Donecle inspecte les avions avec des drones

Fondée en septembre 2014 à Toulouse, Donecle a conçu un drone autonome qui inspecte en quelques minutes les carlingues des avions pour détecter des impacts de foudre. Matthieu Claybrough, le CTO de la start-up, est finaliste des prix du MIT Technology Review 2016. Il évoque cette nomination et l’aventure Donecle.     

Matthieu Claybrough, CTO et cofondateur de Donecle. © Donecle

Matthieu Claybrough, CTO et cofondateur de Donecle. © Donecle

Connaissiez-vous les prix du MIT Under 35 ?

J’en avais entendu parler car Donecle a été finaliste d’un concours organisé lors d’un évènement du MIT à Toulouse, l’EmTech (ndlr, l’EmTech est un évènement mondial qui promeut les technologies émergentes, dont la première édition française a eu lieu en 2015). Nous n’avions pas gagné le concours mais ça nous a permis de prendre contact avec le MIT et de découvrir le prix des Innovateurs de moins de 35 ans. Je suis très heureux de faire partie des dix Français sélectionnés car ça crédibilise la qualité de l’invention de mon équipe. En plus, ce prix donne accès à un réseau d’innovateurs et à des financements.

Quel est l’origine du projet Donecle ?

Il a commencé fin 2011 avec Yann Bruner (le CEO) qui travaillait à l’époque chez Airbus. Quand il demande des inspections visuelles d’avions, elles prennent quelques jours…ce qui est très long !  Il est venu me voir à l’Ecole Polytechnique puis à l’ISAE-Supaéro (ndlr, un pôle de formation spécialisé en aéronautique et spatial) pour que je conçoive des drones pour les avions. Je me suis renseigné sur les technologies existantes, la réglementation très stricte des aéroports et le télé-pilote car dans un hangar le GPS ne fonctionne pas. Au bout de deux ans d’essais de drone en « mode garage », on s’est rendu compte que ça marchait. Deux autres personnes, Josselin Bequet et Alban Deruaz-Pepin, nous ont rejoints en 2014.

Que peut détecter votre drone ?

Les impacts de la foudre. Ils se matérialisent par des traces noires sur n’importe quelle surface de l’avion. Comme la majorité d’entre-eux sont blancs, ces tâches sont faciles à détecter. De plus, la réglementation impose de changer une antenne ou une sangle si elles ont été touchées par la foudre. Pour cela, il faut immobiliser l’avion. Il est ensuite inspecté pendant huit heures par des personnes qui doivent utiliser des chariots et des échelles pour la partie haute de l’avion. Cette immobilisation fait perdre environ 10 000 dollars de l’heure à une compagnie aérienne, au total ça fait une perte de 80 000 dollars. Notre drone fait le même travail en seulement 20 minutes.

Visez-vous seulement le secteur aérien ?

Pour le moment, nous avons des accords de principe avec plusieurs compagnies européennes qui sont prêtes à tester notre drone. Nous étudions également l’éolien car c’est un secteur très similaire à l’aérien. Les pales des éoliennes sont blanches et c’est un marché en croissance. D’autres pistes sont à envisager comme l’inspection des tunnels, des barrages, des navires…Pour l’instant, nous nous positionnons sur l’aérien car c’est notre domaine. Nous sommes tous les quatre issus de l’aéronautique et l’un de nous est même pilote privé.

Quels sont vos objectifs pour 2016 ?

Nous espérons signer un contrat avant juillet 2016 pour effectuer les premiers tests. La technologie fonctionne mais il faut voir comment le drone marche dans un hangar. L’industrie aéronautique n’a pas le droit à l’erreur, l’adoption de notre drone va donc prendre du temps. Au début, les drones cohabiteront avec les inspecteurs pour respecter la réglementation. Puis, ils finiront pas être autonomes. En tout cas, on espère le prouver.

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