Défense : quand Thales se lance dans les services

Pour aider ses clients à améliorer leur efficacité opérationnelle et l’expérience voyageur, Thales lance une gamme d’applications à destination des opérateurs de transport, des services de maintenance et des passagers.

Thalès s’apprête à lancer une place de marché destinée aux compagnies aériennes.

Thales s’apprête à lancer une place de marché destinée aux compagnies aériennes.

Toutes les entreprises cherchent à se transformer… reste toujours à savoir comment ? Une question d’autant plus difficile quand on est un groupe industriel œuvrant dans le BtoB… et la défense !

C’est notamment le cas du français Thales* qui, du Big Data au cloud en passant par l’IoT et le machine learning, propose désormais différentes applications, via une seule plateforme numérique entièrement paramétrable, aux opérateurs et aux passagers. D’ailleurs, l’intégralité des produits et services du groupe fonctionneront désormais depuis cette plateforme, tout en pouvant être intégrés avec les applications internes de ses clients et des solutions de tiers.

« Notre plateforme fonctionne comme un écosystème de solutions auquel chacun peut contribuer, nos développeurs internes, mais aussi nos clients et nos partenaires », explique Amaury Jourdan, Chief Technical Officer des activités de transport terrestre chez Thales, dans le communiqué. Pour illustrer le changement apporté en termes de services, Thales a fait la démonstration de deux nouvelles applications numériques sur le salon Innotrans 2018, dont Tiris, un service de maintenance prédictive assurant une exploitation et une maintenance intelligente.

Une réduction de 30 % des coûts de maintenance

Cette solution réduit le coût total de l’exploitation des réseaux de transport pour les gestionnaires d’infrastructures et les opérateurs ferroviaires, en abaissant les coûts de maintenance de 30 % et en améliorant la productivité de la main d’œuvre. De même, en réduisant les pannes de service et les opérations de maintenance imprévues, la solution Tiris va jusqu’à profiter aux voyageurs, qui ne resteront plus coincés dans des trains en panne (sic !) ou ne manqueront plus leur train suite à une défaillance matérielle…

Seconde application pour illustrer cette co-innovation dans le groupe : Naia. Cet outil d’analyse des trajets voyageurs documente le parcours des passagers pour que l’opérateur puisse améliorer l’expérience de sa clientèle en optimisant les horaires et améliorer la collecte des paiements grâce à une planification plus adaptée de la tarification. L’application accroît également les recettes via un marketing et des campagnes de publicité plus ciblées…

Ce type de services implique évidemment de mieux connaître ses clients (jusqu’à l’utilisateur) et d’innover en termes de pricing. C’est le travail auquel s’attelle notamment Stephan M. Liozu, Chief Value Officer (CVO) du groupe, en charge de réfléchir aux modèles économiques de demain et d’implémenter les transformations digitales nécessaires. « Thales, par exemple, est leader dans les systèmes de divertissement à bord, mais nous ne connaissons ni les voyageurs, ni ceux qui fournissent des contenus aux compagnies aériennes, illustre-t-il. Notre idée est donc de capter une partie de cette valeur en travaillant au plus près des besoins avec ces acteurs. Ce n’est plus du BtoB, mais du BtoBtoC. Cette expérience software nous ouvre des marchés considérables. »

L’expert s’exprimait lors d’un déjeuner organisé par Zuora, la plateforme cloud leader de gestion des abonnements (ou du paiement à l’acte). « Des compagnies aériennes nous ouvrent leurs portes, poursuit-il. Nous allons travailler ensemble sur les contenus proposés aux voyageurs et leur personnalisation, car si on ne le fait pas, d’autres comme Google ou NetFlix le feront à notre place. » Il en est de même avec divers acteurs du ferroviaire, avec qui le groupe travaille déjà sur le train du futur, en tant qu’architecte et intégrateur système au sein d’un consortium pour les modules ATO (Automatic Train Operation).

Le « Uber » du drone arrive

Côté militaire, domaine dans lequel Thales a passé un accord autour d’un Cloud sécurisé avec Microsoft récemment, le groupe explore également tout le potentiel auprès d’utilisateurs très friands de contenus. Tous les soldats se connectent à différents réseaux sociaux, ne serait-ce que pour échanger avec leurs familles par exemple. « Nos réseaux sécurisés doivent intégrés ces nouvelles problématiques. Mais, on peut également pousser d’autres types de contenus », précise-t-il. De même, les militaires sous-traitent de plus en plus leurs utilities, comme la logistique ou la maintenance… Des domaines où le groupe cumule de nombreux savoir-faire.

Ainsi, Thales propose à certains gouvernements par exemple un service de location de drones militaires, facturé à l’heure. Début 2019, il étendra également ses services aux utilisateurs de drones commerciaux, via une plateforme capable de tout gérer (autorisation de survols…), afin de répondre aux enjeux de l’intégration des drones dans l’espace aérien traditionnel. Appelée Soarizon, cette nouvelle solution permettra à toute entreprise de faciliter leur accès aux services de drones et de simplifier les processus d’autorisations nécessaires pour le survol des zones concernées. Les délais pour les clients sont ainsi réduits de plusieurs semaines à quelques jours. Une vingtaine de clients séduits l’expérimente déjà.

De même, le groupe s’apprête à lancer une place de marché destinée aux compagnies aériennes pour leur permettre de trouver en temps réel la bonne pièce de rechange, au bon prix et dans les meilleurs délais (en moins de 24 heures !),  en cas de maintenance ou de panne. Objectif : contribuer à réduire au minimum l’immobilisation au sol des appareils commerciaux… Un projet développé en collaboration avec la Digital Factory du groupe, centre d’excellence des technologies numériques créé à Paris en juin 2017 (220 ingénieurs en IA, data, cybersécurité…), et qui va désormais s’étendre à l’international, à commencer par le Canada et Singapour prochainement.

Les industriels se mettent aux services à la carte

Les industriels sont aujourd’hui parmi les clients très actifs de Zuora, multipliant eux-aussi les services « payés à l’usage ». L’automobile en est un bel exemple comme chez PSA avec son offre de services Free2Move, ou encore chez Mercedes en Allemagne qui, après Cadillac ou Porsche aux Etats-Unis, teste une nouvelle forme de location longue durée : la location de gamme.

Cette nouvelle offre, appelée Mercedes me Flexperience, permet au client de payer chaque mois un « loyer », comprenant l’assurance, la location, l’entretien de la voiture et un forfait de 36 000 kilomètres au total sur l’année. Mais, plutôt que de ne disposer que d’un seul type de véhicules, Mercedes propose à ses clients de choisir dans une gamme de douze modèles, selon ses envies et ses besoins… La « voiture par abonnement » fait donc partie des nouvelles offres de mobilité, sachant que la réservation se fait tout simplement en ligne, via une application dédiée.

* Fort de 65 000 collaborateurs dans 56 pays, Thales a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 15,8 milliards d’euros.


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