’année 2012. « Nous avons repris l’activité numérique prépayée de Panini [le célèbre fabricant de collections d’autocollants s’était lancé dans ce marché en 1998, ndlr], qui compte de façon prépondérante dans notre croissance immédiate. » Face à des concurrents tels qu’Altadis et SPF, les deux acteurs majeurs du milieu, ou Bimédia et Logicartes, Vanexport compte sur sa position transversale et la mise en œuvre d’innovations techniques pour gagner des parts de marché.

Vanexport à fond sur le prépayé

Terminaux en libre-service au métro Châtelet, à Paris

Dans son business plan, l’entreprise, qui souhaite réaliser une augmentation de capital de 4 millions d’euros, soit l’équivalent espéré de 25% du capital, entend générer, à l’horizon 2017, un chiffre d’ affaires de 350 millions d’euros pour un résultat net de 4,6 millions, le tout avec seulement une dizaine d’embauches supplémentaire d’ici là !

La « start-up » ne serait-elle pas un peu trop fier-à-bras ? Pascal Vandromme, à ce jour actionnaire majoritaire de l’entreprise, garde son flegme par rapport à la remarque : « Nous sommes le seul acteur global du secteur. Notre technologie est brevetée tant sur les moyens de distribution, comme les bornes, que sur les procédés de transmission. » En outre, il compte bien sur les écrans de ses terminaux pour diffuser de la publicité afin d’accroître également ses revenus. La conquête de grands comptes dans la grande distribution ou de lieux semi-publics à très fort potentiel, à l’instar du métro parisien, ainsi que l’acquisition du parc client de certains concurrents, comme elle vient d’y opérer avec Panini, sont dans les ambitions d’une société qui affiche bon appétit.

 

Cet article est extrait du n°3 d’Alliancy le mag – Découvrir l’intégralité du magazine

Photos : Vanexport – D.R.


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