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Jean-Pierre Corniou (Systematic) : « Rénover l’image du système d’information »

La 11e convention annuelle du Pôle Systematic a réuni 700  dirigeants et PME et grands groupes. Cette journée a été marquée par le lancement du 9e groupe thématique dédié aux « Systèmes d’Information ». Son président, Jean-Pierre Corniou (Sia Partners) nous en dit plus sur les pistes de réflexion du groupe.

Jean-Pierre Corniou, directeur général adjoint de Sia Partners. © Sia Partners

Jean-Pierre Corniou, directeur général adjoint de Sia Partners. © Sia Partners

Pourquoi avoir rejoint Systematic après une carrière dans le secteur privé ?

J’ai toujours eu beaucoup d’estime et de respect pour le travail réalisé par Systematic. Quand on m’a proposé de présider le groupe thématique « Systèmes d’informations » je n’ai pas eu de difficulté à me laisser convaincre. De plus, depuis plusieurs années, j’essaie d’explorer le monde des SI à la fois comme enseignant, praticien et auteur. J’avais envie de continuer ma recherche personnelle dans un cadre institutionnel et Systematic me convient très bien parce que c’est un pôle professionnel qui a fait preuve de son efficacité. Je suis très enthousiaste parce que le secteur du système d’information a besoin de fraîcheur et de modernité. Cependant, je ne veux pas qu’on oppose l’ancien et le nouveau monde. Systematic est un cadre particulièrement pertinent pour cela parce que c’est un écosystème de 450 entreprises et institutions travaillant à la recherche mais également au déploiement de concepts.

Quel est l’origine du groupe thématique « Système d’informations » ?

C’est une réflexion déjà conduite par Systematic à travers d’autres groupes, seulement il manquait une synthèse horizontale. Aujourd’hui, il existe beaucoup d’entreprises entre le monde classique de l’informatique et le monde nouveau du digital. Ce clivage est inopérant voire dangereux. Notre objectif va donc être de rechercher des gains de compétitivité supplémentaires en rénovant l’image du système d’informations d’entreprises qui, pour beaucoup, a un peu vieilli et s’assimile aux grands systèmes, notamment aux ERP. Nous pensons qu’il faut inciter les entreprises à investir dans la convergence des systèmes pour assurer une vraie complémentarité entre cette approche historique et les besoins nouveaux des entreprises, qui tournent autour de la mobilité et des objets connectés. Et la conséquence immédiate de tout ça reste l’abondance de données dont il faut tirer de la valeur pour permettre aux entreprises d’apporter un meilleur service à leurs entreprises, leurs clients et leurs collaborateurs.

Qui fera partie de ce groupe thématique ?

Je cherche à intégrer plusieurs types d’acteurs. D’abord, les clients du système d’informations, que sont les grandes et petites entreprises. Je vais essayer de constituer un équilibre avec des grands comptes du CAC40, des sociétés issues de différents secteurs, et des grandes organisations publiques pour avoir une bonne représentativité. J’ai également l’ambition de faire venir des personnes pas habituées à participer à ces sujets : le monde du service. Ensuite, je souhaite accueillir des PME en dehors de l’écosystème de production informatique et numérique car elles sont révélatrices des difficultés que rencontrent les chefs d’entreprise à concilier une approche très conventionnelle du système d’information et une approche moderne autour des concepts de mobilité et d’IoT. Enfin, il faut des offreurs car ils ont une sensibilité dans l’architecture des systèmes et représentent une réflexion solide dans ce domaine.

Avez-vous déjà identifié des problématiques ?

Trois idées nous guident. D’abord, l’émergence de nouveaux outils qui ont été implantés de façon hétérogène dans le système d’informations, comme le réseau social d’entreprise. On parle aussi beaucoup de l’intelligence collective, mais comment le système d’information va aller capter de façon cohérente et dynamique l’intelligence des financiers, comptables, et chercheurs ?  Aujourd’hui, c’est encore largement fractionné. Nous devons être capables de concevoir des outils qui soutiennent cette dynamique. Enfin, il y a la chronicité. Le temps et l’information sont les deux matières premières de la performance d’entreprise. Certes, il faut aller de plus en plus vite mais ça ne veut pas dire le faire dans le désordre ! On a vu trop souvent émerger des initiatives qui ont fait long feu parce qu’elles n’étaient pas suffisamment préparées ni mises en cohérence avec le système d’information. Il faut que le SI soit agile mais cette agilité ne doit pas être acquise au prix du chaos.

Dans notre hors-série « Vivre et travailler en 2030 » vous conseillez aux entreprises de  « repenser leur fonctionnement comme un réseau ouvert ». En quoi cela consiste ?  

Quand on regarde l’histoire économique, on s’aperçoit que nos entreprises ont été construites autour d’un système hiérarchique pyramidale qui était parfaitement adapté à un monde en croissance autour de la production de biens matériels et sur lesquels la compétitivité se faisait par la capacité à faire travailler les gens ensemble selon des schémas prédéterminés. Ceux-ci étaient fondés sur une forme de rigueur qui laissait assez peu de liberté d’interprétation aux collaborateurs d’une entreprise. Ce modèle a bien fonctionné car il était approprié à un monde où la technique et l’environnement économique étaient relativement prédictibles. Or, aujourd’hui nous sommes dans un monde beaucoup moins facile à prévoir et où la capacité de travail de chacun des membres doit être stimulée sans instructions préalables.

Que recommandez-vous ?

Nous devons réinventer des modèles managériaux, d’incitation, de rémunération, de responsabilité qui ne ressemblent pas du tout à ce qu’on a connu. L’émergence du nouveau monde a créé un appel d’air considérable pour mieux résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés : la raréfaction des ressources naturelles, le réchauffement climatique, les problèmes d’exclusion…Pour ce faire, il suffit de faire appel à la matière première la plus facilement reproductible, à savoir la matière grise ! Et le fait d’être en réseau va toujours nous permettre de trouver la réponse à notre problème. La capitalisation de la connaissance doit se faire constamment en allant ouvrir l’entreprise vers les ressources du réseau. Je suis partisan de l’économie des réseaux et je pense qu’elle va nous donner beaucoup d’enthousiasme dans une économie et dans un système social en panne de créativité.


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