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Des robots par spécialité

Le président de Medtech, Bertin Nahum, prépare l’entrée de son entreprise à la Bourse de Paris. Il livre son analyse sur le marché de la robotique chirurgicale.Le président de Medtech, Bertin Nahum, prépare l’entrée de son entreprise à la Bourse de Paris. Il livre son analyse sur le marché de la robotique chirurgicale.

Interview de Bertin Nahum,
Président de Medtech
Propos recueillis par Guillaume Mollaret

 

Alliancy, le mag. Quelle est la place de la robotique dans le business de l’équipement chirurgical ?
Bertin Nahum. Sa place est encore relativement confidentielle. Mais, d’une façon générale, le marché est en plein essor. Aujourd’hui, un acteur en est le chef de file, la société américaine Intuitive Surgical avec son robot da Vinci. Au prix voisin de 2 millions d’euros l’unité, il y en a près d’une cinquantaine en France. C’est donc un marché qui émerge. Nous sommes quelques sociétés dans le monde, à commencer par Medtech, à surfer sur cette réussite. Je pense que la robotique est amenée à investir durablement les blocs opératoires.

 

Qu’est-ce qui vous le fait penser ?Le président de Medtech, Bertin Nahum, prépare l’entrée de son entreprise à la Bourse de Paris. Il livre son analyse sur le marché de la robotique chirurgicale.
Premièrement parce que j’observe que l’on assiste à une augmentation générale du nombre de patients liée au vieillissement de la population. Il y a aussi l’exigence croissante de ces patients. De plus, il existe une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la santé. Enfin, un mouvement très important dans le secteur, la chirurgie mini-invasive qui consiste à réduire la taille des incisions. Ces éléments conjugués amènent les hôpitaux à s’équiper de technologies toujours plus fiables et précises. Les robots jouent évidemment un rôle majeur dans la précision du geste chirurgical.

 

Développez-vous vos propres logiciels ?
C’est une grande partie de notre travail puisque nous avons adopté un principe de technologie guidée par l’image. Une espèce de GPS pour le chirurgien ou la carte est remplacée par un scanner ou une IRM. Le rôle du robot est d’aider à la réalisation des différentes étapes de l’opération. Mais notre business model se construit d’abord sur la vente de robots.

 

Combien en avez-vous vendu à ce jour ?
Une vingtaine de plateaux sont équipés avec notre technologie. 80 % de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger.

 

C’est relativement peu. Quel peut être le business model d’une entreprise comme la vôtre ?
Il y a deux types d’acteurs et ils ne sont pas nécessairement les mêmes. Ceux qui mettent au point la technologie, et ceux qui la vendent. Une fois que le robot a prouvé son efficacité, il reste deux solutions. Soit l’on vend la technologie, ce que l’on a déjà expérimenté par le passé, soit l’on fait grandir la société pour qu’elle ait vocation à diffuser elle-même sa technologie. C’est cette option que nous avons choisie.

 

Le président de Medtech, Bertin Nahum, prépare l’entrée de son entreprise à la Bourse de Paris. Il livre son analyse sur le marché de la robotique chirurgicale.

Le robot Rosa de Medtech.

Vous avez procédé ces trois dernières années à deux levées de fonds, de 1,5 million d’euros puis de 4,5 millions. Quelles autres perspectives ?
Nous préparons une introduction boursière à l’automne. Il nous faut donc développer notre force commerciale. Pour cela, nous comptons lever 20 millions d’euros sur Alternext. Aujourd’hui, une demi-douzaine de sociétés à peine est en mesure de faire valider par les autorités compétentes dans le monde entier des robots comme les nôtres ou celui d’Intuitive Surgical. De nombreux laboratoires fabriquent des robots qui sont de très belles pièces technologiques mais qui ne pénétreront jamais les blocs opératoires, faute d’obtention des certificats réglementaires. On en est au début de l’histoire. Il y a une opportunité à saisir pour faire émerger une société française dans un secteur en plein essor.

 

Croyez-vous aux applications de la téléchirurgie ?
La téléchirurgie a été poussée par les militaires aux États-Unis. Mais je ne crois pas que ce soit l’avenir. Ce qui est intéressant, c’est que cela parle au grand public, ce qui permet d’aller plus loin en matière de progrès technologique. Intuitive Surgical réalise 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires sans faire de téléchirurgie à proprement parler. L’avenir de la robotique chirurgicale se situe plutôt dans une robotique par spécialité.

 

Cet article est extrait du n°4 d’Alliancy le mag – Découvrir l’intégralité du magazine


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