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Laurent Mezzini (Alstom) : «Notre plateforme Mastria permet d’adapter en temps réel la capacité de transport à la demande »

Dans le cadre de la conférence d’ouverture du salon Autonomy, Alstom est intervenu aux côtés d’Uber, TomTom et Indigo Weel pour parler des enjeux des nouvelles mobilités et rappeler la nécessité pour les acteurs de collaborer entre eux pour répondre au mieux aux attentes des collectivités et des citoyens. Laurent Mezzini, director city flow and energy solutions, est revenu pour nous sur les tendances du moment en matière de mobilité et sur les projets du groupe. Interview.

Laurent Mezzini, director city flow and energy solutions chez Alstom, se fixe pour priorité d'améliorer l'efficacité des transports. ©Alstom

Laurent Mezzini, director city flow and energy solutions chez Alstom, se fixe pour priorité d’améliorer l’efficacité des transports. ©Alstom

En quoi la collaboration avec les acteurs de la mobilité est-elle cruciale pour vous ?

Laurent Mezzini. Les villes ont besoin de fournir une mobilité accessible à tous, de gérer l’utilisation de l’espace public et d’atteindre des objectifs sur la part modale et la décarbonisation. La clé de succès pour une entreprise de la mobilité est ainsi de collaborer avec elles pour leur permettre de remplir ces objectifs et de partager les informations. Car il est nécessaire de mettre le bon mode de transport au bon endroit pour qu’une solution soit rentable. Cela ne serait par exemple pas rentable de construire une ligne de métro dans une zone peu dense. Des villes américaines subventionnent des VTC dans ces espaces, c’est une bonne idée pour fournir aux habitants un moyen de transport à moindre coût. Par ailleurs, nous participons financièrement à un fonds pour être en relation avec des start-up et pouvoir en intégrer dans notre système. Ces dernières conçoivent de nombreuses solutions innovantes et utiles concernant le transport à la demande, nous suivons leurs projets de près.

Quelles sont les tendances que vous relevez actuellement ?

Laurent Mezzini. Il y a aujourd’hui un grand nombre de nouveaux entrants et de nouvelles technologies qui nous permettent de créer des usages améliorant l’efficacité des transports. La tendance est au MaaS, la « mobility as a service », c’est-à-dire que les citoyens veulent moins être propriétaire d’un moyen de transport que de profiter de l’existant. Cette notion liée à l’économie de l’abonnement va de pair avec notre objectif de récolter un maximum de données pour nous améliorer. Cela nous permet aussi de comprendre les nouveaux moyens de transport, comme les navettes autonomes ou les bus électriques. Par ailleurs, de nombreuses villes – en Inde ou aux Etats-Unis – se lancent dans des projets de ville intelligente qui supposent de se préoccuper de la multimodalité et de la mise en place de plateforme de gestion de l’énergie. En matière d’énergie justement, la tendance est à l’électrique – ce qui pose la question de la recharge et de l’impact sur le réseau – et à l’hydrogène, qui a un fort potentiel. Nous avons inauguré en Allemagne notre premier train fonctionnant avec cette énergie. Avant d’en implanter, il faut veiller à ce que l’infrastructure, en termes de production et d’acheminement, soit disponible.

Avez-vous des projets pour y répondre ?

Laurent Mezzini. Nous allons présenter un centre de supervision multimodal dont le but sera d’assurer l’efficacité des transports, mesurer la congestion et adapter en temps réel la capacité de transport à la demande. Dédié aux collectivités ou aux opérateurs multimodaux, ce centre permettra de connecter les informations de l’ensemble des modes de transport sur une même plateforme, nommée Mastria, pour les visualiser et ainsi mieux les coordonner. La plateforme agrège aussi des données sur la météo, la pollution et le trafic routier. Si par exemple on sait qu’il va neiger, les acteurs pourront prévoir les congestions et les reports vers les transports publics. De même, lors de match de football ou d’événements exceptionnels, ils pourront modéliser les flux, leur impact sur le réseau et résoudre les problèmes rapidement et avec coordination. A l’heure actuelle, nous déployons Mastria sur Paris-la Défense et dans les semaines à venir à Lyon Confluences et à Florence.

Autonomy prépare sa 3ème édition

250 acteurs de la mobilité seront présents au salon Autonomy.

250 acteurs de la mobilité seront présents au salon Autonomy.

La 3ème édition du salon Autonomy sur la mobilité urbaine en Europe se tiendra du 18 au 20 octobre prochain à la Grande Halle de la Villette. En amont de l’événement, la société organisatrice a réuni différents acteurs pour échanger sur les enjeux à venir. « Le défi des villes est d’accompagner la révolution en cours dans le secteur de la mobilité car c’est un élément essentiel de compétitivité, de qualité de vie des citoyens et un moyen de réduire la fracture sociale », a rappelé Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la Mairie de Paris.

En ce sens, Alexandre Droulers, general manager of New Mobility chez Uber, a rappelé la nécessité d’échanger avec les collectivités et de travailler avec les autres acteurs : « Il faut dialoguer pour identifier les besoins. La smart mobility, c’est offrir des modes de déplacement adaptés, et parfois ce n’est pas la voiture. C’est pourquoi nous voulons proposer aussi le vélo électrique, la trottinette et les scooters en autopartage. Nous voulons évoluer d’une plateforme de VTC à une plateforme multimodale. »

Pour les acteurs de la mobilité, la demande est bien présente. « Il faut néanmoins trouver quel mode correspond le mieux à tel espace. C’est un investissement à long-terme, il faut tester une solution et la repenser. Le free-floating par exemple stagne car c’est un modèle qu’on a du mal à faire évoluer », souligne Jean Gadrat, directeur général chez Indigo Weel. Pour Autonomy, il est d’autant plus important de réfléchir à la mobilité urbaine du futur que cela répond à la fois à un besoin des collectivités d’avoir une empreinte carbone moindre que d’une volonté des citoyens. « Le véhicule est le troisième espace de vie après le domicile et le bureau », rappelle Aymeric Weyland, directeur adjoint chez Autonomy. Uber, avec son programme Uber Elevate, envisage dès à présent les taxis-volants pour éviter les congestions lors des migrations pendulaires.


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