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Schneider Electric entraîne Microsoft dans l’usine

En cette matinée ensoleillée sur Issy-les-Moulineaux, près de Paris, en milieu de semaine dernière, au siège de Microsoft France, Christel Heydemann, présidente de Schneider Electric France, et Vahé Torossian, président de Microsoft France, sont réunis pour annoncer la prolongation de leur partenariat stratégique initié en 2014 au plan mondial. Objectifs : l’accélération dans les technologies disruptives liées à l’industrie et l’optimisation des opérations.

Mikkel Svane, à droite, lors de l’annonce de son entrée à Station F au printemps dernier, en présence de Xavier Niel et Roxane Varza (Station F) ; Nicolas Raspal et Rachel Delacour (les cofondateurs de BIME Analytics). Photo : Station F

Les deux dirigeants de Schneider Electric France et Microsoft France sur le nouveau campus du géant américain à Issy-les-Moulineaux, où vient également d’ouvrir un Centre des Technologies, vitrine de l’offre du groupe.

De fait, l’enjeu est majeur pour le spécialiste mondial de la gestion de l’énergie et des automatismes qui a récemment lancé EcoStruxure, une architecture IoT globale et adaptée à ses quatre grands marchés (bâtiment, infrastructure, IT et industrie). « Ce sont des sujets sur lesquels nous ne pouvons pas travailler seul, a expliqué la dirigeante. Microsoft investit des milliards en R&D… La question était de voir comment travailler avec eux, à commencer par le Cloud et l’accompagnement de la réflexion culturelle autour de tout ce qui touche à l’innovation ». L’implantation de datacenters en France en 2017 pour Microsoft a aussi peut-être aidé…

Aujourd’hui, comme pour 80 % du CAC 40, Office 365 est installé chez les 144 000 salariés du Groupe Schneider Electric dans le monde, de même que l’application de visioconférence et messagerie instantanée Skype Entreprise et du bloc-notes numérique OneNote. Dès cet été, ce sera au tour du réseau social d’entreprise Yammer, de l’outil de planification Planner et de Teams, la nouvelle application de collaboration et de travail en équipe, d’être implantés sur tous les postes également. « C’est un vrai sujet d’efficacité interne, a précisé Christel Heydemann. Sur l’adoption des nouvelles technologies, il est clair que la jeune génération pousse. Dans notre groupe, il n’y a pas de CDO, ce sont des sujets directement portés par Jean-Pascal Tricoire, notre PDG. Mais, en quelque sorte, tous les patrons le sont car le numérique touche tous les métiers. »

Changement de culture

Schneider Electric réalise 45 % de son chiffre d’affaires dans l’IoT, 15% dans les Services & Logiciels

Concernant l’IOT dans les usines, elle a reconnu que de nombreux équipements étaient déjà connectés. « Mais comment va-t-on utiliser les données ? Comment peut-on ajouter des capteurs sans toucher les lignes de production ? On a une partie des réponses, mais Microsoft vient aussi voir nos clients pour apporter ses solutions. Toutes ces nouvelles technologies apporteront encore plus de bénéfices à nos clients. »

Sur le sujet de la cyber-sécurité, cher aux industriels, Christel Heydemann a ajouté que « Si nous prônons l’ouverture de nos systèmes à nos partenaires, nous travaillons avec l’Anssi pour certifier nos produits et des consultants spécifiques à nos métiers. La menace de la connectivité est bien réelle. On va utiliser le cloud, mais en mode hybride. Il n’est pas question de tout stocker dans le cloud. »

Adrien Cayrac - HoloLens

Adrien Cayrac – HoloLens

Dans le bâtiment, l’IoT se développe également à très grande vitesse, face au potentiel d’efficacité énergétique. « 45 % de la consommation mondiale d’énergie vient des bâtiments… et 50 % sont récupérables très vite ». Le groupe a ainsi récemment lancé une offre dédiée à ce sujet (WorkPlace Efficiency), en place par exemple dans le nouveau complexe Les Dunes de la Société Générale. Bénéfices ? Confort des occupants et économies de place et d’énergie. Bientôt, ce sera au tour des 1 700 salariés de Microsoft en France d’utiliser cette nouvelle application.

Le pilotage à distance se fait enfin dans le monde de l’énergie, comme c’est le cas sur la plus grande ferme solaire d’Europe (à Cestas), équipée d’une solution pour la conversion développée conjointement avec Microsoft.

Aujourd’hui, le groupe industriel compte environ 20 applications sur Le cloud Azure, avec une consommation accrue de ces applis de 90 % ces douze derniers mois. Du coup, il s’est restructuré en interne, en créant sa « Digital Services Factory » (ou usine virtuelle), avec Accenture sur les applicatifs dans des domaines aussi variés que la maintenance prédictive, la surveillance des actifs et l’optimisation énergétique.

Les usines intelligentes contribueront pour 500 milliards de dollars à l’économie mondiale au cours des cinq prochaines années (source : « Smart Factories » de Capgemini)

Un deuxième axe de la coopération avec Microsoft s’articule autour de la réalité mixte, à travers des applications que le groupe industriel développe sur HoloLens, les lunettes holographiques autonomes de l’américain (photo). Dans le domaine de la maintenance préventive, le groupe industriel vise particulièrement les actions de formation ou d’anticipation d’intervention pour des agents qui seraient amenés à se déplacer seul ou à l’étranger sur des installations industrielles très complexes (type Oil&Gas).

Coinnovation avec les clients : on s’inscrit dans les démarches

« Nous sommes aujourd’hui dans une phase d’innovation avec nos clients. Dans le monde du process, on a des solutions de simulation et de formation des opérateurs à distance pour la maintenance. Hololens complète notre solution », a précisé la patronne du groupe. Objectifs : sécurité pour les opérateurs ; gain de temps ; confiance face aux machines ; et nouveaux usages sur l’apprentissage et la multi-collaboration à distance (éviter la perte de compétences).

Ce sujet de la maintenance d’une unité de production à distance, vue son coût, est désormais traité par de nombreux industriels (Total, Air Liquide, Bosch, EDF, GRDF, GRTGaz…) chez qui l’on voit se multiplier des solutions plus ou moins pertinentes. « Aujourd’hui, c’est un concept. Nous sommes en train de donner ce casque à des opérateurs chez Schneider Electric et nous faisons des démonstrations à des clients. Mais ce n’est pas encore mutualisé avec nos partenaires ».

Un premier Chatbot en test

Enfin, Schneider Electric et Microsoft s’engagent dans le déploiement d’une initiative dans l’intelligence artificielle, autour des assistants virtuels. Pour l’instant, elle concerne uniquement l’utilisation de la data au service de l’amélioration de la relation client, l’idée étant de rendre plus efficaces les opérateurs des call centers. Ce chatbot intelligent, qui guide les clients sur les sites internet de Schneider Electric, apprend de leurs différentes requêtes afin de mieux les conseiller tout en restituant l’information aux équipes marketing. Ces dernières disposent alors d’éléments tangibles pour continuer à améliorer le service client. Développé et déployé en moins de dix semaines, ce projet est en test depuis deux mois environ dans le groupe.

75 % des dépenses françaises en R&D sont réalisées par l’industrie, soit 25 milliards d’euros investis chaque année (source : lafabriquedelavenir.fr)

Pour conclure, Vahé Torossian, président de Microsoft France, a indiqué que « ce partenariat est emblématique de l’accompagnement que nous souhaitons apporter à nos clients pour accélérer leur transformation numérique. » Par rapport à une question sur le fait que Microsoft travaille également avec la concurrence, il a tenu à préciser : « Nous sommes dans un schéma ouvert, mais respectueux des engagements passés. »

De son côté, Schneider Electric a indiqué que des annonces seraient prochainement faites en matière d’investissements industriels. A quand une usine « étendard » dédiée à l’industrie du futur en France pour le groupe ? Ce devrait être pour bientôt… « Le champ des possibles est encore supérieur à ce que l’on avait pu imaginer », a souri la dirigeante, sans en dévoiler davantage.

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