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Transport & logistique : Les mobilités se réinventent
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Vânia Ribeiro (RATP) : « Le transport public est en train de quitter la logique de produit vers celle du service »

Vânia Ribeiro, Chief Data Officer du Groupe RATP

Vânia Ribeiro, Chief Data Officer du Groupe RATP

Pour ce dossier consacré à la mobilité, Alliancy s’est entretenu avec Vânia Ribeiro, Chief Digital Officer du groupe RATP, pour aborder la question de la plateformisation des opérateurs de mobilités français. L’entreprise de transports est directement concernée : elle entame en collaboration avec IDFM, dès novembre, l’expérimentation de la nouvelle application “MaaX” (Mobility as an Experience). Testé pendant six mois par 2000 Franciliens, ce nouvel outil aura pour objectif de regrouper l’ensemble des modes de déplacements (Transports en commun, Vélos, Covoiturage, Autopartage, VTC …) au sein d’un même support digital. 

Alliancy, le mag : Quel est l’objectif de MaaX vis à vis des nouvelles mobilités ?

Vânia Ribeiro : L’objectif est de combiner les transports publics avec toute cette nouvelle panoplie de mobilités émergentes pour assurer l’intermodalité. Autrement dit, un usager pourra avec cette application décider de recourir au métro dans un premier temps, puis de finir son trajet avec un vélo ou une trottinette. Il est primordial que son expérience soit la plus fluide possible. Dans le cadre de notre grand projet de transformation, nous avons identifié des chantiers phares pour alimenter notre stratégie digitale. Et la question des nouvelles mobilités est de plus en plus émergente. Nous avions besoin de nous positionner fortement sur ces enjeux car nous assistons à un changement profond de notre cœur de métier. 

Il y a 4 parties prenantes dans cette transformation : les voyageurs, les Autorités organisatrices de la mobilité (AOM), nos collaborateurs internes et les villes. Dans un premier temps, nous avons lancé le projet sur Annemasse, Angers et Brest par le biais de RATP Dev. La grande différence avec MaaX, c’est que nous travaillons en mode co-construction avec des acteurs technologiques. Sur 25 acteurs de mobilité au total, nous avons choisi les plus opérationnels dans le cadre d’une expérimentation en mode agile : 9 opérateurs de mobilité spécialisés dans le covoiturage, l’autopartage, les scooters électriques, les velib, …  C’est un projet d’expérimentation mené en collaboration avec Île de France Mobilités (IDFM) sur 6 mois qui permettra d’évaluer les usages. Et nous espérons entrer dans une phase d’industrialisation d’ici fin 2020.

La mobilité servicielle, c’est l’avenir ?

Le transport public est en train de quitter la logique de produit vers celle du service. Aujourd’hui, le voyageur ne souhaite plus chercher des produits différenciés comme le métro, le bus, le covoiturage… mais il veut savoir en temps réel tous les moyens de mobilité autour de lui. Tout ça dans une logique de “one stop shop” qui ne néglige pas le terrain. Notre ambition est de construire cette plateforme, cet écosystème de mobilité, pour assurer la réalisation du digital dans le monde physique…

Côté back office, nous prenons en charge la complexité d’intégration des divers services de mobilité. IDFM est totalement ouverte à ce qu’il y ait plusieurs services en front end, afin de rendre le choix de mobilités plus riche pour les voyageurs. Mais en tant qu’acteur public, nous ne pouvons pas discriminer dans le choix des acteurs, sauf si c’est dans une logique d’intérêt général. 

L’autorité organisatrice est en train de faire son choix de plateformes et a annoncé la création d’un guide référence sur l’établissement de critères de sélection, notamment sur la question de la mobilité propre. Cela nécessite de contractualiser la démarche pour assurer l’intermodalité des moyens de transport et à terme, faire baisser l’autosolisme en Île de France. 

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Comment vous différenciez-vous des autres plateformes de mobilité ?

Nous suivons tous le même objectif mais RATP souhaite aller vers plus d’intégration, notamment sur le paiement des titres de transport. Aujourd’hui, l’usager est face à une barrière : il doit jongler entre quinze applications en même temps, ce qui rend l’expérience utilisateur compliquée. Toutes ces solutions sont difficilement interopérables mais c’est un terrain de jeu possible. 

Notre plus-value reste bien notre ancrage territorial. Les grands acteurs que vous évoquez sont principalement présents dans les villes denses. RATP veut accompagner les usagers partout et c’est pourquoi notre ancrage territorial est très important. Nous allons nous différencier sur les services proposés aux territoires.

Comment assurez-vous le contrôle et la protection des données de mobilité ?

Pour ce type de service, il faut collecter des données d’usage. Dans la convention d’expérimentation établie avec les opérateurs de mobilité, nous nous sommes entendus sur l’anonymité des données dans le respect de la RGPD. Leur exploitation est donc contractualisée. Puis, nous assurons aussi la restitution des données récoltées au voyageur grâce à l’alimentation de son journal de bord. 

Je ne crois pas qu’il y ait besoin d’une entité qui contrôle toutes les données de mobilité. Les données sont des actifs comme les autres que nous valorisons. En termes d’ouverture, nous avons toujours été proactifs et respecterons la législation, notamment la LOM. Je suis convaincue que le partage de données est nécessaire dans tout modèle économique et permet d’enrichir l’écosystème. Elles sont le carburant de la mobilité de demain.

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