Je veux tout savoir de la transformation numérique !
Identifiez-vous pour lire l’intégralité des articles premium et accéder à l’ensemble de nos ressources.
Pour recevoir les dossiers thématiques par mail, inscrivez-vous !
Je m'identifie

Cet article fait partie du dossier

Smart city : la voie pour réinvestir la ville
Découvrez le dossier

Les articles du dossier

Quand les villes s’intéressent à la blockchain…

[Alliancy n°16] Cette récente méthode de sécurisation et d’authentification des transactions, et toutes les applications qui en émergent, intéresse de plus en plus décideurs politiques et économiques.

Quand les villes s’intéressent à la blockchain…

Batiment du quartier confluence, Lyon © Olivier Guerrin

Après Brooklyn et son TransActive Grid, utilisant la blockchain pour acheter et vendre de l’énergie solaire via un réseau local et autonome début 2016, Dubaï et son projet de transformation « Stratégie Blockchain Dubaï » à horizon 2020, c’est au tour de Lyon d’explorer l’échange pair à pair d’énergie solaire, en accueillant un projet pilote, mené dans le quartier de Lyon Confluence*. Cette expérimentation menée par Bouygues Immobilier, Stratumn et Energisme consiste à bâtir le démonstrateur d’un réseau local décentralisé de supervision des échanges d’énergie dans la ville. « Nous voulons que les habitants d’un écoquartier puissent bénéficier d’une énergie d’origine locale certifiée, provenant des panneaux photovoltaïques du voisinage. Début 2017, un immeuble sera équipé à Lyon, puis dans d’autres éco-quartiers en France, dès que ce pilote aura démontré toutes ses possibilités », précise Olivier Sellès, responsable Innovation et Smart City de Bouygues Immobilier. Alors, les villes seraient-elles attirées par les promesses des blockchain, ces technologies de stockage décentralisées, transparentes et sécurisées ?

La gestion de l’énergie, premiers cas d’usage

Selon Charles Kremer, directeur du programme Territoires intelligents au sein de l’IRT SystemX (lire encadré), « le prototype réalisé par Stratumn à Lyon est un premier pas pour valider le fait que la technologie blockchain facilite et sécurise l’ensemble des transactions énergétiques au sein d’un réseau en pair à pair. Et l’ordonnance du 28 juillet 2016 de la Commission de régulation de l’énergie sur l’autoconsommation et la mutualisation de l’énergie ouvre la voie à sa mise en oeuvre avec des bâtiments réels ». Outre de stimuler la mise en place de tels démonstrateurs, cette ordonnance devrait également accélérer la commercialisation de solutions IT auprès des acteurs concernés à travers des bâtiments disposant de capteurs connectés à une blockchain. « Donnant un cadre légal à cette nouvelle technologie, elle permet des offres complémentaires à celles des tiers de confiance historiques (Engie, Enedis, EDF, etc.) dans certains cas, comme la gestion des énergies d’appoint de type photovoltaïque. C’est notamment ce type de cas d’usage que nous pourrons expérimenter prochainement avec EDF, dans le cadre du projet Blockchain for Smart Territories », poursuit Charles Kremer.

Un programme dédié au sein de SystemX

SystemX, unique IRT en Ile-de-France dédié à l’ingénierie numérique des systèmes du futur, travaille sur des solutions innovantes répondant aux besoins de quatre grands marchés : industrie agile, transport autonome, internet de confiance et territoires intelligents. Dans ce dernier domaine, SystemX vient de lancer, en novembre 2016, un nouveau projet de R&D de quatre ans, Blockchain@SystemX. Objectif : traiter au moins quatre cas d’usages de confiance par an, au travers d’une plateforme d’expérimentation, parmi les quinze retenus. Composé de partenaires industriels (La Poste, PSA Group, Covéa…)
et de partenaires technologiques et académiques (Atos, SQLI…), ce projet accueillera les premières start-up sélectionnées dans le cadre de www.start-systemx.fr en janvier 2017 ; la réalisation des démonstrateurs est, quant à elle, attendue courant du second semestre.

 

Le politique doit jouer un rôle de facilitateur

En facilitant la gestion de monnaies locales complémentaires, les infrastructures blockchain peuvent également favoriser les échanges locaux et entre citoyens. François Desgardin, sousdirecteur de la Comptabilité à la Ville de Paris, a ainsi présenté – lors du Blockfest 1.0, organisé en juin dernier à l’Ecole 42 – un projet actuellement à l’étude d’une monnaie s’appuyant sur une blockchain. Le but pour la capitale ? Accompagner le développement du commerce de proximité, favoriser l’intégration sociale et évaluer les dispositifs par la connaissance des flux. La blockchain devrait servir à réaliser des économies en stockant et en certifiant les documents légaux. C’est ce qu’espère aussi la fondation financée par le prince Mohammed bin Rashid, dans la phase 1 de son projet global de transformation de Dubaï.

Ce dernier vise également à simplifier la gestion et la certification de l’identité, et à désintermédier les transactions, avant l’exploitation et la redistribution de l’énergie solaire. L’utilisation d’une blockchain pour déployer des contrats autonomes (smart contract en anglais) ouvre la voie à de nombreux cas d’usage dans les écosystèmes de l’Internet des objets (IoT). « Ces initiatives peuvent intéresser les grandes villes disposant d’infrastructures connectées, explique Emmanuel Viale, directeur général d’Accenture Labs, citant l’exemple de la ville de Singapour, qui a déployé un réseau de caméras afin de faciliter le comptage des personnes et des automobiles, et de détecter des événements.

Une fois les données collectées, traitées et restituées sur une plateforme, il est tout à fait possible d’imaginer des « smart contract » permettant le déclenchement automatique de traitements particuliers pour améliorer la vie des citoyens, par exemple dans l’optimisation des flux de déplacements. » Avec la blockchain, les villes pourront imaginer toutes sortes de services de confiance, tels que la mise en place de systèmes d’e-vote, la gestion et le paiement des impôts et taxes locaux…. « Mais, remarque Charles Kremer, il est encore tôt pour qu’ils soient initiés et pilotés par les villes, même si celles-ci ouvrent leurs portes aux expérimentations. Pour le moment, ces projets sont lancés à l’initiative des industriels ou des instituts de recherche. » Un avis partagé par Olivier Sellès,chez Bouygues Immobilier : « En l’état actuel des expérimentations, il est préférable que les villes se contentent d’un rôle de facilitateur. Cela allège la gouvernance des projets qui doivent rester entre les mains des industriels pour aller vite, ce qui est indispensable en matière d’innovation. »

A Amsterdam, vers une certification d’identité

Aux Pays-Bas, les personnes handicapées disposent d’un budget personnel pour obtenir les soins dont elles ont besoin. En pratique, les formalités administratives à accomplir pour en être remboursés sont tellement complexes qu’un groupe de fonctionnaires de la ville d’Amsterdam, également parents d’enfants handicapés (regroupés sous le nom du « Gang de Gédéon »), s’est interrogé avec des
spécialistes sur l’intérêt de la blockchain pour résoudre cette lourdeur administrative. Aujourd’hui, la ville collabore ainsi avec Sigra (un groupement régional de 90 organismes et associations dans le domaine des services médicaux et sociaux) pour expérimenter la technologie blockchain dans ses aspects
« certification d’identité numérique », de façon à éviter à ces familles et leurs aidants d’avoir en permanence à prouver qu’ils agissent bien au nom de l’enfant handicapé.

Cet article est extrait du magazine Alliancy n°16 « Quelle gouvernance pour le numérique » à commander sur le site.

alliancy 16


Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *