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Jean-François Beuze – Les écoutes de la NSA : rien de nouveau sous les drapeaux

La NSA a toujours été à l’écoute de ses alliés et des pays non alliés dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Rappelons que lors de la découverte du programme Echelon en 2000, la classe politique française et européenne avait été choquée. Voyons messieurs les politiciens !

Jean-François Beuze, Président de Sifaris

La NSA a toujours été à l’écoute de ses alliés et des pays non alliés dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Rappelons que lors de la découverte du programme Echelon en 2000, la classe politique française et européenne avait été choquée. Voyons messieurs les politiciens ! Echelon surveillait tout et tout le monde bien avant les années 2000, entre autres : les communications téléphoniques, les fax et les communications électroniques, celles qui transitent par ondes radio, voies hertziennes, satellites, câbles, fibres optiques, sans oublier, bien sûr, les réseaux informatiques. Et les services français ne sont pas en reste. A la même époque, ils avaient développé leur propre système d’écoute, basé également sur Echelon, mais ne disposaient pas des mêmes moyens pour avoir une panoplie d’outils aussi large.

Les entreprises comme Airbus, Thomson-CSF, Siemens, Wanadoo, Alcatel-Lucent et autres, ont toujours subi ce genre d’espionnage industriel. A l’heure où la France lance rapports sur rapports, livres blancs sur la défense et la sécurité nationale (2008 et 2013), tous abordant les questions concernant notre capacité de cyberdéfense, notre allié a affiné son programme d’écoute Prism et s’adapte aux nouveaux outils technologiques disponibles dans le monde. Il a ainsi créé un ensemble d’outils lui permettant d’effectuer des recherches de masse avec son moteur XKeyscore, alimenté par les différents programmes développés par la NSA (FairView, Evilolive, Prism), associés à sa capacité de surveillance des câbles sous-marins grâce à Upstream. La NSA possède cette capacité phénoménale d’enregistrer l’ensemble du trafic mondial sur ses propres data center, lui donnant la possibilité de stocker ainsi cinq zettaoctets de données dans un seul de ses centres basé dans l’Utah. Pour comparaison, cela qui équivaut à la capacité de stockage de 250 milliards de DVD.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir ce qui est écouté, mais de mettre en évidence :
– Les activités exactes de la NSA ;
– L’ensemble des techniques utilisées dans le cadre de l’espionnage ;
– Les implications réelles des constructeurs et éditeurs de solutions IT, et des opérateurs de télécommunications ;

Avec l’avènement des nouvelles technologies et du tout numérique, aussi bien au sein des entreprises qu’auprès des particuliers, les agissements de la NSA posent de sérieuses questions :
– Que font-ils de nos données ? Comment sont-elles exploitées par la suite ? A quelles fins ? Et que cherchent-t-ils ?
– Sont-ils capables de manipuler l’information numérique d’un pays ?
– Quelles sont les réelles implications des réseaux sociaux ?
– Peut-on toujours faire confiance aux géants américains, soumis au Patriot Act : Skype, Microsoft, Facebook, Google ?
– Que se passe-t-il lorsque l’on utilise les services Cloud d’entreprises américaines basées en Europe ? Sommes-nous toujours soumis au Patriot Act, tout en étant tenus au droit français ?
– La vidéosurveillance sur la voie publique, qui connaît un déploiement massif en France, est-elle également impactée par cette surveillance américaine ?

Avec son système d’écoute global et la possibilité de sauvegarder l’ensemble des données mondiales dans ses propres data center, la NSA n’analyse qu’un quart de toutes les informations collectées. Qu’en est-il du droit à l’oubli numérique français, européen ? Il est temps que l’ONU puisse cadrer et organiser le cyberespace et les pratiques des pays industrialisés.


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