Une stratégie européenne sur les données et l’IA

La Commission européenne vient de présenter sa « nouvelle » stratégie concernant l’utilisation des données et de l’intelligence artificielle. Très attendue, cette stratégie porte une vision data « strictement européenne » et assure une gouvernance respectueuse des droits européens.

RGPD enfin, un petit rappel des textes européens

Une enveloppe de 4 à 6 milliards d’euros à compter de 2022 sera allouée au développement d’une infrastructure cloud pour assurer la souveraineté européenne en matière de données et directement concurrencer les Gafam.

Faire de l’Union européenne une championne de la data et de l’IA. Voilà l’ambition présentée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 19 février dernier. La commissaire avait préparé deux documents : une “nouvelle stratégie” sur les données et un livre blanc sur l’IA d’une trentaine de pages.  

Remettre l’éthique et l’humain au centre du développement de l’IA

Premier point abordé : encadrer “la nouvelle vague de données”, notamment issue de l’industrie, qui va à la fois créer des opportunités et des risques. D’une part, la Commission aborde le fort potentiel de l’IA notamment en matière de médecine ou encore de maintenance prédictive. D’autre part, elle rappelle aussi les risques liés aux biais algorithmiques et à la sécurité des données personnelles. « Nous entrons dans une nouvelle phase, celle de l’avènement massif des données industrielles. La guerre des données industrielles commence maintenant et le principale champ de bataille sera en Europe », avait précédemment déclaré Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur et ancien ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie dans une interview à Reuters. Selon Thierry Breton, l’Europe est la mieux placée pour remporter cette nouvelle étape de la révolution numérique, qui passe par la récolte, la gestion et l’analyse des données de secteurs aussi divers que l’industrie, les transports, l’énergie ou la santé.

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Ursula Von der Leyen a par ailleurs rappelé l’importance de la place de l’éthique et de l’humain. Des valeurs que l’exécutif européen souhaite diffuser pour que ces nouvelles technologies restent au service de tous les Européens. La vice-présidente Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive “pour une Europe adaptée à l’ère du numérique”, a emboîté le pas en présentant trois objectifs : “la technologie au service des personnes”, “une économie plus juste et compétitive” et enfin, une société ouverte, démocratique et durable”. Ces objectifs cumulatifs sont censés donner le cadre pour tout projet d’intelligence artificielle mené dans les 27 pays de l’union. 

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Encourager les projets d’IA entre Etats et entreprises européens

“L’Europe peut combiner ses atouts technologiques et industriels avec une infrastructure numérique de haute qualité […] pour devenir un acteur mondial de premier plan en matière d’innovation dans l’économie fondée sur les données et dans ses applications…” est-il précisé dans le rapport. L’objectif étant alors de soutenir l’investissement dans l’écosystème d’IA européen pour que celui-ci puisse rivaliser avec les autres grands acteurs mondiaux du domaine. C’est pourquoi la Commission a annoncé un budget annuel de 20 milliards d’euros pour les projets d’IA issus d’une coopération entre les Etats et le privé. 

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Ce soutien financier rejoint la démarche de création d’un « marché unique » européen de la donnée. Autrement dit, favoriser la libre circulation des données industrielles entre Etats et entreprises. Les données personnelles et publiques, elles, seront stockées de manière sécurisée et rendues conformes aux règles et valeurs de l’UE. 

Un enjeu de cloud souverain

Une enveloppe de 4 à 6 milliards d’euros à compter de 2022 sera allouée au développement d’une infrastructure cloud pour assurer la souveraineté européenne en matière de données et directement concurrencer les Gafam. Concrètement, cet espace de partage de données va fédérer les clouds nationaux entre eux pour stimuler la croissance et “soutenir la transformation de l’économie européenne”.

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La Commission européenne souhaite donc protéger les données personnelles tout en encourageant l’exploitation des données anonymes de manière encadrée. Un marquage “CE” sera même mis en place pour délivrer des certifications aux algorithmes non biaisés et qui utilisent des données fiables et diversifiées.

 


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