Cosmo Tech simule l’efficacité opérationnelle

La société lyonnaise Cosmo Tech amène l’optimisation sur l’ensemble d’un système et non plus sur une partie de ce système, en tenant compte de toutes les interactions pour gagner en performance opérationnelle. Une solution qu’adoptent de plus en plus de grands industriels. 

Lors du salon Supply Chain Event qui s’est tenu fin 2019 à Paris, Renault a présenté l'utilisation d'un jumeau numérique de son outil de production, mis au point par Cosmo Tech

Lors du salon Supply Chain Event qui s’est tenu fin 2019 à Paris, Renault a présenté l’utilisation d’un jumeau numérique de son outil de production, mis au point par Cosmo Tech

Cosmo Tech est un éditeur de logiciels d’aide à la décision pour de grands industriels de l’énergie, de la distribution, des transports ou de l’aménagement urbain (Renault, RTE, Nexans, EdF, Veolia, Airbus, Alstom, Total, SNCF, Sanofi Pasteur…). La société a été créée en 2010 à Lyon par Michel Morvan, ex-professeur à l’Institut rhônalpin des systèmes complexes et Hugues de Bantel. Son credo pour se distinguer dans le domaine des logiciels d’aide à la décision ? Miser sur le concept « d’IA symbolique » (ou intelligence augmentée). 

Ainsi, l’entreprise propose une plateforme de jumeau numérique qui amène la simulation sur l’ensemble d’une entité ou d’une organisation (données, expertise humaine, flux…), afin d’anticiper au mieux les conséquences de décisions stratégiques, à court, moyen ou long terme sur son efficacité opérationnelle… « Non seulement, dans ces jumeaux numériques, nous tenons compte d’un état à l’instant T, mais aussi de toute la dynamique du système, c’est-à-dire de ce qui se passe à chaque étape, précise Michel Morvan. A partir de là, on peut tout simuler et voir ce qu’il va se passer et pourquoi, en multipliant les hypothèses. On peut aussi chercher à obtenir un résultat donné grâce à des algorithmes d’optimisation qui vont utiliser cette simulation. On peut alors réellement améliorer son efficacité opérationnelle dans de nombreux endroits complexes de l’usine, là où vous ne pouviez pas le faire précédemment ». 

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Un exemple à l’échelle industrielle 

C’est ce que Cosmo Tech a fait chez Renault par exemple en numérisant les flux, les processus métiers, l’infrastructure de production ainsi que les ressources humaines et financières de l’entreprise qui cherchait à optimiser les flux d’approvisionnement sur ses chaînes de production dans plusieurs usines. Le groupe cherchait à produire davantage de moteurs avec les mêmes capacités sur un marché très fluctuant… 

Grâce à une cartographie dynamique (ou jumeau numérique d’entreprise) réalisée par Cosmo Tech, toute la chaîne de production est devenue visible pour tous les intervenants. Ce qui a permis de comprendre les éventuelles failles, de les anticiper comme de les régler… pour mieux répondre à la demande. « En quatre mois, ils ont vu une forte amélioration de leurs performances », précise Michel Morvan, qui a signé l’été dernier un contrat de trois ans plus global avec le constructeur avec qui il travaille aujourd’hui à optimiser la gestion des actifs (notamment l’obsolescence des flottes de robots), tout comme la maintenance de lignes de production dans leur intégralité. Car, au-delà du passé, il est très important d’interroger le « système » sur ses états futurs… 

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Chez RTE, la société a développé un outil d’aide à la décision concernant sa politique d’investissement sur la maintenance et le renouvellement du réseau de distribution électrique (soit environ 1 million d’équipements installés depuis une cinquantaine d’années). « En réalisant le jumeau numérique de l’ensemble du réseau, l’objectif était de leur indiquer les équipements à maintenir ou à renouveler, les besoins humains nécessaires… On a modélisé l’avenir en se servant des données passées, tout en tenant compte de leur capacité financière et des coûts », explique Michel Morvan. Aujourd’hui, le groupe gagne 10 % chaque année sur ses coûts de maintenance. 

Après avoir beaucoup embauché ces dernières années, la société* d’une centaine de personnes aujourd’hui compte cette année stabiliser ses équipes et poursuivre le développement de ses logiciels en mode SaaS. « Nous voulons vendre des réplications de solutions de simulation dont on dispose aujourd’hui pour être réellement un éditeur », précise Michel Morvan. La start-up compte aussi se déployer en Europe et sur la cible des ETI, en s’appuyant sur des partenariats forts avec des consultants, éditeurs de logiciels et intégrateurs stratégiques. 

Selon lui, pour prendre le virage de la transformation numérique dans l’industrie, il faut deux conditions : « La première est de chercher à résoudre un paint point particulier, et d’autre part, obtenir un ROI rapide ». Si ces deux conditions ne sont pas réunies, il y a énormément de freins à l’adoption des nouveaux outils de l’industrie 4.0… 

* Cosmo Tech a levé 18 millions d’euros en 2018 auprès d’Inven Capital, Cemag Invest et C. Entrepreneurs. Les actionnaires historiques, qui avaient investi 3,8 millions au premier tour en 2014 (Aster, Sofimac Innovation, Crédit Agricole Création, Total Energy Ventures et BNP Paribas Développement) ont suivi cette levée de fonds. Une nouvelle levée de fonds est à l’étude, elle pourrait avoir lieu dans les 12-18 mois. 


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