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Gigi Schumm (ThreatQuotient) : « Recruter plus de femmes permettrait de vulgariser les problématiques en cybersécurité »

Experte du sujet de la place des femmes dans la cybersécurité et membre de ThreatQuotient, une start-up qui développe une plateforme de gestion du renseignement sur les menaces informatiques, l’Américaine Gigi Schumm détaille les raisons qui l’ont conduite dans ce domaine et l’importance d’y intégrer davantage de femmes.

| Cet article fait partie du dossier « Cybersécurité : 2018, année de changements ? »

Gigi Schumm a plus de 25 ans d’expérience dans l’IT à des postes de direction chez Symantec, Oracle, Microsystems et maintenant à ThreatQuotient où elle occupe la fonction de Senior VP Worldwide Sales. ©DR

Gigi Schumm a plus de 25 ans d’expérience dans l’IT à des postes de direction chez Symantec, Oracle, Microsystems et maintenant à ThreatQuotient où elle occupe la fonction de Senior VP Worldwide Sales. ©DR

Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler dans le domaine de la cybersécurité ?

Gigi Schumm. Il y a beaucoup de choses passionnantes dans la technologie et internet qui m’ont incité à exercer dans ce secteur depuis plus d’une vingtaine d’années. J’ai été notamment marquée au début des années 2000 par les virus informatiques, comme « SQL Slammer », « Melissa » ou « I love you », indiquant qu’avec les logiciels malveillants et le piratage, plus rien n’était infaillible et ce, nulle part dans le monde. Ces virus menaçaient tout le réseau au sein d’une entreprise. Il était donc nécessaire de se spécialiser sur ces questions, et j’ai saisi cette opportunité. La cybersécurité est d’autre part essentielle car le numérique est aujourd’hui au cœur de l’économie. C’est aussi un domaine source de puissance, qui permet de protéger une nation. Je suis consciente de ce pouvoir et je trouve cela fascinant.

Quelles sont les qualités requises pour travailler sur ces questions ?

Gigi Schumm. Je pense qu’il faut être ouvert d’esprit, intelligent et dévoué à son travail. C’est vrai pour beaucoup d’emplois, mais en cybersécurité plus qu’ailleurs, il est nécessaire de s’adapter constamment aux évolutions et de chercher à avoir un coup d’avance. L’avantage de ce secteur, c’est qu’il est ouvert à divers profils : pour ceux qui sont à l’aise avec les chiffres, il y a la cryptographie ; ceux qui préfèrent coder peuvent s’orienter vers le développement de logiciels par exemple.

La cybersécurité ne manque-t-elle pourtant pas d’experts ?

Gigi Schumm. Oui effectivement, dans le monde entier, c’est un véritable challenge de trouver des expertises en cybersécurité. Aux États-Unis, beaucoup d’efforts sont faits pour encourager les jeunes à obtenir un diplôme dans cette discipline. Il faut également inciter les femmes à trouver leur place dans ce domaine car elles ne représentent que 10% des profils. Les sujets de sécurité échappent ainsi à la moitié de la population. Or, les femmes pourraient apporter de nombreuses compétences au métier nous aidant à avancer plus vite sur certains problèmes. Mais pour inciter les femmes à s’intéresser à la technologie et à la cybersécurité, il faut comprendre comment est-ce qu’elles pourraient se sentir concernées. En effet, si un garçon est attiré par un problème brut à résoudre, les filles préfèrent les applications dans le monde réel. Elles constitueraient un avantage pour vulgariser les problématiques en cybersécurité. La création de club de femmes, comme le Cercle des femmes de la cybersécurité en France, est une excellente initiative.

Comment avez-vous choisi d’agir pour encourager les femmes à investir le champ de la cybersécurité ?

Gigi Schumm. J’ai rejoint en août 2017 ThreatQuotient, une start-up proposant une plateforme qui fonctionne comme une bibliothèque open-source où chacun  peut se renseigner sur les menaces informatiques et les cas pratiques. Il est indispensable d’informer les individus pour qu’ils prennent conscience des menaces et sachent comment mieux se protéger. Par ailleurs, j’ai été interviewée pour une émission de radio et je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes intervenant sur les ondes. J’ai alors voulu y remédier : depuis 2014, je co-anime une émission hebdomadaire – Women of Washington – sur la radio Federal News Radio, lors de laquelle j’échange avec des femmes accomplies qui exercent à des fonctions de management élevés. Nous abordons leur parcours, leur mentor dans leur carrière, les épreuves qu’elles ont dues surmonter… Il est souvent question de diversité et des spécificités concernant les femmes dans la technologie. L’objectif est de donner aux jeunes des sources d’inspiration et leur montrer qu’elles peuvent devenir célèbres et atteindre leurs objectifs.


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