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Ismaël Le Mouël et Léa Thomassin, HelloAsso.com – Associations, le numérique est une chance, saisissez-la !

Le mois de décembre est réputé pour être le mois le plus généreux de l’année. En effet, nos compatriotes sont plus heureux à l’approche des fêtes, et par conséquent plus généreux.

Ismaël Le Mouël et Léa Thomassin, co-fondateurs de HelloAsso.com et de la SocialGoodWeek

Le mois de décembre est réputé pour être le mois le plus généreux de l’année. En effet, nos compatriotes sont plus heureux à l’approche des fêtes, et par conséquent plus généreux. En France, 40 % des dons collectés par les associations et fondations le sont sur le dernier trimestre de l’année, avec une concentration très importante sur le mois de décembre. En cette période de crise économique, les fêtes de fin d’année constituent donc pour les associations l’occasion idéale d’une prise de conscience salutaire, voir indispensable : il est nécessaire aujourd’hui d’innover fortement pour toucher les donateurs.

Bienvenue aux nouvelles formes de solidarités, via notamment le numérique !

Associations, que vous soyez caritatives, sportives ou culturelles, ceci est un appel à vous emparer des outils numériques. La révolution numérique a profondément changé notre manière de nous divertir, de consommer, et de communiquer.  Mais cette révolution peut – et doit – aller plus loin. Le numérique a le potentiel de révolutionner un autre pan de notre vie : celui de l’engagement et de la solidarité.

Grâce aux réseaux sociaux, un changement fondamental a eu lieu : le numérique relie, rassemble, rapproche. Il permet de créer du lien social, de s’organiser en réseau, d’apprendre et de réaliser des projets ensemble.  Le numérique permet à chacun de faire entendre sa voix et de devenir à son échelle acteur du changement.  Plus qu’un facilitateur le numérique est en passe de devenir un véritable accélérateur de changement social.  

Ces dernières années, les signaux indiquant que cette révolution est en marche ne cessent de se multiplier. Qu’on songe aux révolutions arabes relayées sur Facebook, à Wikileaks ou aux révélations de Snowden, ces bouleversements n’auraient pas été possibles sans les nouvelles technologies. Plus récemment,  une pétition lancée pour la sauvegarde des fonds marins, par Bloom, une toute petite association,  a réussi, à mobiliser plus de 700 000 personnes, ce en quelques jours.  

Les signes sont de plus en plus nets et rapprochés, la révolution numérique est en train d’atteindre le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire et donne naissance à de nouvelles formes d’engagement.

Mais encore faut-il saisir cette opportunité. Les associations, sont pour la plupart en décalage avec les usages numériques. La raison est simple : les moins de 36 ans ne représentent que 7 % des présidents d’association. Avec un mode de gouvernance vieillissant, le numérique n’est pas la  priorité. Et en faisant l’impasse sur le digital, les associations risquent de se couper des jeunes générations.

Avec ce constat se dresse en toile de fond le spectre d’une dégénérescence prochaine du tissu associatif français. “Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements” disait Darwin. Si vous, associations, n’adaptez pas votre mode de fonctionnement à l’ère numérique,  vous vous exposez à un repli important. Avec la révolution digitale, les usages évoluent de plus en plus vite et ceux qui ne s’adaptent pas périclitent. Songez à la vitesse à laquelle la photo argentique ou le dictionnaire ont disparu de leur marché.

Ce mouvement « d’effacement » du secteur associatif est d’ailleurs déjà à l’œuvre : les jeunes qui souhaitent s’impliquer rejoignent plus facilement des collectifs, où l’organisation horizontale et les outils digitaux leur offrent diverses possibilités d’engagement et leur confèrent une plus grande capacité d’action. Pour donner du sens à leur argent ils se tournent majoritairement vers de nouvelles formes de participation (micro-crédit, crowdfunding, etc.) où la réactivité, la transparence et l’échange sont de mise et où vous ne vous taillez plus la part du lion.

Associations, il est crucial que vous vous empariez du numérique, car notre société ne peut se permettre votre affaiblissement. Le rôle des associations n’a jamais été aussi vital qu’aujourd’hui. La hausse du chômage, conjuguée à une crise économique profonde porte en germe une crise sociale latente, qui exclut de plus en plus. La nécessité des actions associatives n’est plus à prouver. Vous êtes avant tout des acteurs de terrain, de proximité. Vous maîtrisez parfaitement les enjeux de votre territoire et élaborez bien souvent des réponses et des solutions plus adaptées et plus efficaces que quiconque face aux problèmes que vous adressez.  Vous êtes également  des organisations qui  rassemblent. Partage, création de lien social, échange, vos valeurs sont d’ailleurs très proches de celle de ce monde digital qui n’est pour l’instant pas le vôtre.

Tout au long de son histoire, le secteur associatif a montré une grande capacité d’adaptation aux changements économiques et sociétaux. Saurez-vous, une fois encore, vous adapter aux attentes de vos publics : information, transparence, accessibilité, instantanéité, réactivité ?  Pour réussir cette transition, vous disposez d’un atout de taille : vos ambassadeurs : près de 13 millions de bénévoles actifs, 22 millions d’adhérents et près d’1,8 millions de salariés.   

Si vous réussissez ce pari d’adapter votre gouvernance et vos actions à ce monde digital, le modèle social français s’en trouvera renforcé. La jeunesse est si connectée que les associations qui utilisent le numérique voit leur impact se démultiplier. Associations, nous avons une chance unique. Tous ensemble, le numérique nous rend plus fort, il nous donne le pouvoir de modeler plus facilement un monde à notre image : un monde plus ouvert, plus juste, plus solidaire, avec plus de partage et finalement plus humain. Saisissez cette chance. Il en va de votre avenir, mais aussi de celui du modèle social français.


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Commentaires (3)

  1. Notre association a tous les outils web possibles (un site web, G+ & FB, GoogleApps et réseau social interne avec PODIO). Le problème reste l’adoption des nouveaux usages. Si vos adhérents ne trouvent pas nécessaire de s’y mettre, comment faire ? A croire qu’il faut aussi une conduite du changement pour les associations.
    Comment convaincre ensuite les adhérents d’utiliser ces nouveaux outils ?

  2. par association musicale chalonnaise

    je suis complètement d’accord avec vous sur l’avenir du numérique sur le devenir des associations. Nous sommes une harmonie de moins de 20 musiciens (mais 38 adhérents), jumelée avec l’Allemagne depuis30 ans, avec l’irlande depuis 20 ans et la Pologne depuis 10 ans. Pour la Pologne nous n’avons jamais échangé et pour l’Irlande il n’y a plus d’harmonie mais nous avons fait un échange en France et un en Irlande. J’aimerais beaucoup pouvoir attirer la jeunesse dans notre groupe mais malheureusement la moyenne d’âge n’engage pas beaucoup les jeunes à venir nous rejoindre. Nos homologues allemands quant à eux en recrutent énormément et ont beaucoup d’organismes financeurs. Nous avons une école de musique, mais il y a peu d’élèves en instrument d’harmonie. Pouvez vous nous conseiller ? Merci

  3. Nous sommes une association loi de 1901. Nous oeuvrons pour la réhabilitation psychosociale PAR la rééducation professionnelle dans un champ distinct de la psychiatrie, de personnes en situation de handicap psychique, sortantes ou sorties d’établissements de soins psychiatriques. Notre Association est nationale mais plus fortement implantée en région PACA. Les plus grandes difficultés que nous rencontrons sont le désarroi des familles et l’ignorance de la maladie mentale, surtout du handicap psychique. Il est très difficile pour le commun des mortels de faire la différence entre ces divers handicaps. En France, rien n’existe pour prendre en charge ces handicapés et tenter de les réinsérer psycho socialement, hormis les GEM, les CATTP, les ESAT qui sont des prises en charge occupationnelles, en aucune façon une véritable réhabilitation.