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Matthieu Bourguignon (Alcatel-Lucent) : « Demain, les infrastructures seront au service des applications métiers »

La Commission européenne vient de donner son feu vert à la fusion annoncée en avril dernier de Nokia et Alcatel-Lucent pour 15,6 milliards d’euros. Matthieu Bourguignon, directeur général des ventes France du groupe franco-américain, revient sur le rôle de ce nouveau géant des télécommunications dans la transformation digitale des entreprises et esquisse l’avenir du réseau.

Matthieu Bourguignon, directeur dénéral des ventes France d’Alcatel-Lucent. © Alcatel-Lucent France

Matthieu Bourguignon, directeur général des ventes France d’Alcatel-Lucent. © Alcatel-Lucent France

Quelle va être la place de ce grand groupe dans le paysage des télécommunications ?

Nokia-Alcatel-Lucent va avoir un poids important dans la construction et la modélisation du réseau de demain. Les grands décideurs d’entreprises, de la direction générale à la DSI, doivent être accompagnés dans la transformation de leurs réseaux. Elles ont besoin de réseaux plus agiles, plus sécurisés et avec plus de capacités. C’est donc une réelle opportunité pour nous. Avec l’arrivée de Michel Combes à la tête d’Alcatel-Lucent (depuis le 1er avril 2013, ndlr) et le plan Shift*, nous nous sommes recentrés sur les métiers de l’optique et les réseaux IP. Et ça a marché : fin 2014, nous sommes devenus n°2 mondial sur l’IP routing et n°1 dans l’optique. Et ces éléments sont les briques de base pour la construction des réseaux de demain.

Quelle sont vos projets concernant le haut débit ?

Ces dernières années, nous avons beaucoup parlé de ce sujet. Les infrastructures qui raccordent le très haut débit ont besoin d’évoluer rapidement. Aujourd’hui, nous constatons une accélération des usages dans l’entreprise comme l’Internet des Objets. De plus, dans une entreprise, il y a en moyenne cinq mises à jour dans le réseau par an. En 2020, ça sera 120 ! Ce qui veut dire que tous les deux jours il y aura des changements. Avant, la problématique tournait autour de la possession d’activité de logiciels, demain on voit que c’est dans le cloud que tout va se passer. Pour accompagner cette transformation, il faut un réseau dynamique, flexible, sécurisé qui puisse intégrer sans distinction les dimensions fixes et mobiles.

Sur quelles autres problématiques travaillez-vous ?

Nous travaillons beaucoup sur la construction d’infrastructures qui supporteront la convergence des réseaux fixe et mobile. Nous suivons aussi les requêtes spécifiques de nos clients. Aujourd’hui, ils souhaitent connecter tous leurs sites entre eux pour faire en sorte que dès qu’il y a un changement sur un site, il n’y ait pas besoin de procéder à de multiples modifications manuellement. Si une entreprise a des télétravailleurs, elle est d’une certaine façon multi-sites, donc ça concerne beaucoup de monde. Demain, avec le SDN (Software Defined Networking) tout sera programmé, les infrastructures seront naturellement au service des applications métiers.

Vos clients ne sont plus les mêmes ou ont-ils des attentes différentes ?

Nous avons décidé de diversifier notre activité et de nous tourner vers les grandes entreprises. Aujourd’hui, nous revendiquons 490 clients entreprises pour 650 clients opérateurs. Il y a une vraie attente du secteur industriel dans la transformation des réseaux. C’est pour cette raison que nous avons organisé cette année des rencontres digitales pour tous nos clients. Nous avons également enrichi notre portefeuille au travers notamment de notre start-up interne, Nuage Networks, créée en 2012. Celle-ci fournit des solutions innovantes de réseaux définis par SDN pour augmenter l’agilité de la structure, rapprocher les data center de différentes filiales d’une entreprise. Depuis un an et demi, nous avons convaincu 20 sociétés.

Collaborez-vous avec des start-up ?

Alcatel-Lucent est très actif dans l’écosystème des start-up. Grâce à notre rapprochement avec Nokia, nous avons prévu d’investir 100 millions d’euros dans un fonds pour start-up. Nous avons aussi signé cette année un partenariat avec le campus d’open innovation Partech Shaker. Dans un monde qui évolue très vite, les start-up apprennent beaucoup des grands groupes et inversement. Nous mettons aussi en place des partenariats ponctuels avec elles. Enfin, nous avons ouvert en 2014 la Cité de l’Innovation à Nozay/Villarceaux (Val d’Oise) un centre d’open innovation qui réunit 5000 personnes et accueille des jeunes sociétés. A l’initiative des salariés un Garage a été ouvert. D’ailleurs, nous y avons organisé fin juin notre premier hackathon sur la sécurité des objets connectés.

 

*Le Plan Shift est un plan industriel, opérationnel et financier qui vise à repositionner Alcatel-Lucent comme spécialiste des réseaux IP et de l’accès très haut débit.


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