Transformation numérique : quand le DAF se disrupte

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Loic Pelletier, Chef de produit au sein d’Akuiteo

La transformation numérique touche tous les collaborateurs et le DAF n’y échappe pas. D’ailleurs les plus audacieux d’entre eux ne cherchent pas à y échapper : ils en sont les instigateurs. En quoi le boss de la fonction financière a-t-il un rôle à jouer dans cette mutation majeure de l’entreprise ?

La transformation numérique, c’est le règne du service. Partout où elle passe, on constate que les offres et les business-models se convertissent pour devenir des services innovants. Cette chaîne logique se retrouve jusque dans les entreprises qui ont historiquement fondé leur succès sur le produit. Exemple avec Michelin : la société ne vend plus des pneus pour les avions mais un nombre d’atterrissages garantis. Au-delà de l’approche marketing, ce qu’il faut comprendre c’est qu’on passe de l’objet pneu au service atterrissage, la valeur n’est plus dans la possession mais dans l’utilisation.

La transformation numérique génère aussi de nouvelles façons de travailler dans l’entreprise et tous y contribuent.

Les collaborateurs d’une part : il n’est pas rare que les collaborateurs métiers s’inscrivent à des services web « grand public » en toute autonomie et les utilisent à des fins professionnelles. 
Les clients d’autre part : ils consomment toujours plus en ligne et veulent du service. Même la loi incite de plus en plus à la dématérialisation.

C’est pourquoi le DAF doit aussi se mettre au numérique, le reste de l’entreprise ne va pas l’attendre.

Se transformer numériquement est une question de survie

En effet, quand l’entreprise passe au numérique, le DAF et la fonction financière doivent suivre pour continuer à apporter une visibilité économique pertinente. La transformation numérique impacte la manière de penser l’offre, de la commercialiser, de la facturer, d’évaluer sa rentabilité. Les indicateurs et les processus financiers évoluent d’office pour s’adapter.

Le DAF, par sa fonction support, doit faciliter cette mutation, le pilotage de l’activité dans son nouveau modèle et la façon d’investir et de recruter qui en découle. Il doit accompagner le changement et l’embrasser pour permettre à l’entreprise de s’adapter « de l’intérieur ». De plus, une fois la transformation numérique effectuée, il aide à faire des calculs d’impact et à en prendre la mesure. Il a donc un rôle à jouer dès le départ puis sur le long terme.

Comme tous les autres managers, le DAF doit accompagner ses équipes

Passer à des outils numériques revient à migrer vers de nouvelles pratiques plus agiles – qui elles-mêmes appellent davantage de numérisation. La manœuvre ne coule pas nécessairement de source pour les collaborateurs. L’usage doit primer et le DAF doit assurer une conduite du changement pour faciliter l’adoption de nouveaux outils et de nouvelles façons de faire. Accompagner son équipe veut dire l’écouter : il importe de recenser les besoins des opérationnels, de les impliquer pour définir les attentes fonctionnelles et le cahier des charges d’un nouvel outil numérique. Les impliquer en amont, c’est aussi assurer une adoption réussie par la suite.

La transformation numérique va bien plus loin qu’une question d’outil. Grâce une information tracée, accessible par différentes parties prenantes en interne, les fonctions se rapprochent et les opérationnels sont mieux associés aux processus budgétaires. La fonction financière n’est plus celle qui détient l’information, mais celle qui doit savoir la partager. Le DAF doit aider ses équipes à s’adapter au développement d’une culture du chiffre et de la mesure de la rentabilité dans toute l’entreprise.

Une position idéale pour la transformation numérique

Pas moins de 80% des DAF participent au comité de direction de leur entreprise. En parallèle, le DAF échange beaucoup avec les opérationnels, il est aussi impliqué dans les projets et les enjeux des autres directions. Ce rôle transversal le met en parfaite position pour faire le lien entre métiers et direction avec une vue d’ensemble affutée. Le DAF est donc idéalement placé pour valider la feuille de route du numérique avec la direction. De plus, quand la transformation numérique s’accompagne d’une levée de fonds, le DAF intervient tout de suite au cœur du projet.

Le DAF est moteur de la transformation numérique pour une autre raison : il met de nouveaux outils à disposition de toute la société – entre autres ERP, notes de frais, saisies des temps. Les interlocuteurs externes, clients et fournisseurs, sont aussi concernés. C’est le cas avec les nouveaux modes de communication des factures qui passent par un portail où tout se traite en ligne. Les collaborateurs en interface avec clients et fournisseurs vont donc aussi en profiter. Ainsi, un DAF qui passe la fonction financière au numérique finit forcément par être fournisseur de transformation numérique pour bien d’autres fonctions dans l’entreprise.

Il apparaît donc que le DAF peut légitimement prendre le leadership de la transformation numérique dans l’entreprise. S’il n’en est pas l’instigateur, il jouera de toute façon un rôle majeur, garant de la réussite du projet à long terme.

Pour aller plus loin sur ce sujet : www.akuiteo.com


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