Le dossier médical partagé (DMP), c’est reparti

Agnès Buzin, la ministre de la Santé, a donné cette semaine le coup d’envoi à la généralisation du « Dossier médical partagé » (DMP). Objectif : centraliser les données de 40 millions de personnes d’ici à cinq ans sur tout le territoire.

Le dossier médical partagé (DMP), c'est reparti

La Caisse primaire d’assurance maladie des Côtes-d’Armor a annoncé, ce mardi, que 60 000 DMP ont été créés dans le département breton depuis le début de l’expérimentation en janvier 2017.

Il est des sujets dont on ne se lasse jamais… C’est le cas du « Dossier médical partagé » (DMP), tant les rebondissements en termes d’annonces auront été nombreux ces dernières années.

Cette semaine, le DMP a donc été relancé par Agnès Buzin, ministre de la Santé, pour qui « il doit enfin devenir une évidence pour tous les Français, un peu comme l’est devenue la carte Vitale ».

Ce carnet de santé de « nouvelle génération » vise à favoriser la coordination des soins entre les praticiens de ville, comme à l’hôpital. Et, de fait, il devient de plus en plus important, autant pour soi que pour le corps médical, de disposer de l’historique de son dossier médical en quelques clics… Accessible en ligne, le DMP peut être consulté par le patient, les médecins et pharmaciens de son choix.

Outre les résultats d’examens apportées par les professionnels (synthèses médicales, comptes rendus d’hospitalisation, résultats d’analyses ou d’examens, etc.), il sera automatiquement alimenté par la Caisse primaire d’Assurance maladie à partir de l’historique des soins et des traitements remboursés dans les 24 derniers mois.

Au patient, s’il le souhaite, d’ajouter des renseignements divers, du type groupe sanguin, allergies… sachant qu’il peut s’opposer à ce qu’une information y soit versée ou en masquer une autre, sauf pour son médecin traitant.

Au moins 40 millions de dossiers médicaux partagés (DMP) ouverts d’ici à cinq ans : c’est l’objectif que se sont fixé l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) et l’Assurance maladie

Reste maintenant à convaincre les Français de s’y mettre… Durant la phase d’expérimentation de ces deux dernières années, ils sont déjà 1,8 million à l’avoir adopté. Une vaste campagne lancée le 9 novembre par le Gouvernement et la collaboration de tous les acteurs devraient vite faire croître ce chiffre. Par exemple, les pharmaciens reçoivent depuis cet été une contribution de 1 euro par DMP créé dans leur officine… (ils sont 22 000 en France !).

Les éditeurs attendus

Côté médecins, l’Assurance maladie attend surtout de leur part la mise à jour de leurs logiciels de travail pour les rendre compatibles avec les DMP. Mais, on en est loin !

Ceci est pourtant un point crucial dans le processus car on ne peut imaginer des DMP vides de leurs « volets de synthèse médicale » (document sur l’histoire médicale du patient) sur le long terme…

L’objectif de l’Assurance Maladie est de créer 40 millions de DMP d’ici à 2022. Tous les feux seraient au vert pour y parvenir : selon France Assos Santé, 70 % des Français sont spontanément intéressés par la possibilité de disposer d’un outil de centralisation en ligne de ses données de santé ; et en particulier par le DMP tel qu’il est proposé. Après présentation du DMP et de ses principales fonctionnalités, ce taux atteint même 85 %. A noter enfin que les laboratoires pharmaceutiques, les mutuelles, les banques et les assurances n’ont aucun droit d’accès au DMP et que l’on pourra à terme alimenter son DMP grâce aux objets connectés !

 

Qu’est-ce que le DMP ?

Dossier médical partagé » (DMP).

Gratuit, confidentiel et sécurisé, le Dossier Médical Partagé (ou DMP) est un carnet de santé numérique qui conserve et sécurise vos informations de santé : traitements, résultats d’examens, allergies…

Il permet à chacun de partager ses données personnelles avec les professionnels de santé de son choix. L’appli DMP (nouvelle version attendue fin 2018) permet également de suivre ses données depuis son téléphone portable.

Pour le patient, le DMP n’est pas obligatoire et n’a aucun impact sur les remboursements. A noter également qu’une fois la création de son DMP consentie, le patient ne peut – sauf motif légitime – s’opposer à son alimentation par des informations utiles à la prévention, la continuité et la coordination des soins.

C’est l’Assurance Maladie qui gère la nouvelle mouture du DMP et son déploiement, après l’avoir testée entre décembre 2016 et mai 2018 dans neuf circonscriptions (Bayonne, Tours, Saint-Brieuc, Créteil, Amiens, Strasbourg, Besançon, Clermont‐ Ferrand et Toulouse).


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