Je veux tout savoir de la transformation numérique !
Pour lire l’intégralité des articles issus du magazine bimestriel, identifiez-vous. Vous accéderez ainsi aux articles premium, aux exclus web et vous pourrez télécharger l’ensemble de nos ressources en un clic.
Pour recevoir le magazine chez vous, abonnez-vous !
Je m'identifie

Pascal Agin (Nokia) : « La 5G permet des applications que l’on n’imagine même pas »

L’équipementier finlandais Nokia, qui a racheté Alcatel-Lucent en janvier 2016, renforce son campus de Paris-Saclay dans la 5G. Pascal Agin, directeur de la R&D dans ce domaine au niveau mondial, fait le point sur cet environnement technologique « révolutionnaire », selon lui.

Pascal Agin, directeur de la R&D 5G de Nokia (Photo : twitter @FloDoss)

Pascal Agin, directeur de la R&D 5G de Nokia (Photo : twitter @FloDoss)

Alliancy. Quelles sont les activités de Nokia en France dans la 5G ?

Pascal Agin. Le campus Nokia Paris-Saclay héberge le plus grand centre mondial de compétences 5G du groupe, sachant que la France pilote également l’ensemble des programmes de développement 5G de Nokia au niveau mondial. Ceci à travers mon rôle, mais aussi ceux de notre division Mobile Networks et du deuxième laboratoire de recherche avancée au niveau mondial des Bell Labs (pôle R&D de Nokia), également situés à Paris-Saclay, avec leurs plates-formes de développement et de test.

Implanté à Nozay (Essonne), ce site historique d’Alcatel-Lucent regroupe 850 ingénieurs et chercheurs spécifiquement sur la 5G sur un effectif total de 3 700 personnes. Du fait d’un gros plan de recrutement en cours*, nous devrions dépasser les 1 000 personnes, d’ici à la mi-2018, uniquement sur la 5G.

Disposez-vous d’outils spécifiques dans ce domaine ?

Pascal Agin. Nous avons déployé sur l’ensemble de notre site un réseau expérimental 5G [iFun, avec une bande de fréquences millimétriques de 28 GHz] de façon à valider nos produits, mais aussi à permettre à notre écosystème local, universités, entreprises et start-up de venir tester leurs propres applications ou solutions. Par ailleurs, nous avons mis en place un laboratoire de 3 000 mètres carrés, toujours dédié à la 5G, qui comptera à terme une dizaine de lignes de test. Nous l’ouvrirons également à nos partenaires dès l’année prochaine.

En quoi la 5G est-elle une technologie si marquante ?

Pascal Agin. La question n’est pas d’améliorer la 4G à la marge. La 5G est révolutionnaire, car c’est une vraie rupture technologique. Elle permet d’aller vers des applications qui n’existent pas encore, que l’on n’imagine même pas ! Son débit est 100 fois plus rapide que la 4G actuelle, dix fois plus que la 4G+, avec un temps de latence dix fois plus court… C’est-à-dire plus rapide que le temps de réaction du cerveau humain. Ensuite, on vise un coût d’exploitation 1 000 fois plus faible… La 5G, c’est vraiment la technologie pour les objets connectés avec une économie d’énergie considérable, équivalent à dix ans de durée de vie pour une batterie… L’objectif est de pouvoir connecter 1 million d’objets au km²…

« Imaginez les applications qui vont pouvoir être développées avec un temps de réponse inférieur à 1 milliseconde… » Pascal Agin, directeur de la R&D 5G au niveau mondial chez Nokia

En termes d’applications, on cite souvent la voiture autonome, auriez-vous d’autres exemples ?

Pascal Agin. La voiture connectée autonome doit pouvoir détecter des obstacles, des changements très rapidement, en tout cas, plus rapidement que l’homme… C’est l’application en effet la plus fréquemment citée. Mais il y a aussi la télémédecine, pour pouvoir opérer à distance avec un niveau de précision extrêmement fiable. Egalement tout ce qui concerne la réalité augmentée, pour décrire un environnement en 3D de façon très précise ; la sécurité des individus dans la smart city ; la robotique industrielle pour améliorer tout ce qui est travail à la chaîne… Les robots, par exemple, gagneront en mobilité, mais ils seront aussi capables de communiquer entre eux.

Côté Nokia, nous ne travaillons pas directement sur toutes ces applications. Par contre, nous voulons fournir un réseau 5G performant à nos clients et, d’ici là, tester avec eux leurs propres solutions. Le meilleur moyen d’y arriver est de travailler de manière très étroite ensemble.

Sentez-vous une appétence particulière sur ces sujets dans un secteur plus qu’un autre ?

Pascal Agin. Tout le monde s’intéresse à la 5G sur l’ensemble des applications. Il n’y a pas un secteur concerné plus qu’un autre. Certaines applications font plus rêver comme la voiture autonome ou la smart city, mais globalement, tous les domaines avancent sur ce sujet que ce soit en Europe ou dans le monde.

Et sur la vitesse de déploiement de la 5G ?

Pascal Agin. Chez Nokia, on a des dizaines de réseaux expérimentaux en cours ou en projet dans l’année qui vient. Et on vise nos premiers déploiements commerciaux fin 2018 et nos premières ouvertures de réseaux commerciaux fin 2019 aux Etats-Unis et en Chine.

Comment favoriser le développement de la 5G en France ?

Pascal Agin. En montant un maximum de « use case » ! De façon à montrer aux entreprises la différence entre des objets connectés fonctionnant avec la 4G et la 5G, que ce soit dans la voiture connectée ou la robotique industrielle… Par exemple, nous avons des projets pour déployer des services verticaux avec Orange en cours dès cette année et l’année prochaine.

* D’ici à fin 2018, 500 postes R&D sont à pourvoir chez Nokia en France (dont 300 jeunes diplômés), notamment des ingénieurs Développement logiciel et Validation tests systèmes (informatique et télécoms) ; des ingénieurs de recherche et des experts en cyber-sécurité… En parallèle, les 600 emplois voués à disparaître dans le groupe représentent « 30 % des emplois hors R&D », selon les syndicats. Ces emplois devraient être délocalisés en Europe de l’Est essentiellement.


Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *