GE Digital construit son écosystème… mondial

L’Américain General Electric a ouvert, à Paris, sa première « GE Digital Foundry » européenne, un lieu atypique que le groupe compte utiliser comme « pas de tir » pour catalyser savoir-faire et compétences autour de l’internet industriel de demain.

Les locaux parisiens de GE Digital Foundry © GE Digital / D. R.

Le lieu est situé en plein coeur de Paris, près de la Bourse. Il s’étale sur deux étages, particulièrement léchés et attractifs. Ici, collaborateurs, clients, partenaires ou entrepreneurs de General Electric peuvent venir pour « vivre une expérience unique et radicale », telle la décrit Vincent Champain, directeur général de la GE Digital Foundry Europe. Le ton est donné, confirmé par ce que l’on peut lire sur le mur du principal espace d’accueil, appelé le Plateau :« If you could invent one thing, what would it be? Now, go do it » !

Évangéliser et former sur Predix

Ici, d’ici à 2018, les 250 développeurs, designers industriels et data scientists du groupe (ils sont 75 aujourd’hui) côtoieront les équipes d’une poignée de start-up et PME hébergées gracieusement et soutenues financièrement. Grâce à différents outils à disposition (imprimante 3D, réalité virtuelle, design thinking, data…), « l’idée est de trouver ensemble la clé » aux différentes problématiques posées par les clients, quel que soit leur secteur d’activité. « Face à la complexité des nouveaux défis qui nous attendent, nous ne pouvons plus rester seuls et devons créer un écosystème foisonnant pour y répondre », ajoute-t-il. Paul Hermelin était présent lors de cette visite. Venu signer un accord de partenariat avec le groupe pour accompagner la transformation numérique de leurs clients, le CEO de Capgemini rejoignait ainsi la trentaine de grands acteurs (Accenture, Altran, Microsoft, AWS…) avec qui General Electric a fait de même récemment pour étoffer son offre.

« Nous souhaitons accompagner nos partenaires dans la compréhension et l’utilisation de l’environnement logiciel Predix, afin de co-créer ensemble les applications les plus adaptées à leurs besoins », poursuit Vincent Champain. Predix est la plateforme open source de GE, lancée mi-2016, pour accueillir les données générées par les machines ainsi que les services ou les applications exploitant ces données, à destination de l’internet industriel. « Nous ambitionnons d’en faire la première plateforme dans ce domaine sur laquelle travailleront 20000 développeurs d’ici à la fin 2020. En Europe aujourd’hui, le groupe compte 2500 développeurs sur Predix, dont 40 % externes. Notre objectif est de tripler ce chiffre l’an prochain », détaille Robert Plana, directeur de l’écosystème et de l’innovation chez GE Digital.

À ce titre, cet ancien cadre d’Alstom, embauché en début d’année, a en charge d’initier l’écosystème européen au sein de la fonderie, déjà en lien avec les centres similaires de San Ramon aux États-Unis,
Shanghai en Chine et bientôt Boston, Singapour, Munich et Ryad en Arabie Saoudite. Objectif  : stimuler
l’écosystème local et l’exposer mondialement à leur portefeuille. Ce 20 octobre, GE Digital Foundry clôturait aussi le premier hackathon industriel jamais organisé en Europe. Dans les sous-sols du bâtiment, 40 jeunes étudiants de cinq établissements d’enseignement supérieur (DSTI, UTC, PSL, Epitech, Esiea) planchaient, à partir de vraies données industrielles anonymisées, sur des challenges postés par les divisions Santé, Aéronautique et Energie du groupe. « Tous gardent un an l’accès à notre plateforme et, s’ils veulent se lancer dans la création d’une société, nous leur donnerons des bourses d’entrepreneurship », poursuit Robert Plana. Un renforcement des relations avec les universités est aussi au programme pour multiplier le rythme des hackathons…

Opération start-up

Au-delà, le groupe s’est rapproché des accélérateurs parisiens Numa, Usine IO et Bpifrance Le Hub. Avec le premier, outre d’organiser chaque mois des sessions de formation sur Predix, il a lancé un challenge inédit, ouvert à toutes les start-up en Europe et Israël. Leur défi ? Développer des applications logicielles liées à l’analyse et l’exploitation des données dans l’industrie (www.digital-industry.io). « Fin janvier, nous hébergerons, ici, les cinq lauréats que nous soutiendrons financièrement à hauteur de 20 000 euros. C’est un concours que l’on compte organiser chaque année, et pourquoi pas avec d’autres industriels dès l’an prochain.» Une fois terminées, les applications, dont les start-up conserveront la propriété intellectuelle, seront possiblement intégrées à Predix et accessibles en ligne (le groupe garde 30% des revenus générés). Concernant Usine IO, un accord de partenariat a été signé cet automne, pour y installer Predix, accompagné de séances de coaching et de formation. Quant à Bpifrance Le Hub, il leur permet de repérer les PME industrielles françaises avec qui il serait bon de se rapprocher…

« Notre plus-value est la connaissance que nous avons des données et des machines », explique le dirigeant. GE Digital a été spécialement créé pour développer du business dans ce domaine, à l’image
des suites que nous proposons déjà comme Asset Performance Management (APM) et Brilliant Manufacturing (BM). Que ce soit pour l’industrie, l’agriculture, le transport ou les énergies renouvelables » De 6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015, cette branche vise les 15 milliards pour 2020. Toutefois, il reconnaît encore deux freins à leur développement : la frilosité des entreprises à ouvrir leurs données et à utiliser le cloud. C’est pourquoi le groupe réfléchit, aujourd’hui, à proposer Predix sur des environnements machines ou des cloud privés. « Pour 2017, je me fixe dix applications sur la plateforme », conclut Robert Plana, optimiste.

Cet article est extrait du magazine Alliancy n°16 « Quelle gouvernance pour le numérique » à commander sur le site.

alliancy 16


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