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Monica Beltrametti (Xerox) : « La diversité est un facteur important pour la créativité et l’innovation »

Quelle place pour les femmes dans le secteur des nouvelles technologies ? A l’occasion de la Journée internationale de la femme, nous avons posé la question à Monica Beltrametti, la directrice du XRCE, le centre de recherche européen du groupe américain Xerox situé à Grenoble (Isère)*.

Monica Beltrametti, la directrice du XRCE

Monica Beltrametti, la directrice du XRCE

Alliancy, le mag. Dans les hautes technologies, c’est très rare de voir des femmes à des postes de direction. Que faudrait-il faire pour que cela change ?

Monica Beltrametti. C’est exact et, malheureusement, ce n’est pas seulement le cas dans les hautes technologies ! Les choses évoluent, mais cela ne va jamais aussi vite que nous le souhaiterions. Dans notre secteur d’activité, quelques femmes dirigent des entreprises internationales – C’est le cas par exemple chez Xerox, dont le CEO est Ursula Burns- et il y a de plus en plus de femmes cadres supérieurs à des postes techniques. J’ai eu le privilège de passer la majeure partie de ma carrière dans une entreprise high-tech dirigée par des femmes. J’ai donc pu constater à quel point cela est positif pour en attirer davantage.

C’est-à-dire ?

Ces personnalités ont influé et elles continueront d’avoir une forte influence sur les femmes au moment de choisir dans quelle entreprise elles souhaitent travailler. Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance d’un programme de management de la diversité géré avec succès. Ces « modèles » jouent également un rôle décisif pour inciter les femmes à étudier l’informatique ou les technologies – ce qui est une première étape dans l’augmentation du nombre de femmes étudiant dans ces domaines.

La diversité représenterait-elle donc une opportunité pour un avenir durable ?

En tant que scientifique, la diversité est un facteur important pour la créativité et l’innovation, même si la notion d’inclusion reste encore plus importante. La diversité apporte une prise de hauteur, le talent et les idées, mais vous ne pouvez réaliser cela que si vous vous sentez inclus à votre environnement. Je crois que cela vaut non seulement pour la recherche et la science, mais pour l’avenir de la société qui doit s’efforcer de faire de l’assimilation son cheval de bataille, même si cela s’avère particulièrement difficile dans de nombreuses régions du monde.

Vous êtes spécialisée en astrophysique. Même dans le contexte de la formation et de l’éducation, les femmes qui choisissent des domaines techniques et scientifiques sont encore une minorité. Quelles mesures peuvent être prises pour encourager les jeunes femmes à entreprendre des études technico-scientifiques ?

La science et les nouvelles technologies prennent de plus en plus d’importance dans nos vies et notre avenir. Il est crucial de montrer aux jeunes femmes que ces domaines peuvent être divertissants, qu’ils représentent un excellent choix de carrière et le prouver en mettant en avant des modèles de réussite diversifiés. Mais, surtout, nous avons besoin de démontrer clairement l’impact que de la technologie et la science ont sur une communauté, un pays et même sur le monde. Cela est particulièrement important pour les femmes, et les conduira peut-être à se tourner vers une carrière scientifique.

En matière d’innovation, peut-on parler de points forts -ou faibles- des femmes ?

Malgré des diplômes et une expérience solides, la plupart des femmes que je rencontre manque encore de confiance en elles comparé à leurs homologues masculins. Etant moi-même sensible à ce type de comportement, je fais de mon mieux pour que cela n’influe pas sur ma perception de leurs capacités professionnelles. Malgré tout, cela dessert. Car c’est un fait : nous aimons recruter des personnes dont les profils sont en quelque sort « notre » reflet. Alors que le monde universitaire et scientifique a été principalement développé et façonné par les hommes, les femmes se sentent évaluées par un système qui ne reflète pas nécessairement leurs aptitudes et, encore moins leurs valeurs. Cela doit changer.

Les points forts des femmes tels que la communication, leur capacité d’adaptabilité et la conduite des équipes dans un esprit de collaboration pour atteindre des objectifs communs sont autant d’éléments qui devraient être mis en avant concernant les compétences requises dans l’innovation.

« WE » est un réseau international de femmes visant à proposer un nouveau rapport entre la nourriture et la culture afin de « nourrir » le corps, l’intelligence et la liberté. Les femmes doivent-elles jouer la carte du networking ?

Il est essentiel pour les femmes de faire du networking, tant pour leur épanouissement personnel que professionnel, les deux pouvant être étroitement liés. Certaines des meilleures opportunités qui se sont présentées à moi ont eu lieu dans des endroits que je considère comme improbables.

Par ailleurs, le lieu de travail du futur regroupera des salariés et des entrepreneurs de plus en plus spécialisés et organisés en réseaux professionnels. Les collaborateurs se regrouperont autour de projets communs et non plus autour d’un même espace, comme peut l’être le bureau actuel. Pour la plupart d’entre nous, le réseau sera au cœur de notre vie professionnelle.

Y-a-t-il une femme en particulier qui a inspiré vos choix de carrière ?

Pas par une en particulier, mais par toutes celles qui réussissent à allier vie professionnelle et vie familiale. Cela m’a guidé, notamment pour atteindre – tant que possible -, le bon équilibre entre les deux.

* Le centre de recherche de Grenoble emploie 120 personnes. 


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