TGV Tours-Bordeaux : Mesea prend un train d’avance en maintenance prédictive

Le mainteneur de la LGV SEA (Ligne Grande Vitesse Sud Europe Atlantique Tours-Bordeaux) Mesea a choisi la plateforme d’analytics ForePaaS pour gérer et exploiter les données de maintenance. Ce projet appelé SEACloud, mené conjointement avec la société concessionnaire Lisea, permettra une maintenance prédictive des chemins de fer plus performante.

Si un retard de plus de cinq minutes perturbe le trafic de la ligne Tours-Bordeaux, la responsabilité de Lisea et Mesea est mise en jeu.

En 2010, Lisea remporte l’appel d’offres de Réseau ferré de France (devenu SNCF Réseau) pour la nouvelle ligne Tours-Bordeaux. Pour mener ce chantier d’envergure, la société concessionnaire chez Vinci s’entoure de deux autres entités : Cosea, un groupement d’entreprises qui s’occupe de la construction et Mesea, exploitant spécialiste de la maintenance des transports terrestres.

Et afin de rendre cette maintenance plus efficace, Leonard, la plate-forme de prospective et d’innovation du Groupe Vinci, a conseillé à Mesea de se rapprocher de ForePaaS, une start-up spécialisée dans le Big Data. L’objectif étant de créer un “SeaCloud” pour analyser et traiter les données issues de multiples capteurs installés sur la ligne. Le projet s’est organisé en 2 temps : une phase de cadrage et deux itérations d’un mois chacune à l’issue desquelles les résultats obtenus ont convaincu Lisea et Mesea de déployer la solution en production.

Un contrat de concession complexe

Représentant 7,8 milliards d’euros d’investissement, la Ligne Grande Vitesse Tours-Bordeaux est un des plus grands projets d’infrastucture d’Europe. Elle permet depuis le 2 juillet 2017 de relier Paris à Bordeaux en seulement deux heures. Le contrat de concession a été confié à Lisea en 2011 pour un durée de 50 ans. C’est la première fois qu’une entreprise privée en France est gestionnaire d’une infrastructure ferroviaire dédiée à la grande vitesse.

Détenue par VINCI Concessions (33,4 %), la Caisse des Dépôts (25,4 %), MERIDIAM (24,4 %) et Ardian (16,8 %), Lisea est chargée du financement, de la construction, de l’exploitation et de la sécurité de la LGV SEA.

Mesea, détenu à 70% par Vinci Concessions et 30% par Systra, a été missionné essentiellement pour l’exploitation et la maintenance de la ligne.

Enfin, le groupement d’entreprises Cosea, piloté par Vinci Construction, s’est occupé de la conception et de la construction de la ligne.  Le Cosea réunit Eurovia, Vinci Energies ainsi que BEC, NGE, TSO, Ineo, Inexia, Arcadis et Egis Rail. 

 

Des capteurs embarqués dans un train spécial

En juillet 2017, la ligne est mise en service. La plateforme SeaCloud laisse la possibilité de chercher et structurer des infos pour assurer le bon état de la ligne. Plusieurs défauts peuvent être détectés grâce à plusieurs critères comme le nombre de trains passés, la qualité des matériaux, la sous structure géologique, la température… etc Un train spécial munis de divers capteurs circule même tous les quinze jours pour mesurer ces éventuels petits défauts.

“Nous avions trop de données disparates donc l’arrivée de ForePaas a permis de consolider notre analyse intelligente en matière de maintenance prédictive”, affirme Philippe Sergent, Directeur général adjoint performances de Mesea. En effet, selon Philippe Sergent, la plateforme conçue par ForePaaS délivre une vision globale de toutes les données à disposition qui permet d’anticiper les incidents.

En octobre 2018, un Proof-of-concept est lancé pour vérifier trois “use cases” : donner les moyens d’analyser les facteurs d’indisponibilité de la ligne haute vitesse, mieux suivre, comprendre et anticiper l’incidentologie et surveiller la “santé des aiguillages”. En l’espace de cinq mois, la technologie de ForePaaS a fait ses preuves et rend possible la maintenance préventive et prédictive.

Prochaine étape : industrialiser des modèles d’IA

La prochaine étape consiste à tester des modèles d’IA pour établir une catégorisation automatique des incidents et faire de la prédiction géométrique des voies (comment vont-elles évoluer et s’étendre dans le temps ?). C’est aussi un enjeu de rendre le travail d’aiguillage plus efficace en croisant des données météorologiques et en particulier hygrométriques pour mesurer le taux d’humidité de l’air.

Enfin, l’objectif pour le deuxième semestre 2019 est d’industrialiser le processus pour extraire et intégrer l’intégralité de la base de données à la plateforme SeaCloud. Le deuxième POC est donc en cours pour assurer, à terme, une meilleure utilisation du data lake. “Une fois que la data sera mieux traitée, d’autres sujets pourront être adressés comme la signalisation des voies”, confirme Philippe Sergent.

Un contrat de concession aux exigences fortes

“Les enjeux sont de taille pour un projet aussi grand, précise-t-il. D’autant plus que les exigences du contrat de concession qui lie Lisea et Mesea à SNCF Réseau sont très élevées en termes de performances. Les pénalités peuvent s’avérer lourdes si les critères de régularité, de fiabilité, de disponibilité et de confort de la ligne ne sont pas respectés.”

Dans le monde ferroviaire, le contrat de concession devient plus en plus courant. C’est un moyen pour des grands groupes comme SNCF Réseau de déléguer des projets en imposant des résultats. C’est pourquoi en travaillant avec ForePaas, Mesea s’assure de prendre un train d’avance en matière de maintenance prédictive.


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