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[Vivatech 2018] Luc Bretones (Orange) : « Il faut donner un sens à l’Europe de l’innovation »

Cette année, Orange est de nouveau l’un des grands « partners » de Vivatech aux côtés d’autres grands groupes, comme Engie, La Poste, BNPP, Valeo… Objectif affiché : l’innovation qui compte ! Entretien avec Luc Bretones, Executive Vice-Président en charge des équipes d’innovation du Technocentre et de l’Orange Fab.

] Luc Bretones (Orange) : « Il faut donner un sens à l’Europe de l’innovation »

Luc Bretones, Executive Vice-Président en charge des équipes d’innovation du Technocentre et de l’Orange Fab.

Alliancy. Sous quelle forme le groupe Orange sera-t-il présent sur Vivatech cette année ?

Luc Bretones. Tout est anglé autour de l’« Innovation That Matters » [ou l’innovation qui compte, NDLR], soit une innovation technologique au service du développement humain, économique et durable. Côté start-up, nous axerons nos interactions sur l’intelligence artificielle, l’internet des objets, l’éducation et le corporate venture principalement.

Des démonstrations « phares » sont-elles prévues ?

Luc Bretones. On en aura deux principalement. L’une grand public avec le « miroir Djingo », qui montre une nouvelle expérience à la maison, dans une entrée par exemple, avec un miroir interactif à la fois assistant personnel. Il détecte tous les changements de contexte et adapte ses réactions aux personnes qui se regardent grâce à la reconnaissance faciale [il a été développé à Rennes, NDLR]. Cela permet de disposer d’éléments d’agenda par exemple, du e-commerce, de la météo, du trafic… ou d’autres informations plus personnelles.

Toutes les conférences du Lab Orange seront retransmises en streaming sur les médias sociaux (orange.com et @Orange).

Et la seconde innovation, de quoi s’agit-il ?

Luc Bretones. « Thing’in » est une passerelle entre le monde digital et le monde physique. Aujourd’hui, les objets connectés sont limités aux applications dont ils dépendent. Mais, demain, ils seront en relation avec d’autres objets et de multiples utilisateurs, ce sera le web des objets. L’objectif de Thing’in est donc de développer les outils nécessaires à la qualification et à la catégorisation des objets connectés ; de concevoir le moteur de recherche qui crawlera le web des objets et de définir la gestion des droits et le contrôle des accès. Cette plate-forme, ouverte à tous, propose un espace d’intégration technologique et un espace d’expérimentations in vivo aux opérateurs, fabricants, propriétaires d’objets, développeurs de services et technologies… L’idée est d’agréger tout un écosystème d’utilisateurs pouvant générer des usages interopérables BtoC ou BtoB.

A quels objets pensez-vous pour une telle plate-forme ?

Luc Bretones. Ce peut-être des objets de la maison, de la ville, des transports, de l’industrie… TOUS les objets. Cette plate-forme, qui est encore au stade de la R&D chez Orange, pourrait également être internationale et aboutir à un web des objets au sens large.

Stéphane Richard, PDG d’Orange, s’exprimera sur l’entreprenariat en Afrique le 24 mai, un continent largement mis en avant cette année sur Vivatech.

Sur la présence de start-up sur votre Lab maintenant, comment les avez-vous sélectionnées ?

Luc Bretones. Sur notre Lab, trois espaces seront organisés pour rencontrer nos 120 start-up invitées. L’un autour de « l’homme » avec des sujets comme la smart-home et la connectivité ambiante, les objets connectés, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle ou la smart-money ; un autre espace autour de la « société » avec la smart-city, la smart-agri et la transformation numérique des entreprises et de l’industrie, et, enfin, un dernier espace autour de la « planète » avec des start-up qui travaillent à faciliter l’accès à l’éducation, l’insertion des personnes handicapés et âgées, l’économie circulaire, le recyclage intelligent… Ces jeunes pousses, pour la plupart étrangères, ont été repérées via les neuf challenges [Orange a reçu le plus de réponses cette année, NDLR] lancés spécifiquement pour Vivatech, via les 14 accélérateurs Orange Fab dans le monde ou, encore, dans lesquelles notre fonds d’investissement a déjà investies. D’ailleurs, toute la journée du jeudi principalement, nos investisseurs seront là pour rencontrer spécifiquement les porteurs de projet. On participera également à la Grande Cause – Une chance pour chaque jeune -, avec de nombreux autres partenaires.

Pourquoi est-ce important une telle présence pour Orange à Vivatech ?

Luc Bretones. Nous sommes présents un peu sous cette forme au Mobile Word Congress de Barcelone, mais de façon plus orientée « activité de l’opérateur ». Ici, il y a une dimension plus grand public clairement qu’il n’y a pas au MWC, avec une très forte dimension start-up/co-innovation également. Notre présence sur Vivatech est davantage tournée sur l’humain, l’usage et le développement durable.

L’échelle internationale du salon compte-t-elle beaucoup pour vous ?

Le wifi sur Vivatech sera fourni par Orange, avec 120 antennes installées sur le salon.

Luc Bretones. Nous considérons que c’est essentiel pour la France d’avoir un tel événement de portée internationale. Il y aura un grand pavillon allemand sur le salon par exemple. Et au sein de l’association G9+ que je préside, on a missionné cette année deux personnes pour interroger différentes personnalités qui seront présentes pour remonter des recommandations sur ce qu’il faut faire pour développer un espace d’innovation franco-allemand dans le numérique… Il faut que l’on donne un sens à l’Europe de l’innovation ! Et Vivatech est le bon outil pour travailler sur de tels sujets. Mais, il y aura aussi énormément de start-up en provenance de Grande-Bretagne, d’Israël, de nombreux pays africains, du Moyen-Orient… Il faut que Vivatech grossisse en gardant une dimension qualitative forte pour apporter quelque chose qui n’existe pas ailleurs. C’est ce qui fera la différence avec d’autres événements européens existants.

Peut-on dire que l’innovation à la française, c’est bien parti ?

Luc Bretones. Tout reste à faire, car nous sommes encore un pays où le principe de précaution est trop fort. On parle beaucoup et on n’agit pas assez. Il faut libérer nos capacités d’innovation. Concernant les véhicules autonomes sur lesquels il y a eu de récentes annonces, je considèrerai que l’on a réussi si on en croise réellement dans Paris en 2020… On doit libérer nos capacités d’expérimentations à échelle réelle. Si on veut innover, il faut tester ! Après seulement, une fois que l’on a un retour, on règlemente. C’est la seule façon d’y parvenir. Mais, en France, on a tendance à faire l’inverse… On est du coup dépassé par les pays plus pragmatiques que nous.


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