574 : Une 5ème maison du digital pour la SNCF, qui vire « data driven »

Le groupe SNCF a inauguré hier matin au Technicentre d’Hellemmes (Nord), en partenariat avec le campus EuraTechnologies, sa 5ème « maison du Digital » (ou 574) en France, après Saint-Denis, Toulouse, Nantes et Lyon. L’occasion aussi pour le groupe de détailler une nouvelle étape de sa stratégie numérique, d’abord basée sur la data.

Un cinquième « 574 » pour la SNCF, qui vire « data driven »

L’application SNCF est aujourd’hui la plus téléchargée en France dans la catégorie transport, avec 10,8 millions de téléchargements.

Au total, ce sont 600 personnes qui travaillent autour de l’innovation à la SNCF dans ses cinq « 574 » ou « maisons du Digital », situés en Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire et Rhône-Alpes et, depuis peu, dans le Nord-Pas-de-Calais. Ce dernier 574, basé à Hellemmes (Nord) et inauguré ce jour, traitera particulièrement des questions de maintenance, IoT et usine du futur.

La donnée au service final du client et du collaborateur

« Cette inauguration du jour marque une nouvelle étape de la stratégie numérique, construire l’entreprise de demain grâce à la donnée, avec l’ensemble des territoires. La donnée est la clé de la mobilité. La data renforce notre performance industrielle (comme par exemple, l’application Vibrato pour le smartphone professionnel de 40 conducteurs des trains du quotidien de la Gare de l’Est pour repérer les anomalies sur le réseau et croiser les données avec l’historique), mais aussi nous permet d’offrir une information personnalisée et de nouveaux services à chaque client. Enfin, elle permet de proposer une multi-modalité beaucoup plus facile qui va transformer cette mobilité », a ainsi expliqué Benoît Tiers, directeur général digital et systèmes d’information du groupe SNCF, lors de la conférence de presse tenue sur le Technicentre nordiste.

Le groupe travaille notamment à la constitution d’un jumeau numérique de l’ensemble du réseau ferré, qui impactera l’ensemble des métiers du groupe (en matière de coûts et d’efficacité pour les clients). « Ce jumeau numérique est une des parties de l’avenir du réseau, qui reste au service du réel consistant à transporter des voyageurs et du fret. A terme, on passera alors d’une logique de signalisation physique à une logique de signalisation numérique qui s’adresse directement aux trains », a également complété Claude Solar, directeur général délégué Sécurité, Innovation & Performance industrielle de la SNCF.

Un cinquième « 574 » pour la SNCF, qui vire « data driven »

Rapidité et sécurité. Grâce aux Lidars et à l’IA, la SNCF construit une cartographie 3D (jumeau numérique) de l’ensemble du réseau ferré en vue d’optimiser la supervision et la maintenance encore très complexe.

« Tout ceci montre que le groupe change d’échelle au service de la performance industrielle », a poursuivi Benoît Tiers, avant de préciser les évolutions de l’application SNCF, co-construite avec les cheminots, les voyageurs… elle-aussi très axée sur le service personnalisé aux clients et un outil d’aide pour les agents en gare.

« Cet outil va continuer à évoluer grâce à la géolocalisation et à l’intelligence artificielle. 620 000 voyageurs ont d’ores et déjà accepté d’être géolocalisés. Des algorithmes vont maintenant analyser ces données et, dès fin octobre, l’application sera capable de proposer des abonnements en fonction des voyages réalisés », a-t-il détaillé. Ces données récoltées permettent également d’alimenter anonymement la base Data.flux Voyageurs et mieux analyser et comprendre par l’IA la mobilité. Le but étant de mieux adapter l’offre de services en fonction des lieux. Ceci va, par exemple, jusqu’à voir où vont les flux de voyageurs après avoir quitté leur gare d’arrivée.

Data IV croise et analyse ainsi toutes les données liées à l’affichage des voies et consolide un indicateur d’affichage, qui permet ensuite à chaque gare de mieux gérer son activité et d’améliorer ses délais d’information aux voyageurs. SNCF s’est ainsi donné comme objectif d’afficher 85 % des trains 20 mn avant le départ… Nathalie Courivaud, chef de projet Data IV précise ensuite que, depuis le déploiement de la solution dans les 123 gares monitorées en 2018, deux tiers des 32 gares les plus importantes (en termes de voyageurs et de trains) ont amélioré leur performance.

Consommer la mobilité avant de la payer

Pour faciliter l’information aux voyageurs friands de mobilité, SNCF met également l’accent sur le NFC dans la carte SIM, une technologie facile et rapide qui permet de révolutionner les usages. SNCF précise ainsi : « En plus de son ticket, le client pourra avec son smartphone accéder à une place de parking, réserver un vélo, prendre une voiture en libre-service, et même payer des services en gare, comme les consignes ». Dès septembre, la région Ile-de-France proposera en expérimentation sous Android un « ticket de métro » (10 voyages) dématérialisé, puis le Pass Navigo mensuel et hebdomadaire suivront en 2019. Notamment, Ile-de-France Mobilités a prévu d’investir 6 millions d’euros sur 2019-2021 pour ce dispositif (on estime à 900 000 le nombre d’usagers qui pourront l’utiliser dès 2019 ; le seuil suivant sera de 3 millions).

Evidemment, pour mettre tout cela en route, SNCF doit disposer d’une infrastructure informatique robuste et souple, a rappelé Benoît Tiers. Une application performante et de plus en plus utilisée, il faut assurer l’accès aux données. Le groupe réoriente ainsi ses infrastructures dans le cloud (50% du parc applicatif), plus souple à l’usage et se transforme en entreprise « plateformes », celles dite Big Data (180 teras) ; une autre pour l’internet industriel et enfin, les API ouvertes à tous (plus  de 200 jeux de données accessibles). « le Mobility as an experience doit devenir une réalité. Il faut pouvoir se déplacer avec tout sur le mobile. Ceci doit être possible dès 2019. Il y a urgence à agir pour le client et la compétitivité », a insisté Benoît Tiers.

La donnée devient donc fondamentale à SNCF, car le futur du ferroviaire est le voyage de bout en bout… Aussi bien les clients que les agents du groupe doivent avoir accès à cette donnée pour délivrer au mieux les services. Ceci, pour augmenter l’attractivité de la mobilité collective.

Enfin, Patrick Jeantet, Pdg de SNCF Réseau, est revenu sur le digital industriel, surtout synonyme d’économies : « On est à l’orée d’une révolution majeure pour nous, et donc d’une amélioration considérable de la performance », l’objectif étant de faire circuler davantage de trains sur le réseau et de développer la maintenance prédictive. Ainsi, drones pour la surveillance de câbles électriques, IOT pour le suivi des machines, lunettes connectées pour voir, à distance et en direct, les problèmes constatés par un agent sur le terrain… Tout est aujourd’hui testé dans les différents Technicentres du groupe avec différents partenaires que ce soit des PME, grands groupes ou start-up, repérées notamment au sein des cinq « 574 », répartis sur tout le territoire.

La SNCF a investi 950 millions d’euros dans sa transformation numérique depuis qu’elle s’est délibérément engagée dans l’aventure en 2015, dont 300 millions cette année.

Voir la vidéo de Benoît Tiers : https://youtu.be/h_NE7h8pFzQ

Les données à la SNCF

  • Les horaires
  • Et les données issues des 15 000 trains journaliers
  • Des 30 000 km de voies
  • Des 3 000 gares
  • Et des 2 milliards de clients par an

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