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Orange Bank joue carte sur table

La banque devient « Orange ». Le 1er novembre, avec un jour d’avance mais quelques mois de retard, l’opérateur de télécommunications historique a lancé son offre bancaire, « Orange Bank ». Une banque 100 % dématérialisée qui vise les 2 millions de clients d’ici dix ans. Plutôt « Digital Natives » pour commencer.

Orange Bank joue carte sur table

Le lancement officie a eu lieu le 2 novembre (DR)

Une nouvelle jeunesse ! C’est ce que vient de s’offrir l’opérateur Orange avec Orange Bank, sa nouvelle offre bancaire aux côtés des néo-banques (N26, Compte-Nickel, Boursorama, Fortuneo…), de plus en plus nombreuses en France. Et ceci de façon totalement indépendante de tout autre établissement bancaire traditionnel existant. Orange Bank reste toutefois un « rebranding » de Groupama Banque, désormais propriété à 65 % d’Orange. Et c’est là où le bât blesse…

Car l’idée d’Orange Bank est bien de dépoussiérer le secteur en voulant offrir un service surtout simple et fluide en termes d’expérience utilisateur (le nerf de la guerre face aux Gafa et autres !). On peut ainsi ouvrir un compte en 10 minutes et tout gérer depuis son smartphone, une fois l’appli téléchargée (paiement NFC, retrait gratuit, paiement à l’étranger, virement par SMS, suivi des dépenses en temps réel…). Par ailleurs, Orange Bank propose un livret d’épargne non-plafonné, au taux d’intérêt de 1 % brut, et diverses assurances (contre le vol ou la protection des achats)

Evidemment, tout ceci fait encore peur à certains. Pas de souci : Orange Bank leur propose de recevoir une carte Visa de base en « dur » et un bon vieux chéquier, dans un délai de trois jours à domicile. Orange Bank permet même les découverts… à moindres frais. Des atouts qui font penser que l’opérateur s’adresse d’abord à une clientèle « Digital Native », jeune et agile, et à l’esprit voyageur… sans trop d’argent. « La gratuité est un des principes très forts dans notre offre », a expliqué Stéphane Richard, PDG d’Orange, à nos confrères du Parisien.

Maxime Chipoy, responsable du comparateur meilleurbanque.com chez meilleurtaux.com, reconnaissait sur Europe 1 que l’opérateur propose à ses clients « un très beau cocktail entre innovation et tarifs très compétitifs ». Il faut toutefois effectuer 3 opérations bancaires par mois pour ne pas devoir les 5 euros de gestion de compte.

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Certes, par rapport aux banques traditionnelles et à ses concurrentes (néo-banques), Orange Bank affiche quelques atouts : Orange est une marque connue par tous et de confiance, qui compte déjà près de 30 millions d’abonnés en France… Il ne lui reste plus qu’à les conquérir sur la partie bancaire (ils sont deux tiers et plus à croire en la crédibilité d’Orange Bank selon une étude Simon-Kucher/Research Now d’avril 2017). Ensuite, Orange dispose d’un réseau doté d’agences physiques déjà en place. Pour autant, ces 7 000 agences n’ont pas vocation à devenir des « agences bancaires ». Elles sont là simplement pour enregistrer les inscriptions et pas pour distribuer cartes bancaires et chéquiers.

Enfin, Orange axe une partie de sa communication sur Djingo, son conseiller virtuel bancaire, développé dans le cadre d’un partenariat stratégique dans le domaine de l’intelligence artificielle avec Deutsche Telekom. Ce chatbot multiservice, basé sur la technologie Watson d’IBM, rival direct d’un Google Now ou d’un Alexa d’Amazon, se commande à la voix ou par écrit et permet d’interagir notamment avec tous les contenus et services de l’écosystème Orange. Que ce soit pour naviguer sur la TV d’Orange, piloter sa maison connectée ou répondre à vos questions… Attention toutefois si vous faites appel à un « vrai » conseiller : 5 euros vous seront facturés.

Pour la suite, Orange compte investir 500 millions d’euros pour développer son offre à terme. Une somme que peu d’acteurs peuvent débourser… On peut donc imaginer demain un abonnement cumulant mobile et ouverture d’un compte bancaire Orange Bank… sachant que le second ne marche pas sans le premier ! De même, le groupe a d’ores et déjà annoncé vouloir proposer rapidement des crédits immobiliers (à venir) ou à la consommation (prévus début 2018) pour attirer une plus large clientèle.

Jusqu’au 7 février 2018, 40 euros supplémentaires (en plus des 80 euros de bienvenue) sont offerts aux personnes déjà abonnées aux offres Orange internet ou mobile.

Pour séduire, l’opérateur doit toutefois se montrer « innovant », car il n’est pas tout seul… D’une part, les banques traditionnelles ne comptent pas en rester là. Au printemps dernier, BNP Paribas a acquis Compte-Nickel, quelques mois après l’annonce du rachat de Fidor par BPCE. D’autres offres sont en préparation au Crédit Mutuel (Max), à la Banque Postale ou à la Banque Populaire (groupe BPCE)…

Par ailleurs, de « futurs » entrants également opérateurs s’échauffent… Altice, la maison-mère de l’opérateur de téléphonie SFR, souhaiterait lancer AlticeBank « entre la fin 2018 et le printemps 2019 ». Mais, surtout, Free, qui a déposé la marque FreeBank auprès de l’Inpi, continue de faire le buzz sur les réseaux sociaux… et cela le jour même de l’arrivée d’Orange Bank.

On voit donc que le secteur bancaire et financier est en pleine effervescence. On ne peut que s’en féliciter tant le consommateur/utilisateur est demandeur, et ce même si Orange annonce des pertes pour sa nouvelle activité jusqu’en 2020.

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>>  Cet article est extrait du dossier Banque / Assurance – L’open banking : un exercice imposé à tous


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