« L’Usine extraordinaire » pour vivre l’industrie

Si Charles Trenet et son Jardin Extraordinaire faisait rêver nos aïeuls, cette fois, « L’Usine Extraordinaire », qui s’installera du 22 au 25 novembre au Grand Palais à Paris, est là pour faire rêver les jeunes d’aujourd’hui ! Gratuite, l’exposition vise à réconcilier le grand public et l’industrie.

« L’Usine extraordinaire » pour vivre l’industrie

« L’Usine Extraordinaire » s’installera du 22 au 25 novembre au Grand Palais à Paris.

13 000 mètres carrés pour s’exprimer ! Soit la taille d’une « vraie » usine… Mais, cette fois, elle sera « extraordinaire » car il faut que le grand public en rêve.

Ainsi, pour séduire un public jeune, en recherche d’idées ou d’opportunités pour son avenir, les industriels font forts en déplaçant L’USINE au cœur de la capitale. Cela se passera du 22 au 25 novembre au Grand Palais. Le grand public, et surtout les jeunes à la recherche d’une voie professionnelle, pourront alors découvrir ce qui se cache derrière les murs de ces grands bâtiments gris qu’ils voient surtout le long des routes de la France entière. Et, à ce sujet, je peux vous assurer qu’il y a plein de choses extraordinaires à y voir… que j’ai eu la chance de découvrir durant toute ma vie professionnelle et ce dont je ne me lasse jamais.

Ma première visite d’usine je l’ai faite quand j’avais une dizaine d’années… Le site était situé à quelques kilomètres de mon école. C’était l’une des usines du groupe coopératif Even en Bretagne, qui produit encore du beurre et de la poudre de lait à Ploudaniel, dans le Finistère.

C’est d’ailleurs un exemple intéressant à citer car, malgré les tristes déboires qu’a pu subir l’industrie partout en France ces dernières décennies, cette usine investit toujours dans son outil industriel et s’ouvre même à la FoodTech ! En partenariat avec Valorial et le Village by CA Finistère, le groupe Even a récemment lancé un concours de l’innovation (Even’Up) auprès de start-up, afin de rester à la pointe dans ses grands métiers.

Depuis lors, j’ai visité de nombreuses autres usines qui m’ont définitivement marquées, pour ne citer qu’une aciérie dans le Nord ; une maroquinerie en Auvergne ; une chaîne d’automobiles à Valenciennes ou encore celle de l’A380 à Toulouse ; une fabrique de rouge à lèvres dans le Centre ou une usine de parfums…

Je vous raconte cette histoire pour vous confirmer que l’industrie c’est magique, que le secteur bouge et qu’il faut le raconter ! D’où l’intérêt majeur d’une telle exposition pour montrer aux jeunes les métiers et les « Hommes » qui font l’industrie d’aujourd’hui et de demain.

Le défi est de taille tant on se rappelle encore le mal qu’ont pu faire certains très grands patrons de l’industrie, rêvant de faire de leur groupe « une entreprise sans usines », un dogme répété à l’envi par l’emblématique Serge Tchuruk, alors PDG d’Alcatel et ancien patron de Total, avant d’entamer une lourde restructuration interne en 2008 !

Depuis, heureusement, les temps ont changé et la « fabrication » (au sens propre du terme) a retrouvé toute sa place dans les pièces indispensables sur l’échiquier économique de notre pays.

Pour juger de l’évolution, on peut ainsi regarder le baromètre « Les jeunes et l’industrie » publiée chaque année depuis 2013 par Arts et Métiers (avec OpinionWay) où l’on apprend que 65 % des lycéens interrogés s’estiment confiants dans l’avenir de l’industrie en France (+ 10 % en un an). Même si 41 % d’entre eux estiment que l’industrie en France est plutôt en retard, un sentiment qui se maintient depuis la dernière édition. Ils sont pourtant 94 % à croire à une industrie du futur, qu’ils rattachent à l’innovation, à la technologie et au développement des robots.

C’est donc bien cette dernière image que TOUT le secteur veut faire passer auprès des jeunes, comme de leurs parents et professeurs. « Il faut que nous les amenions à changer d’idée sur l’usine, que nous leur donnions envie de se lancer dans l’aventure industrielle », insiste d’entrée Bruno Grandjean, patron de Redex, président de l’Alliance pour l’Industrie du Futur (AIF) et de la Fédération des Industries Mécaniques (FIM).

A voir et à comprendre l’industrie pour tous

« Personne ne doit se sentir exclu de l’industrie, a poursuivi Vincent Baholet, délégué général de Face, Fondation agir pour l’exclusion. Cette exposition, qui doit permettre à tous de (re)découvrir l’industrie, est une première à tous les niveaux… Aller ainsi sur la place publique, c’est une innovation sociale et sociétale. Les jeunes pourront y voir de vraies usines, tel un énorme laminoir. L’idée est bien de faire société avec l’industrie. »

« L’usine est essentielle, rappelle encore Bruno Grandjean. Et nous avons conscience qu’il faut prendre des initiatives et nous impliquer dans le débat public. Une usine, c’est une communauté humaine dans laquelle on retrouve des profils qui vont du chercheur à l’apprenti… L’usine véhicule des valeurs fortes. Elle est aussi une fenêtre ouverte sur le monde. Il se passe des choses particulières dans les usines, qui sont importantes pour la création de richesse dans les territoires. »

Aussi, peut-on s’interroger sur ce qui sera « extraordinaire » lors de l’exposition : « Ce sont les femmes et les hommes de l’industrie, ce sont eux qui feront le succès de cette exposition ! Ce lien qui s’est coupé, nous voulons le retisser au travers de cette exposition. Les jeunes doivent faire le choix de l’industrie, c’est l’enjeu essentiel que nous visons pour réindustrialiser le pays. La révolution numérique est déjà là : les ordinateurs, les commandes numériques, les robots… ont envahi les usines. Nous sommes en plein dedans et elle est incontournable ».

Si 50 000 visiteurs sont attendus durant quatre jours, un quart d’entre eux seront des scolaires, en provenance de toutes les régions de France. « Ce sera l’ambiance d’une usine, pas d’un salon ! », tient-il à rappeler. Les mécènes de l’exposition sont nombreux et toutes les tailles d’entreprises seront représentées.

Une scénographie en 4 univers

Jean Tournoux, commissaire général de l’Usine extraordinaire, a ensuite présenté les quatre univers déployés : inventer, fabriquer, connecter et partager. « Nous voulons parler des hommes et des femmes qui font l’industrie, faire de ce lieu un lieu vivant, de déambulation pour découvrir ce qu’est une usine », a-t-il expliqué.

Les visiteurs pourront ainsi découvrir que « l’usine » a vocation à répondre aux grands défis de notre société, comme avec la mobilité durable vue par Michelin ou la santé de demain avec Sanofi.

Dans l’univers « Fabriquer », il s’agira de vivre l’usine de l’intérieur, montrer l’ingéniosité des process comme le mix électrique d’EdF, la cellule robotisée de Staübli ou la fabrication d’oreillers et d’édredons à la Compagnie Dumas.

L’univers « Connecter » permettra de découvrir l’attractivité de l’industrie en termes d’emploi et de métiers parfois méconnus », avec notamment le vestiaire de l’usine avec EDF, l’incubateur 4.0 avec Bosch ou encore l’écosystème industriel chez Michelin…

Enfin, le quatrième univers, Partager, mêlera discours, présentations et échanges au sein de plusieurs agoras. Edouard Philippe, Premier Ministre, s’y exprimera notamment avec le Conseil National de l’Industrie (CNI).

Lors de la soirée inaugurale, 1 000 chefs d’entreprises seront présents, comme tous ceux qui investissent et tous ceux qui s’investissement dans l’industrie française.

L’Indus’trip, le fabuleux destin de Dimitri Pleplé

Centralien, chargé d’étude à la Fabrique de l’Industrie et auteur de l’Indus’trip (33 usines visitées), ce jeune homme dynamique a découvert l’industrie en visitant une usine de frites quand il était étudiant…

Pour (re)découvrir l’industrie, quelques sources que j’ai beaucoup aimées récemment :

Et encore :

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