Bpifrance reste optimiste pour 2019

L’année 2018 a été pour l’institution une année record au service du financement de l’investissement et de la croissance des PME et ETI. Nicolas Dufourcq, son directeur général, voit le cycle perdurer cette année, même s’il ne sera pas éternel.

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifranc

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. © Fabien Breuil

Bpifrance, la banque publique d’investissement, a enregistré un record de financement l’an dernier, en hausse de 9 % en 2018 pour atteindre les 19 milliards d’euros ! Et ce malgré une baisse de 10,2 % des aides et subventions à l’innovation.

Nicolas Dufourcq, son directeur général, se montre même optimiste. Lors de la présentation du bilan d’activité annuel de l’institution ce 31 janvier, il a précisé qu’il n’anticipe pas de retournement économique cette année. « Le cycle n’est certes pas éternel, mais les moteurs de l’économie française sont toujours là. » L’expert justifie sa démonstration par la démarche keynésienne adoptée par les pouvoirs publics : « Les 10 milliards d’euros injectés à la suite du conflit des Gilets jaunes, tout comme la suppression de la taxe d’habitation, devraient soutenir l’économie ».

Nicolas Dufourcq (@Bpifrance) « Notre objectif est de créer des ETI technologiques avec des usines et des emplois ! » Cliquez pour tweeter

Pour autant, « quand le retournement se produira, a-t-il indiqué, peut-être l’année prochaine ou la suivante, il faut que les fonds de capital-investissement soient toujours financés ». De fait, il faudra de plus en plus de capitaux pour financer les start-up en 2021, 2022 et 2023… Aussi, « si Bpifrance sera toujours là », le groupe cherche à convaincre les fonds de pension et les fondations d’université américains pour investir dans ces fonds en France, et pas seulement en Chine et en Israël. De même, les family offices de Scandinavie, des Pays-Bas ou d’Allemagne restent l’autre cible potentielle. « Il faut que l’on révèle l’intérêt pécunier d’investir en France », a reconnu Nicolas Dufourcq.

Légende photo : Bpifrance est détenue à parité par l'Etat français et la Caisse des dépôts et consignation (CDC)

Bpifrance est détenue à parité par l’Etat français et la Caisse des dépôts et consignation (CDC)

Bpifrance, qui cumule les casquettes de banque, de fonds d’investissement, de conseil et d’accélérateur de start-ups, continue de faire évoluer son périmètre de participations en 2018 avec un total de 496 millions d’euros de cessions parmi les grandes et moyennes capitalisations, en net repli par rapport au 1,5 milliard inscrit l’année précédente. « Nous avons 1,5 milliard de liquidités. Nous n’avons donc pas besoin à court terme de faire des cessions stratégiques », a poursuivi Nicolas Dufourcq, qui parle en revanche de deux à trois introductions en Bourse d’ici trois ans au sein de l’ensemble du portefeuille.

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Les TPE-PME font toujours l’objet d’une attention particulière. Elles sont près de 60 000 à avoir pu bénéficier des garanties apportées par Bpifrance. En 2018, ces prêts bancaires privés garantis représentaient un montant de 8,7 milliards d’euros. En 2019, Bpifrance compte d’ailleurs lancer un nouveau produit, toujours à destination des TPE : de petits crédits directs, à 10 000 euros maximum, et sans garantie, à souscrire sur internet grâce à une plate-forme de financement en ligne en construction avec une start-up.

Promouvoir l’entrepreneuriat pour tous, partout en France

Parallèlement, les accélérateurs par grandes filières industrielles (chimie, automobile, plasturgie…) s’avèrent être une « vraie » réussite : 640 PME et ETI en ont bénéficié depuis la création du programme en 2015 (dont 500 sont actuellement en cours d’accélération). « Une entreprise non accompagnée est à 50 % de son potentiel », explique le dirigeant, qui rappelle le rôle majeur joué par les 48 implantations de Bpifrance en région et la volonté de soutenir tous les projets économiques, y compris pour les tout-petits entrepreneurs des « quartiers ». « Notre idée est d’accueillir 950 entreprises dans nos structures rien que cette année. C’est coûteux, mais le payback est évident ! C’est la machine à faire des ETI. Nous produisons de la chance avec ces accélérateurs », a-t-il insisté.

L’accompagnement est devenu un métier à part entière de Bpifrance. La montée en puissance du nombre d’entreprises accélérées pour relever les défis de l’industrie du futur notamment a conduit à la création d’une direction exécutive dédiée.

La veille, la banque publique avait également annoncé le lancement de son plan « Deeptech » à l’horizon 2023, en partenariat avec l’Agence nationale de la recherche (ANR). L’idée étant notamment de financer des start-up en sortie de laboratoire… Pour y parvenir, Bpifrance prévoit 1,3 milliard d’investissement en direct ou avec le soutien de fonds de fonds pour générer 5 milliards d’investissements et soutenir la croissance des scale-up du secteur. « Au total, 1 500 start-up deeptech seront soutenues dans les quatre ans qui viennent, a-t-il précisé. Ce ne sera pas une forêt de bonzaïs, mais bien des sociétés ! Notre objectif est de créer des ETI technologiques avec des usines et des emplois ! »

Nicolas Dufourcq (Bpifrance) « Au total, 1 500 start-up deeptech seront soutenues dans les quatre ans qui viennent  » Cliquez pour tweeter

Un accélérateur dédié à l’international est également programmé d’ici au printemps prochain pour accueillir (sur 18 mois) une quarantaine d’entreprises environ, « notamment celles qui sortent de nos autres accélérateurs et qui n’ont pas trouvé le temps de s’occuper de cet aspect de leur développement ».

A noter enfin la forte hausse du capital Innovation, passé de 197 millions d’euros en 2015 à 328 millions d’euros l’an dernier (Openclassrooms, Evaneos, Limflow, Therachon, Dynacure, Definvest, Kalray…). Parmi ces participations, Nicolas Dufourcq y voit quelques licornes en devenir, notamment DBV, Doctolib, Openclassrooms et, pourquoi pas, ManoMano.


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