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Laurent Manach (pôle EMC2) : « Une phase IV au service de toute l’industrie française »

Lancé en 2005, le pôle de compétitivité EMC2 a récemment dévoilé son projet Spirit 2025, qui vise à en faire le « super pôle industriel de recherche et d’innovation technologique » en France, en collaboration avec de nombreuses autres structures. Entretien avec Laurent Manach, son directeur général, également directeur adjoint de l’IRT Jules Verne.

 Alliancy. Suite à l’appel à candidatures du Ministère de l’Economie et des Finances pour la phase IV des pôles de compétitivité, comment se positionne le pôle EMC2 ?

Laurent Manach, directeur général d’EMC2

Laurent Manach, directeur général d’EMC2

Laurent Manach. Plus que jamais au service de l’industrie du futur, avec le renforcement de l’innovation dans le domaine des technologies avancées de production, ceci en consolidant nos partenariats stratégiques pour une meilleure lisibilité des écosystèmes d’innovation au service des entreprises. Par exemple, nous avons pour objectif de multiplier les services aux entreprises et d’accompagner plus de 100 projets européens d’ici à 2022, dont 2 à 3 par an initiés ou pilotés par le Pôle directement.

Combien de temps de préparation vous a pris cette réflexion ?

Laurent Manach. On y travaille depuis le début de l’année, mais ce qui a pris du temps ce sont les échanges avec l’ensemble des parties prenantes pour les associer toutes. Nous sommes encore en réflexion car, au-delà de la vision stratégique et des budgets année par année d’ici à 2022 désormais achevés, il s’agit maintenant de décliner notre plan d’actions pour 2019, avec les conventions d’affaires, les groupes de travail, les sujets précis à approfondir, la liste des entreprises à visiter…

On parle toujours de l’implication des PME dans les pôles. Quelle est la part de ces entreprises au sein d’EMC2 ?

Laurent Manach. Entre 70 et 80 % de nos membres sont des PME et 60 % de nos projets sont pour des PME ou dans lesquels elles sont impliquées. Avec l’IRT Jules Verne par exemple, nous avons monté le programme Accès PME qui vise à faciliter l’émergence et la co-construction de projets d’innovation collaborative avec ces entreprises dans le domaine du manufacturing. C’est une vraie direction pour nous et pour notre territoire d’embarquer les PME, dont leurs dirigeants ont souvent du mal à trouver du temps à consacrer à ces sujets d’innovation collaborative.

Quels sont d’ailleurs vos projets pour consolider l’écosystème d’innovation ?

Laurent Manach. Notre plan 2019-2022 prévoit un rapprochement avec les outils du PIA (IRT Jules Verne, I-SITE NExT, SATT Ouest Valorisation), comme avec le Pôle breton Images et Réseaux [qui se rapproche aussi du Pôle provençal TES, NDLR] et avec qui nous avons signé une lettre d’intention pour un partenariat stratégique de façon à créer une offre complète « manufacturing & digital » adaptée au plan de transformation des entreprises par le numérique. Une autre initiative est menée avec le Pôle auvergnat Viameca, qui lui-même se rapproche du Pôle Mont-Blanc Industries. Elle prévoit la création d’un « interpôle » des technologies et procédés pour la production (IT2P), à même d’améliorer l’organisation au niveau national dans ce secteur et de favoriser les relations avec les interpôles filières dans des secteurs aussi divers que l’automobile, l’aéronautique, le naval… mais aussi la santé, l’électronique ou l’agroalimentaire.

Quels seront du coup vos domaines d’actions prioritaires ?

Laurent Manach. On souhaite relever les défis des transitions numérique, écologique, sociale et de la compétitivité en technologies avancées de production. Notre feuille de route 2019-2022 définit quatre domaines transverses d’activité stratégique (DAS) que sont la performance industrielle de niveau international avec, comme enjeu une production à coût/qualité/délai maîtrisés ; l’industrie durable qui tient compte des contraintes environnementales (efficacité énergétique notamment) et sociétales ; l’industrie numérique marquée par la transformation digitale ; et surtout, l’humain au cœur des systèmes de production, l’acceptabilité des technologies étant un levier essentiel pour accélérer l’adoption dans l’industrie. Enfin, le Pôle s’attachera à développer le secteur des biens d’équipements industriels comme les machines spéciales et la robotique…

Vous avez cité l’humain au cœur des systèmes de production. En quoi est-ce important ?

Laurent Manach. Même si l’industrie du futur se caractérise aujourd’hui par des technologies de plus en plus nombreuses et évolutives, c’est à présent la capacité des femmes et des hommes à adopter et à mettre en œuvre les nouvelles technologies qui conditionne le développement de la performance des entreprises. C’est dans cette idée que nous avions présenté au printemps avec Altran, l’étude « Panorama des solutions technologiques pour l’Opérateur du Futur » qui, au travers de 18 nouvelles solutions technologiques illustrées de cas d’usage, décline des clés pour franchir le pas vers l’industrie du futur, domaine dans lequel l’humain occupe une place prépondérante. Car, si l’humain est le moteur de la performance, l’accélérateur de la transformation industrielle, il reste encore trop souvent le principal frein au changement et à l’adoption des nouvelles technologies. Ce guide explique comment faciliter l’accès à la connaissance et accélérer les expériences ; exploiter la technologie pour augmenter les capacités physiques, sensorielles et cognitives des opérateurs ; comme favoriser et dynamiser la motivation, l’innovation et l’engagement. L’étude complète est téléchargeable ici : http://www.pole-emc2.fr/

 

Nous avons beaucoup parlé du futur, voyez-vous un point de satisfaction à relever sur le travail déjà accompli ?

Laurent Manach. Dans le cadre cette phase IV, plus d’un tiers des adhérents du pôle (150) nous ont adressé des courriers de soutien. Ce soutien massif légitime notre pôle et les orientations stratégiques qui ont été prises. Il s’agit également d’une reconnaissance de l’importance de l’écosystème d’innovation dans le domaine des technologies avancées de production et de son rôle au service du territoire du Grand Ouest, avec une connexion étroite au tissu industriel local, national et international.

Le Pôle EMC2 en chiffres

En douze ans, EMC2 a accompagné plus de 700 membres, dont 400 adhérents en 2018. Plus de 500 projets labellisés pour un montant de 2,2 milliards d’euros. L’équipe est composée d’environ 18 personnes (ETP).

Objectifs 2019-2022 :

  • Accompagnement de 900 membres
  • 500 adhérents en 2022.
  • 800 projets, dont 100 nouveaux projets européens (soit un ratio de 20 à 35 % de projets européens).
  • Le Pôle EMC2 travaille étroitement avec l’IRT Jules Verne pour valoriser le transfert technologique notamment.
  • Le pôle est notamment soutenu financièrement par les régions Bretagne et Pays de la Loire, et Nantes Métropole.

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