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SmartHome – La maison à notre écoute

Des briques d’intelligence artificielle intègrent un nombre grandissant d’équipements domestiques, laissant présager une nouvelle ère pour le marché de la domotique. Système de chauffage, réfrigérateur, aspirateur… cette technologie s’immisce partout, pilotée de plus en plus à la voix.

SmartHome - La maison à notre écoute

Le réfrigérateur peut déjà commander la liste de courses mais bientôt celui-ci analysera les habitudes de la famille, pour remplir automatiquement le bac à glaçons quand les boissons seront les plus utilisées. D.R.

Cantonnée à un marché de niche, la domotique semble tourner en rond depuis une décennie. Mais,
aujourd’hui, elle serait sur le point de connaître une véritable révolution en intégrant l’intelligence artificielle (IA) dans ses solutions. « Il pourrait s’agir d’un tournant décisif de l’histoire de la domotique. L’IA devrait apporter une plus grande autonomie aux systèmes, en développant notamment leurs capacités d’apprentissage. Or, c’est bien ce que demandent les clients… Que la domotique leur simplifie la vie et leur fasse gagner du temps », explique François-Xavier Jeuland, président de la Fédération française de Domotique (FFD). La domotique sert déjà à programmer l’éclairage de la maison, le chauffage, la climatisation, les volets roulants… Mais il s’agit encore de scénarios relativement simples, de type : « Je sors de la pièce… alors l’éclairage s’éteint. » Ou « le chauffage s’arrête et les volets se baissent. » L’IA dans la maison doit permettre d’aller plus loin en comprenant les habitudes de l’utilisateur et en réduisant ainsi la part de programmation.

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« Pour autant, il est un peu prématuré de parler véritablement d’intelligence artificielle en domotique, même si nous commençons à en voir les prémices, estime Cédric Locqueneux*, community manager chez Domadoo, PME spécialisée dans la distribution d’équipements domotiques. Les nouvelles solutions, présentées comme « intelligentes », proposent surtout des scénarios plus complexes que les anciens systèmes, avec encore beaucoup de programmation, un peu d’apprentissage autonome, mais sans réelle prise de décisions évoluées. En revanche, l’IA fait une entrée remarquée au niveau des interfaces avec une nouvelle génération
de systèmes pilotés à la voix. »

L’assistant personnel Alexa Voice Service (AVS), développé par Amazon, était l’une des stars en janvier dernier du Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas. Cette solution exploite des technologies
d’IA pour fournir une interface homme-machine basée sur de la reconnaissance et de la synthèse vocale. Sa première version, sortie en 2014, a été intégrée à l’enceinte intelligente Amazon Echo. Il suffit ainsi de dire à Echo : « Alexa, lis-moi ma playlist préférée », et l’enceinte en lance la lecture.

Depuis, d’autres usages y ont été ajoutés : indiquer la météo, tenir à jour une liste de courses ou encore
répondre à une question en interrogeant Wikipedia. Echo fait également office de « Hub domotique », c’est-à-dire de système de contrôle centralisé. L’appareil d’Amazon aide déjà à piloter l’éclairage, les appareils multimédia, les alarmes et bientôt l’électroménager…

Dans le sillage d’Echo, les autres grands acteurs de l’IT proposent des solutions comparables, bien que moins avancées, comme Google Home ou Apple Home. La start-up bordelaise Wiidii, développe également un Hub domotique vocal « hybride ». « Notre solution se distingue en faisant côtoyer l’IA et l’humain. L’IA de notre assistant personnel est contrôlée et épaulée par une quinzaine de concierges, qui travaillent dans nos locaux. Lorsque l’IA atteint ses limites, l’humain prend le relais », raconte Clothilde Patin, responsable communication de la start-up. Wiidii est en discussion avec de grands acteurs (GRDF, Darty, Somfy…) pour intégrer sa solution.

En 2017, 130 millions d’équipements « smart home » devraient se vendre dans le monde (+ 60 %). Source : Institut IHS Markit (décembre 2016).

L’IA pour économiser l’énergie

Outre l’assistant virtuel, l’IA en domotique trouve également une application concrète avec les thermostats intelligents. Ces appareils sont capables d’adapter le chauffage ou la climatisation en fonction du comportement des utilisateurs. Ils vont ainsi détecter leur présence dans une pièce ou prendre en
compte l’historique des réglages. Certains intègrent également les prévisions météo dans leur analyse. C’est le principe de la solution américaine Nest Learning (Google), du système espagnol Momit Smart ou encore du thermostat Ween développé par la start-up française éponyme. « Notre système localise en temps réel l’utilisateur grâce à son smartphone, précise Jean-Laurent Schaub, CEO de Ween. Ce qui lui permet d’apprendre ses habitudes à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de la maison. Par exemple, le système peut repérer les plages horaires où l’utilisateur est à son travail et adapter le chauffage en conséquence. »

Le thermostat Ween localise en temps réel son utilisateur grâce à son smartphone, ce qui lui permet d’ajuster le chauffage à son arrivée.Le thermostat Ween localise en temps réel son utilisateur grâce à son smartphone, ce qui lui permet d’ajuster le chauffage à son arrivée.

Le thermostat Ween localise en temps réel son utilisateur grâce à son smartphone, ce qui lui permet d’ajuster le chauffage à son arrivée. D.R.

Ce type de solution offrirait des économies d’énergies allant jusqu’à 40 %. Les appareils électroménagers sont également sur le point de bénéficier des avancées de l’IA en domotique. Il existe déjà des équipements « connectés » comme des réfrigérateurs qui servent à commander une ,liste de courses ou filmant l’intérieur des compartiments pour une consultation sur smartphone. En 2017, ils pourront être pilotés à la voix. LG et Whirlpool ont, par exemple, annoncé l’intégration d’Amazon Alexa dans des dizaines de produits.

De nouvelles capacités d’apprentissage sont également prévues. « En analysant les usages et les habitudes alimentaires, le réfrigérateur LG Deep Learning pourra prédire les activités de la famille. Il remplira, par exemple, automatiquement le bac à glaçons au moment où les boissons fraîches sont les plus utilisées par la famille », précise le fabricant. L’IA doit également améliorer l’orientation des robots aspirateurs. « L’aspirateur intelligent se souvient des obstacles et apprend à les éviter au fil du temps », poursuit l’industriel sud-coréen. Même le lavelinge devrait devenir intelligent ! « Dans les zones où l’eau est très calcaire, l’appareil ajustera la température et la quantité d’eau utilisée pour en contrer les effets sur les vêtements », conclut-on chez LG.

* Également auteur du « Guide de la maison et des objets connectés » (284 pages, édition Eyrolles, 2016) et animateur du blog « maison-et-domotique.com »

>> Cet article fait partie du dossier  » Smart Building / Smart Home : le tout-connecté en sécurité « 

>> Cet article est extrait du magazine Alliancy n°17  » Où en est l’IA dans l’entreprise ?  » à commander sur le site.


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