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[Série] Ecosystèmes & Plateformes : Quelles stratégies d’APIsation ?
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Gérard Guinamand (Engie) « L’APIsation et la plateformisation sont l’avenir des grandes entreprises en transformation »

Un article de la série “Ecosystèmes & Plateformes : Quelles stratégies d’APIsation ?” réalisé en partenariat avec    Logo Axway .

Le groupe Engie met en œuvre une transformation d’ampleur depuis plus de 3 ans pour être leader de la transition énergétique zéro carbone au niveau mondial. La mise en place d’un nouveau portail Common API est une composante essentielle de cette vision faite d’ouverture, d’innovation et de nouvelle gestion de la data. Gérard Guinamand, chief data officer d’Engie et Renaud Ribal, directeur d’activités Ineo Tinea, détaillent cette stratégie et sa mise en œuvre opérationnelle.

Engie indique vouloir être « API first » : quel est le lien avec la stratégie de transformation de l’entreprise ?

Gérard Guinamand, chief data officer d’Engie

Gérard Guinamand, chief data officer d’Engie

Gérard Guinamand. Notre démarche API est l’un des principaux levier de notre vision de « Data Driven Company », au côté des usages cloud et de la mise en place de notre plateforme Common Data Hub. Cette vision est celle d’une importante transformation business, que notre Directrice Générale Isabelle Kocher a articulé autour de plusieurs piliers stratégiques : mener la transformation vers les énergies renouvelables, rendre possible pour les entreprises et les collectivités la transition zéro carbone, et proposer dorénavant des solutions énergétiques « as a service ». Tous ces différents aspects de notre transformation ont un point commun : ils impliquent de mieux partager la donnée. Cette donnée doit devenir un « bien commun » au sein du groupe afin de mettre en avant sa valeur business. Si le Common Data Hub permet de collecter et de stocker un maximum de données du groupe, dans une optique désillotée, il faut ensuite pouvoir partager au plus grand nombre la donnée enrichie et travaillée par nos différentes business units. C’est cet enjeu qui nous a conduit à vouloir être API First.

Est-ce seulement un enjeu interne pour le groupe ?

Gérard Guinamand. L’idée est aussi de faciliter l’acquisition des données externes, voire de partager nos données à l’extérieur si cela est pertinent. Notre écosystème est composé d’acteurs très variés, qui peuvent proposer des usages différents des nôtres. Mais il y a aussi nos clients qu’ils soient particuliers, entreprises ou collectivités… avec qui il est important de pouvoir partager des données.

Nous voyons se multiplier les cas où faciliter les échanges est clé, par exemple avec la région Ile-de-France ou aux Etats-Unis avec la Ohio State University (voir encadré plus bas).

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Gérard Guinamand. L’idée est aussi de faciliter l’acquisition des données externes, voire de partager nos données à l’extérieur si cela est pertinent. Notre écosystème est composé d’acteurs très variés, qui peuvent proposer des usages différents des nôtres. Mais il y a aussi nos clients qu’ils soient particuliers, entreprises ou collectivités… avec qui il est important de pouvoir partager des données. Nous voyons se multiplier les cas où faciliter les échanges est clé, par exemple avec la région Ile-de-France ou aux Etats-Unis avec la Ohio State University (voir encadré).

Renaud Ribal. Ce partage est aussi un enjeu d’innovation, notamment sur l’intelligence artificielle qui s’appuie sur d’énormes quantités de données. Il nous faut faciliter les expérimentations avec des partenaires, permettre à la donnée d’être fournie de manière réactive mais aussi maîtrisée et sécurisée, dans les deux sens. C’est particulièrement le cas avec nos partenaires météorologiques, alors que nous imaginons pour nos activités très météo-sensibles de nouveaux algorithmes de prédiction de consommation et de production. Au même titre que la plateforme Common Data Hub, notre portail Common API est donc une réponse technique à des enjeux très business.

Comment avez-vous mis en œuvre ce portail ?

Renaud Ribal. Common API permet d’agréger différents API manager, en cela c’est un « portail des portails » qui harmonise ce qui existe déjà dans nos business units. Il collecte toutes les informations sur les API du groupe : métriques, usages de consommation… Et permet donc de facturer précisément si besoin l’usage de nos API par des acteurs extérieurs, dans une optique de monétisation. De plus, il a été pensé pour être complètement agnostique vis-à-vis de nos systèmes existants. En effet, quand on met en œuvre une « vision centrale » à l’image du portail, il faut veiller à ne pas tuer dans l’œuf par la contrainte les dynamiques locales qui vont s’y rattacher.

Justement, comment se passe la diffusion en local d’une pratique API dans un groupe de la taille d’Engie ?

Gérard Guinamand. De nombreuses business units ont déjà développé des services autour des données. Le but est maintenant qu’elles aient le réflexe « d’APIser » systématiquement ces services. Elles ont la possibilité de le faire avec le choix technologique qui leur convient le mieux et elles n’ont jamais à reprendre à zéro le travail déjà accompli. Nous ne voulons pas être intrusif. Common API est là pour industrialiser, sécuriser et exposer leurs API et pour en favoriser le partage. 

Renaud Ribal. Nos KPI permettent de voir ce qui est utilisé et comment, et donc d’améliorer continuellement la pratique. Nous nous assurons également ainsi de la cohérence entre ce qui est développé localement et la vision globale. La plateforme, elle, respecte les standards de sécurité et de qualité du groupe. Mais au-delà de la technologie, les business units doivent également monter en compétences sur l’usage des API. Nous n’avons pas vocation à faire en central des formation de développeurs pures et dures, mais il faut pouvoir diffuser les bonnes pratiques sur le développement et l’usage des API.

Gérard Guinamand. Ce travail de rationalisation au niveau central et d’autonomie en local est assez nouveau pour le groupe. Avant 2016, la première partie de l’équation était moins développée. Mais aujourd’hui, la transformation globale du business model rend nécessaire de faire travailler tout le monde avec des outils communs. Et il faut que nous réussissions cela dans tous les pays et auprès de toutes les BU en même temps et au même rythme. Il nous est donc nécessaire de nous appuyer sur des spécialistes comme Axway, dont les technologies sont le socle du portail Common API, pour accompagner la diffusion en local, à une si grande échelle.

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Selon vous, qu’est-ce qui permet de convaincre au mieux les entités locales ?

Gérard Guinamand. Pour adresser autant de monde en local, il faut montrer concrètement la valeur ajoutée de ce qui est produit, qui fonctionne et qui peut être mis en commun entre les Business Units. Il ne s’agit pas seulement de parler des bonnes pratiques lors de réunions, mais de partager des briques globales qui facilitent notre vision transversale et qui s’imposent parce qu’elles sont bien conçues et qu’elles sont le dénominateur commun le plus pertinent entre les Business Units. L’équipe centrale doit produire cela. Elle le fait pour le Common Data Hub avec AWS et pour le Common API avec Axway. Aujourd’hui, le déploiement technologique et la démarche de sensibilisation sont bien avancés… Toutes les BU sont engagées et ont réalisé les premières étapes de l’adoption et en 2020, il nous faut accélérer avec une augmentation sensible des volumes. Aujourd’hui les CIO locaux sont moteurs et engagés en termes de pratiques, de nouveaux usages en écosystème, etc. Plus qu’une question technique, c’est un enjeu culturel et de compétences à ancrer. Mais aujourd’hui, l’APIsation et la plateformisation sont l’avenir des grandes entreprises en transformation. Il nous faut donc cette capacité à y parvenir rapidement, car le temps presse toujours.

Quand partager la donnée avec des partenaires crée de la valeur business

Chez Engie, les usages de partage interne de la donnée grâce à l’APIsation avancent vite. Mais le groupe a également de plus en plus de cas où ce partage se fait en écosystème, avec des partenaires externes. Ainsi, fin 2018, lors de son appel d’offre pour le développement du Grand Paris, la région Ile de France a recherché spécifiquement un consortium de partenaires en capacité d’acquérir toutes les données stratégiquement pertinente sur les habitants de la région, puis de les mettre à disposition sur une plateforme pour construire les politiques et les projets locaux. Et ce, quelle que soit l’échelle : commune, département, région… mais aussi transversale, avec les transports. Il fallait donc au groupe pouvoir assurer le partage efficace de la donnée. C’est aussi le cas à l’International, avec des clients qui sollicitent l’entreprise pour réaliser leur propre transformation zéro carbone, non seulement au niveau de l’énergie qu’ils consomment mais en modifiant aussi leurs usages, leurs technologies, en se dotant de capacité de production d’électricité et de la capacité à mieux vendre ou acheter l’énergie… en se connectant intelligemment au réseau. La Ohio State University s’est engagée en ce sens dans un contrat de 50 ans, où le partage de données est clé. Un cas rendu possible grâce aux possibilités d’interconnections mises en place par le groupe.

« La dynamique business est bien présente. Et les demandes se sont multipliées en 2019 de la part de nos business units autour de projets qui impliquent des capacités d’échanges de services et de données voire de leur monétisation en passant par les API. La mise en commun de ces capacités au travers de plateformes partagées est la clef pour que le Groupe et ses Business Units puissent mieux développer des écosystèmes avec les clients et les partenaires » note Gérard Guinamand.

Un article de la série “Ecosystèmes & Plateformes : Quelles stratégies d’APIsation ?” réalisé en partenariat avec    Logo Axway .

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