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Jean-Louis Liévin (ideXlab) : « Définir un business model de l’open innovation »

Fondée en 2011 par Jean-Louis Liévin, Pierre Bonnard, Olivier Houssin et Bertrand Lellouche, ideXlab est une plateforme de mise en relation entre entreprises et experts. Aujourd’hui à la tête d’une équipe d’une dizaine de personnes, Jean-Louis Liévin revient sur les origines de son outil et partage sa vision de l’open innovation.

Jean Louis Lievin ideXlab

Jean-Louis Liévin, cofondateur d’ideXlab. © ideXlab

Quand vous êtes-vous intéressé pour la première fois à l’open innovation ?

En Angleterre, quand je travaillais chez British Telecom en tant que directeur de la recherche et de l’innovation. Je me suis rendu compte que les données sur Internet étaient totalement sous-exploitées. En 2011, j’ai donc créé ideXlab avec trois autres personnes pour permettre aux internautes d’utiliser au maximum la puissance du web. L’objectif était de proposer une plateforme de mise en relation entre des entreprises innovantes et des experts, être en quelque sorte le « Meetic de l’innovation ». Ces deux mondes n’ont pas l’habitude se rencontrer. D’un côté, les entreprises éprouvent des difficultés à trouver des compétences spécifiques sur un sujet qu’elles ne maîtrisent pas. De l’autre, les experts peinent à rendre visibles leurs travaux. Sur notre plateforme, nous avons des experts spécialisés dans des thématiques larges comme les sciences sociales, les sciences humaines mais aussi sur des domaines plus surprenants. Nous avons, par exemple, des spécialistes de semi-conducteurs, de physique quantique ou encore de pharmacologie. Aujourd’hui, nous revendiquons une communauté de 10 millions d’experts à travers le monde.

Qui utilise votre plateforme ?

Au départ, nous l’avions conçu pour les grandes entreprises. Nous l’avons donc testé avec des groupes industriels comme Airbus, Thales et Safran. Cette expérience leur a permis de gagner du temps dans l’identification de partenaires. Aujourd’hui, notre outil n’est plus forcément dédié aux grandes entreprises. Nous cherchons à nous adresser à des organisations de plus petites tailles comme les PME innovantes. Nous ciblons aussi les journalistes et les organes de presse puisque nous leur donnons accès à une mine d’informations au travers de documents techniques et des brevets.

Quand on parle d’open innovation, on pense souvent aux start-up. Sont-elles aussi des utilisatrices d’ideXlab ?

Nous voulons démocratiser au maximum cet outil pour les entreprises individuelles et les start-up car elles ont des moyens limités comparés aux grandes entreprises. Nous avons déjà pu définir deux types de demandes. Certaines start-up cherchent des domaines d’application pour leur produit ou service, d’autres cherchent à monter des dossiers pour être labellisées Jeune Entreprise Innovante ou pour souscrire au CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi). En plus, elles peuvent tester la plateforme gratuitement.

Concrètement, comme fonctionne la plateforme ?

Avant même de commencer, l’utilisateur doit faire « un état de l’art » de la question, regarder ce qui existe déjà pour éviter de multiplier les demandes redondantes. Une fois cette étape passée, il suffit de poser la question à la plateforme. Pour trouver la réponse la plus pertinente, elle vous aide même à bien formuler la question. Cette phase de préparation peut prendre jusqu’à une semaine au maximum. Ensuite, la plateforme trouve les bons experts en seulement 24 h. Pour cela, elle s’appuie sur un moteur de recherche qui trace tout ce qu’il y a sur le web : réseaux sociaux, publications, brevets…En une semaine une entreprise peut donc trouver le partenaire idéal alors que cela peut lui prendre des semaines voire des mois dans d’autres conditions.

Comment expliquez-vous cet intérêt pour l’open innovation ?

Aujourd’hui, tous les grands groupes ont tendance à contrôler de manière très étroite leurs dépenses en R&D. Pour augmenter leur retour sur investissement, ils doivent en permanence regarder les innovations faites dans le monde et aller chercher des solutions à l’extérieur. Aujourd’hui, on remarque qu’il y a une réelle prise de conscience autour de l’open innovation. Et Internet est le meilleur outil pour faciliter les échanges de compétences.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’open innovation ?

Ce concept est encore très jeune. J’ai d’ailleurs écrit un article qui met en avant les différences entre l’open source et l’open innovation. Je démontre que l’open source est un concept très mature avec des règles et un modèle économique. Ce qui n’est pas le cas de l’open innovation. Il reste donc à définir un business model et des règles autour de la propriété intellectuelle. Il faudra aussi penser de plus en plus « mondial ». Chez ideXlab, nous avons une ambition européenne et même internationale. La preuve : la plateforme est en anglais depuis sa création et nous cherchons en ce moment à lever des fonds pour justement accélérer notre internationalisation.

 

>> Retrouvez notre dossier sur l’open innovation : Les start-up, nouvelle obsession des grands groupes.


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