Retour sur le dîner « Compétitivité de la DSI »

Dîner du cycle "SI et transformation" : compétitivité de la DSI
« La DSI demain : quelles clés pour combattre la compétitivité extérieure et rester pertinente »

Pour le premier dîner de son cycle « Le Système d’Information et la transformation numérique », consacré aux enjeux d’adaptations majeurs des DSI de grandes entreprises, la rédaction d’Alliancy a accueilli dans ses locaux des acteurs au cœur de la transformation numérique des grandes entreprises : les DSI voient depuis des années leur rôle interrogés face à la concurrence croissante des services offerts par les prestataires cloud. Dans la nouvelle gouvernance des entreprises qui se met progressivement en place, quels sont leurs atouts et leurs priorités ?

Stratégies d’externalisation, réorganisations et nouveaux organigrammes, changement du marketing de la « marque » DSI et de ses offres… Les invités de ce dîner-débat du 26 septembre ont partagé leurs expériences et leurs ressentis sur les priorités de leur métier pour les mois à venir.

Photos : Guillaume Ombreux

« Le numérique est aujourd’hui partout, il est au cœur de la transformation de toutes les activités, et au-delà des technologies concernées, il impacte les choix et les stratégies de toutes les entreprises, et de tous les acteurs au sein de ces entreprises. Cette transversalité rend essentielle les approches transectorielles, basées sur le partage d’expériences de « ceux qui font » et sont les moteurs de la transformation » a introduit Sylvain Fievet, le directeur de la publication d’Alliancy qui a animé les débats au cours de la soirée.

En présence de Catherine Moal, rédactrice en chef du magazine, il est revenu sur l’ambition d’Alliancy d’apporter toujours plus de clés, d’informations et de rencontres utiles et actionnables pour les transformateurs. « Le DSI, mis en concurrence avec le cloud, reste incontournable pour concrétiser la transformation de son entreprise, à condition qu’il sache choisir ses combats, capitaliser sur ses atouts et qu’il accepte le changement de rôle qui lui est demandé » a-t-il insisté en invitant les acteurs autour de la table à parler concrètement de leurs défis actuels.2

Bernard Duverneuil, DSI Groupe Essilor

« La question qui se pose est évidemment : comment une entreprise de taille mondiale peut-elle se transformer … et comment la DSI peut jouer son rôle de catalyseur dans cette transformation ? Pour établir un fonctionnement efficace, il est nécessaire de garder intacte à la DSI sa capacité d’étonnement sur ce que mettent en place les métiers, pour être créatif et réactif sur les  initiatives originales qu’ils lancent.. Faire face à la concurrence d’acteurs extérieurs efficacement, c’est aussi savoir accompagner les belles idées originales, qui font sortir de sa zone de confort.

Bien sûr, les ruptures technologiques comme le cloud ont été très présentes ces dernières années, il faut donc savoir les utiliser à bon escient… mais surtout garder en tête que la DSI reste un des acteurs clés pour anticiper les prochains changements technologiques de fond, qui font progresser toute l’organisation. »

Thierry Scanff, Directeur des programmes stratégiques à la DSI, Innovations et Marchés – Veolia Environnement

« Si les pays veulent contourner la DSI Groupe, ils le peuvent. Notre position est de ne rien imposer mais plus de les séduire sauf sur la sécurité, la conformité et le collaboratif (messagerie, …).

La DSI Groupe peut et apporte de la valeur…  Ne pouvant et ne voulant pas tout faire, l’enjeu pour séduire est de prioriser en fonction des enjeux business (réduction de cout ou développement business) et de réaliser ensuite les prestations avec excellence. Le DSI a pour cela changé notre marketing et décidé de faire du Cloud un atout en créant un digital store (market place cloud) à destination des DSI pays et proposant une capacité de développement cloud en garantissant la cohérence de l’architecture dans une optique de standardisation et d’innovation.… »

Stéphane Rousseau, DSI – Eiffage

« La DSI groupe d’Eiffage adresse tous les métiers de l’entreprise. Nous n’avons donc pas été épargnés par les impacts variés de la transformation numérique. Dans cette dynamique, nous avons dû faire face à la tentation des métiers de se tourner vers le premier offreur au marketing un peu percutant… au risque de les voir ensuite « bloqués » en situation de dépendance dans leurs évolutions. Aujourd’hui, à la DSI notre légitimité est donc notre crédibilité, notamment dans l’accompagnement efficace sur le long terme.

Sur les sujets business critiques, nous devons également nous battre contre certaines croyances des métiers comme l’idée que des solutions standards du marché Cloud aient réponse à tout. Il faut défendre l’agilité précieuse de la DSI quand il s’agit de répondre aux besoins spécifiques critiques de l’entreprise, bien plus efficacement que n’importe quel prestataire ! »

Olivier Jehl, DSI du Marché des Clients Particuliers – EDF

« Historiquement, EDF a toujours été une entreprise qui a « fait en interne ». Aujourd’hui, la donne est différente et la DSI cherche de plus en plus comment avancer avec les métiers sur les sujets « Cloud ». A ce titre, il ne faut pas voir la mise en concurrence de la DSI avec de nouveaux acteurs est un facteur de transformation positif, notamment de la culture des équipes. Vouloir réinventer en permanence la roue, tout seul de son côté, ne parait pas être une position tenable face aux rythmes d’innovation actuel.

Il y a donc au contraire, un vrai travail d’accompagnement à réaliser dans les achats IT des métiers, afin d’y intégrer les exigences en matière de sécurité, d’interopérabilité, d’interconnexion... Bien sûr, il est possible qu’il y ait des ratés dans ces nouveaux échanges DSI/Métiers, mais il faut alors éviter au maximum de stigmatiser, pour plutôt mieux prévoir la suite, tous ensembles. La nouvelle gouvernance vient justement par l’apprentissage fait de ces échecs. »

Christophe Huerre, VP Group CIO – Rexel

« La flexibilité du système d’information est l’enjeu majeur pour que nous soyons capables de nous adapter aux innovations venues des métiers, notamment dans le cadre des contraintes d’un modèle BtoB. La force et la mission de la DSI réside bien dans sa double vision des spécificités technologiques et métiers de l’entreprise. Elle n’a pas vocation à concentrer entre ses mains l’innovation, ni à être le concurrent de tous les partenaires technologiques, bien au contraire, elle doit être l’acteur des synergies.

La valeur très forte que la DSI est capable d’apporter vient du partenariat, de l’intimité, de l’implication quotidienne avec les métiers… que les prestataires, notamment spécialistes du cloud, ne peuvent reproduire. Mais dans cet accompagnement, il ne faut pas sous-estimer la capacité d’autonomie et d’expertise des métiers eux-mêmes. A partir de là, notre métier reste d’intégrer la nouveauté et l’innovation de manière fiable, au-delà des effets de mode. »

Frédéric Charles, Directeur Stratégie Digitale & Innovation – SUEZ Smart Solutions

« Quelle est la valeur ajoutée de la DSI ? Dans notre cas, nous avons identifié le lien très fort entretenu avec la R&D – capteurs, modèles de données – et l’excellente maîtrise des problématiques de « temps réel », comme étant des facteurs différenciateurs. Une entité interne Smart Solutions était bien positionnée sur ces sujets il y a 10 ans. Aujourd’hui c’est plus  de 180 personnes qui vendent aussi en externe. Choisir ainsi ses combats est très important pour s’organiser de façon cohérente. Il est aussi possible de croître différemment, par exemple en réalisant des acquisitions de start-up, etc.

Notre enjeu n’est pas uniquement de réduire les coûts à tout prix, mais bien d’augmenter au maximum la valeur de ce que nous apportons au business et à sa différenciation. Aujourd’hui, au côté d’une DSI régalienne d’une vingtaine de personnes, nous avons une approche de centre de profits, avec pour objectif de vendre les solutions que nous concevons, en interne comme à l’extérieur de l’entreprise. Si nous sommes capables de convaincre les uns de la valeur apportée, nous sommes sans aucun doute capables de convaincre les autres. »

 

Jean-François Vigneron, CIO – Covéa

« Le marché de l’assurance réagit aux nombreuses implications des nouvelles relations possibles dans un monde numérique avec ses sociétaires. Le risque de désintermédiation par des pure-players numériques est bien entendu réel. La nature de ce que nous assurons évolue elle aussi totalement, comme le montre entre autres la multiplication des véhicules et bâtiments connectés.

Dans ce contexte, les utilisateurs ne contournent par la DSI par plaisir mais du fait de la pertinence très juste qui leur est proposé par toutes les plateformes. La grande majorité des offres sont aujourd’hui entrés dans une phase de maturité et de crédibilité. Pour rester dans la course, la DSI doit être capable d’apporter de l’intelligence et son expertise d’ « assemblier ». Reste que malgré l’importance prise par le digital dans nos activités, il faudra sans doute encore une ou deux décennie pour que nos entreprises se détachent des systèmes « legacy » sur lesquelles elles se reposent encore beaucoup. »

Olivier Mercier, Responsable Innovation DSI – Groupe ADP

 «  Les innovations qui se mettent en place dans notre secteur sont nombreuses : objets connectés et infrastructure numérique intelligente, géolocalisation et géo services associés,  expérimentations autour de la robotique et de l'intelligence artificielle…. Des opportunités de toutes sortes s’ouvrent pour nos métiers. Après avoir créé un pôle innovation au sein de la DSI en 2006, nous nous sommes rapidement rendu compte qu’il faudrait également faire émerger un pôle beaucoup plus transversal dans l'entreprise, l'IT n'étant qu'un vecteur, parmi d'autres, de l'innovation.

"Ecouter" les nouvelles technologies, puis faire le lien avec les équipes business, pour imaginer les services différentiant et à valeur ajoutée pour nos clients.Un des enjeux est de disposer des bonnes compétences et d'en assurer leur constante évolution.Nous avons fait le choix de maitriser l'innovation sur notre cœur de métier, tout en se gardant la possibilité de s'adjoindre les bons partenaires dans une démarche d'opportunité.Le cloud nous aide à répondre à un certain nombre de défis, en matière d’agilité, d’adaptation rapide, afin de mieux répondre aux besoins de nos métiers. Ces choix restent les prérogatives de la DSI du Groupe ADP pour des raisons de sécurité, de niveaux de services, d'urbanisme SI.

Le Système d'Information est un actif stratégique pour le Groupe ADP et c'est ce qui nous conduit à garder la maitrise en interne des briques supportant les processus stratégiques et opérationnels de l'entreprise tout en "ouvrant" notre écosystème dans une stratégie d'opportunité.Nous prônons un Cloud choisi et non un Cloud subi ». 

Sylvain Thiry, Directeur de la relation clients des services partagés des SI – SNCF

« Le digital sous toutes ses formes a une très forte présence à la SNCF. Nous sommes en pleine transformation et il faut donc veiller à ce qu’il n’y ait pas des axes de changement qui s’avèrent au final contradictoire, quand on les voit au niveau global, transversal. Chez tous les acteurs de la DSI, l’enjeu de cohérence est fort.

En termes d’organisation, nous avons passé un cap. Ces dernières années, Yves Tyrode avait pris le poste de CDO pour accélérer notre évolution, fédérer des budgets et dépasser intelligemment les réticences, notamment en matière de sécurité. Mais dans cette dynamique, le risque était de voir la DSI ringardisée. Avec l’arrivée de Benoit Thiers, en tant que Chief Digital and Information System Officer, les deux sujets ont donc été réunifiés sous l’étendard de la DSI groupe, afin d’avoir l’approche la plus cohérente possible, tout en défendant la valeur du « service de bout en bout » que nous pouvons apporter au métier. »

Philippe Bourbotte, Responsable Infrastructure Opérations et Sécurité Informatiques – Keolis

« Il est évident qu’il est plus que jamais nécessaire aujourd’hui que la DSI consacre une part de ses ressources au marketing de ses services. Cela permet d’accompagner et alimenter la dynamique entre la DSI et les métiers. Cette dynamique et ce lien historiques sont en effet concurrencés par les technologies et services grand public, type Cloud par exemple. Comment la DSI prouve-t-elle aux métiers ce qu’elle leur apporte ?

La sécurité, et donc les remédiations aux risques potentiels ou avérés, est l’un des apports clé mais il arrive bien souvent « après la bataille » pour permettre à la DSI de prouver sa valeur. En revanche, les actions en amont sur les achats, les négociations de contrats, et la capacité à assembler les services technologiques intelligemment, ont des effets immédiats et visibles qui permettent de convaincre efficacement. Chez Keolis, nous avons décidé de ne pas positionner la DSI dans un rôle de « contrôle » des choix métiers, mais plutôt de conseil et de lanceur d’alertes, pour sensibiliser aux enjeux et risques technologiques. Ceci permet de ne pas brider l’innovation vers laquelle tendent nos branches métiers, tout en avançant dans une démarche partagée et tempérée. »

Gwendal Meledo, DSI – Onduline

« Avec la Direction Générale d’Onduline, nous avons saisi très tôt l’opportunité du cloud. Nous avons par exemple été parmi les premiers au monde à mettre notre ERP sur le cloud.

Le fait de savoir s’emparer au mieux de ces possibilités et de voir la fonction de DSI évoluer en conséquence est une question de culture d’entreprise, d’ADN injectée par les dirigeants. L’objectif étant de gagner en flexibilité afin d’accompagner les projets de transformation métier mais aussi de se doter d’un environnement capable d’accompagner les accélérations éventuelles imposées par le digital.

Dans le cas d’Onduline, la vision était claire : l’IT ne devait pas être un facteur bloquant, ce qui a ouvert évidemment l’idée de recourir avant tout à des services, y compris pour la partie infrastructure, grâce au cloud. Tout en sachant que le principal challenge reste le même : la gestion du changement »

Jean-Paul Amoros, Président de CDO Alliance

 « On voit aujourd’hui des DSI qui réussissent à se positionner sur le Digital et créer de la proximité vis-à-vis de ses clients internes, afin d’apporter sa valeur dans la transformation numérique des entreprises. Il reste à la DSI me semble-t-il encore à prouver sa valeur sur l’internet des Objets qui va très rapidement se développer, et toutes les DSI ne sont pas préparées pour s’affirmer comme un acteur de référence au sein de l’entreprise. L’informatique des objets n’est par ailleurs pour certaines entreprises pas un phénomène nouveau et face à l’informatique de gestion se sont créés par le passé des informatiques dites industrielles. La grande nouveauté de l’IOT, et l’opportunité qu’il faut peut-être que la DSI saisisse, c’est que la nouvelle informatique des objets va créer un monde sans couture entre les objets, les clients et les entreprises. La DSI a peut-être une opportunité à saisir pour se positionner sur l’informatique des objets et assurer son rôle historique d’architecte et d’intégrateur. Pour cela il faudra que la DSI puisse démontrer qu’elle sait gérer de l’informatique temps réel, de très gros volumes de données et les technologies de deep-learning qui seront probablement la prochaine révolution majeure pour l’IT »

William Batteault, Devoteam Management Consulting

« L’appétence des DSI eux-mêmes pour tisser un lien fort avec les métiers, pour penser business first est une réalité qui s’est très largement renforcée ces dernières années. Mais retrouver le même état d’esprit chez tous ses collaborateurs, dans le travail quotidien des équipes, est un véritable défi.  Trop souvent, les acteurs historiques seront plus confortables à entrer encore et toujours dans les sujets par l’angle uniquement technologique. Il parait donc important de ne pas brouiller le message, entre la vision de ce qu’entend porter le DSI et ce qui est concrètement réalisé. »

François Juillot, Devoteam Management Consulting

« Le sujet Cloud est particulièrement intéressant pour poser la question de l’espace d’ouverture et d’autonomie que la DSI doit laisser à l’innovation des métiers. Permettre aux métiers d’utiliser des ressources en toute autonomie, en facilitant ce qui est généralement vu comme des tâches pénibles comme l’administratif, la facturation, les contrats, le réseau, la sécurité : voilà qui permet à la DSI de contourner les griefs généralement exprimés à son encontre… Et offrir cet espace d’autonomie aux métiers, c’est ne plus uniquement chercher à pousser un catalogue de services figé, mais d’aborder une véritable collaboration pour une construction commune d’offres. Laisser « jouer » le métier avec des solutions, avant de passer dans un mode « managé », voilà qui peut apporter l’agilité attendue par les métiers… »

En facilitant, tout ce qui est vu par ces derniers comme des tâches pénibles, l’administratif, la gestion des contrats, la sécurité… la DSI peut contourner les griefs qui lui ont été traditionnellement fait, tout en s’assurant de ne pas obérer la créativité des métiers. En ce sens, la DSI n’a pas à penser son marketing comme un moyen pour pousser désespérément ses vieux produits et faire le forcing, mais plutôt de présenter plus facilement, de clarifier, ce qu’il est possible de faire avec les moyens à disposition. »

Nous remercions pour leur présence à ce dîner :

  • Bernard Duverneuil, DSI – Essilor
  • Thierry Scanff, Directeur des programmes stratégiques à la DSI, Innovations et Marchés – Veolia Environnement
  • Stéphane Rousseau, DSI – Eiffage
  • Olivier Jehl, DSI du Marché des Clients Particuliers – EDF
  • Christophe Huerre, VP Group CIO – Rexel
  • Frédéric Charles, Directeur Stratégie Digitale & Innovation – Suez Smart Solutions
  • Jean-François Vigneron, CIO – Covéa
  • Olivier Mercier, Responsable Innovation DSI – ADP - Aéroports de Paris
  • Sylvain Thiry, Directeur de la relation clients des services partagés des SI – SNCF
  • Philippe Bourbotte, Responsable Infrastructure Opérations et Sécurité Informatiques – Keolis
  • Gwendal Meledo, DSI – Onduline
  • Jean-Paul Amoros, Président de CDO Alliance
  • William Batteault, Devoteam Management Consulting
  • François Juillot, Devoteam Management Consulting

Un dîner organisé en partenariat avec :

 

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Devoteam est un groupe de conseil technologique créé en 1995. Il guide leurs clients dans les transformations informatiques. L’union du savoir-faire de conseil et l’expertise technique permettent à Devoteam de fournir à ses clients un conseil indépendant et des solutions efficaces pour atteindre leurs objectifs industriels stratégiques. http://www.devoteam.fr/

La DSI, demain : quelles clés pour combattre la compétition extérieure et rester pertinente ? Pour son premier dîner de l’automne, la rédaction d’Alliancy a accueilli dans ses locaux des acteurs au cœur de la transformation numérique des grandes entreprises : les DSI voient depuis des années leur rôle interrogés face à la concurrence croissante des services offerts par les prestataires cloud. Dans la nouvelle gouvernance des entreprises qui se met progressivement en place, quels sont leurs atouts et leurs priorités ?

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