Catherine Touvrey (Harmonie Mutuelle) : « Nous avons créé un outil pour aider nos collaborateurs à faire le point sur leurs compétences »

Harmonie Mutuelle, qui accompagne près de 60 000 entreprises, entend devenir un acteur global de santé et augmenter le nombre de couvertures offertes. La déclaration sociale nominative (DSN) est sa priorité, notamment pour aboutir à terme à une synchronisation entre le système d’information RH de l’entreprise et le sien pour traiter automatiquement les informations. La mutuelle a par ailleurs investi sur la manière de faciliter le parcours de l’entreprise en ligne et elle a développé des outils pour proposer davantage de services aux salariés. Sa directrice générale, Catherine Touvrey, revient sur la stratégie de l’entreprise, qui met en avant le numérique pour renforcer la proximité avec les clients. Interview.

François Couton, directeur des opérations et de la transformation, et Catherine Touvrey, directrice générale d’Harmonie Mutuelle, mettent en avant les avantages de la dématérialisation pour les entreprises.  ©CGM

François Couton, directeur des opérations et de la transformation, et Catherine Touvrey, directrice générale d’Harmonie Mutuelle, mettent en avant les avantages de la dématérialisation pour les entreprises. ©CGM

Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre le digital au cœur de votre stratégie ?

Catherine Touvrey. Cela fait sept ou huit ans que je suis convaincue que pour survivre, les mutuelles doivent devenir des entreprises IT avec des licences bancaires et différentes autorisations. La première chose que j’ai effectuée quand je suis arrivée chez Harmonie Mutuelle a été de dresser un bilan de la situation informatique et de mettre le digital au cœur de la stratégie de l’entreprise, au lieu de le laisser en périphérie. J’ai ainsi recruté François Couton comme directeur des opérations et de la transformation pour que ce sujet soit un driver. Le plan stratégique Horizon 2020, arrêté en mars 2017, ne constitue pas une rupture avec le passé mais une inflexion forte sur la manière dont on envisageait les choses.

Est-ce que cette stratégie digitale vous permet d’imaginer de nouveaux services pour vos clients ?

Catherine Touvrey. Bien sûr, et nous ne sommes qu’à l’aube des nouvelles possibilités. Pour l’instant, nous travaillons à développer de nouveaux services autour de la prévoyance et de la simplification du parcours client, cela reste concentré sur les métiers que nous pratiquons. Mais nous sommes conscients que des révolutions vont apparaître dans la santé, notamment avec les solutions connectées pour lutter contre les déserts médicaux ou pour améliorer le traitement de maladies. C’est pour cette raison qu’au sein du groupe, nous faisons le pari de la production de soins et de services. Aujourd’hui, nous comptabilisons 15 métiers différents – ambulance, crèche, optique ou encore Ehpad. Tout l’intérêt de notre projet stratégique est d’inventer de nouveaux services et de faire des ponts entre eux.

Vous doter de nouvelles compétences est-il devenu nécessaire aujourd’hui ?

Catherine Touvrey. Avant, pour faire de l’assurance, on avait besoin de juristes. Aujourd’hui, il nous faut en plus des experts de l’IT et du marketing dans les processus de décision parce que c’est ce qui fait la différence. C’est à mon sens la grande révolution que connaissent les sociétés d’assurances. En termes d’organisation, la priorité est le décloisonnement pour que les équipes se concentrent sur le client. La manière de travailler vers laquelle il faut tendre induit la fin des silos et une bonne circulation de l’information en temps réel. Ce sont des concepts d’entreprise libérée, ou du moins d’entreprise plus organiques.

Est-ce que le digital a changé votre rôle de directrice ?

Catherine Touvrey. Le rôle de dirigeant est de fédérer les énergies autour d’un projet, ce qui est toujours le cas. Par contre, la manière de l’opérer est différente. Dans le passé, la maîtrise de l’information était le pouvoir des managers. Aujourd’hui, les collaborateurs ont une exigence de transparence et cherchent eux-même l’information. La valeur ajoutée du manager doit donc être la traduction et l’application d’une information à une situation précise, il doit accompagner les collaborateurs.

Quelles sont vos priorités en interne pour le reste de l’année ?

Catherine Touvrey. Au niveau RH, la priorité sera de trouver comment mener les collaborateurs vers des changements de métier et comment les aider à être au clair sur leurs compétences. En France, c’est une notion qui est peu développée. On ne parle pas de soi et on n’apprend pas à l’école les soft skills, les qualités humaines. C’est pourtant ce dont on a besoin aujourd’hui en entreprise. Depuis deux ans, on se focalise ainsi sur ce changement. Avec la DRH, nous avons créé l’outil « myTrajectoire », lancé il y a un mois, pour aider nos collaborateurs à faire le point sur leurs compétences car les métiers vont évoluer dans les années à venir. C’est une chose de recruter, mais il faut aussi faire évoluer les collaborateurs qui travaillent avec nous depuis longtemps.


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