Le port d’Anvers se dote d’un navire de sondage autonome

Le port d’Anvers lance une expérimentation avec la société brugeoise dotOcean : Echodrone, un bateau autonome fonctionnant via le cloud, a été mis au point pour sonder la profondeur de l’eau et garantir la sécurité du trafic maritime.

Echodrone pourra affectuer des mesures 24h/24 et même en période de trafic dense grâce à son analyse de parcours de navigation des autres navires. ©Port d'Anvers

Echodrone pourra effectuer des mesures 24h/24 et même en période de trafic dense grâce à son analyse de parcours de navigation des autres navires. ©Port d’Anvers

Petite et légère, l’embarcation robotisée Echodrone effectuera des mesures dans le port d’Anvers sur la profondeur de l’eau pour assurer la sécurité du trafic. « Son avantage est de pouvoir se rendre dans les endroits difficiles d’accès », note Wim Defevere, directeur technique senior en charge des accès maritimes auprès des autorités portuaires.

Ce projet a été réalisé dans le cadre d’un partenariat entre les autorités portuaires et la société dotOcean, une entreprise de technologie maritime basée à Bruges. Doté d’une technologie d’intelligence artificielle basée dans le cloud, Echodrone pourra partager les données collectées mais aussi en récupérer. « Les données provenant de tous les types de systèmes présents dans le port sont collectées en ligne, avant d’être compilées de manière sélective et traduites en informations utiles à l’aide d’algorithmes dans le cloud. Echodrone pourra naviguer en parfaite autonomie en utilisant les données vérifiées, contrairement à la génération précédente de navires automatiques qui devaient compter sur leurs propres capteurs embarqués. Ce qui explique pourquoi Echodrone est le premier d’une génération de robots entièrement nouvelle », détaille dans un communiqué Koen Geirnaert, co-fondateur de dotOcean.

Toujours en développement, ce petit bateau entrera en fonction au cours du mois de septembre. « Echodrone fait actuellement l’objet d’essais exhaustifs. Lorsqu’il aura passé tous les tests, il sera basé dans le dock Deurganck, où il sera entièrement opérationnel au niveau des bassins les plus actifs qui opèrent la manutention des conteneurs », explique Wim Defevere. L’infrastructure traite chaque année près de 224 millions de tonnes de cargaisons maritimes internationales.

Echodrone viendra compléter Echo, un navire déjà opérationnel, qui lui, est piloté pour le relevé des mesures. L’une des responsabilités du port d’Anvers est en effet l’inspection et la maintenance des infrastructures maritimes, ce qui inclut les fonds marins des docks. Des mesures de la profondeur de l’eau aux postes d’amarrage et aux points sensibles doivent être régulièrement effectuées pour garantir la sécurité des voies de passage et du mouillage des navires, mais aussi pour planifier les travaux de dragage d’entretien.

Avec cette initiative, le port d’Anvers renforce ses projets pour devenir un port innovant. « Avec Echodrone, nous posons ainsi les bases du « port intelligent » du futur, où les technologies numériques seront utilisées pour fluidifier les opérations à terre et en mer, avec toujours plus de réactivité et d’efficacité », déclare Piet Opstaele, directeur de l’Innovation auprès de l’autorité portuaire d’Anvers, qui envisage par la suite de réaliser d’autres types de mesures « qu’il s’agisse de relevés environnementaux ou de procéder à l’inspection des murs des quais ». Le deuxième plus grand port d’Europe avait déjà annoncé en 2016 un projet de drones et de capteurs sur le quai pour vérifier automatiquement qu’un bateau soit correctement amarré.

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