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Le Tunnel du Mont-Blanc sous haute surveillance

Depuis fin novembre dernier, au Tunnel du Mont-Blanc, un nouveau système informatique gère les milliers d’équipements de sécurité installés le long de ses 11,6 kilomètres reliant la France et l’Italie, sous le contrôle continu de trois opérateurs.

Entrée du Tunnel du Mont-Blanc (Haute-Savoie)

Entrée du Tunnel du Mont-Blanc (Haute-Savoie)

L’an dernier, près de 2 millions de véhicules ont emprunté le Tunnel du Mont-Blanc en Haute-Savoie, reliant la France et l’Italie, dont 1,3 million de voitures et motos (record absolu depuis 1965 !) ; 575 000 camions et 14 700 autobus. Un trafic en hausse de 1,57 % qui impose de nombreux investissements.

« Au total, nous aurons investi sur l’année qui vient de s’écouler 44 millions d’euros au bénéfice direct et indirect de l’emploi et de l’économie locale, un montant qui sera reconduit en 2017* », précisait, lors de la cérémonie annuelle de rentrée, François Drouin, le président d’Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc (ATMB), l’une des deux sociétés concessionnaires du Tunnel (avec l’italienne SITMB). Sur cette somme et parmi les projets structurants, le nouveau système informatique centralisé de pilotage des 11 000 équipements de sécurité qui est entré en service fin 2016, après trois années de développement et une année de test (1 million de contrôles ont été faits sur un an).

La sécurité, une priorité absolue

Mis au point par la société italienne Giordano, ce système, qui permet un gain de temps pour intervenir sur n’importe quel incident dans le Tunnel du Mont-Blanc, aura nécessité un investissement de 4 millions d’euros sur quatre ans. Appelé Logos (pour localiser, organiser et gérer les opérations de sécurité), l’outil analyse en temps réel 36 000 données qui remontent des 157 caméras et 4 000 capteurs (température, opacité…), « ce qui permet de détecter toute situation anormale », précise Cédric Petitcolin, ce diplômé de l’école des Mines de Saint-Etienne, chef du projet au Groupement européen d’intérêt économique (GEIE) du Tunnel du Mont-Blanc.

Ici, tout le monde se souvient encore de l’accident meurtrier du 24 mars 1999 au cours duquel 39 personnes avaient péri dans le tunnel à la suite de l’incendie d’un camion. Après cette catastrophe et depuis 2004, une réglementation européenne des tunnels a été adoptée.

GUIDE RSSI DE DEMAINDésormais, grâce à Logos, le Tunnel du Mont-Blanc est plus que jamais une référence mondiale en termes de sécurité : « Nous avons des visites du monde entier », indique-t-il. Les trois opérateurs présents, 24 heures sur 24, dans la salle de contrôle peuvent déclencher rapidement des réponses adaptées en fonction du niveau d’incident, jusqu’à fermer le tunnel ou alerter les équipes de secours et les autorités.

« Par exemple, si un véhicule s’arrête dans l’ouvrage, l’opérateur sera immédiatement alerté par le système. Et, en quelques clics, il pourra abaisser les barrières, mettre en place la signalisation adaptée, déclencher la ventilation et prévenir les secours », illustre l’ingénieur, aidé par trois administrateurs système. Pour autant, l’opérateur reste maître de la décision, car si plusieurs scenarii de réponses ont été préprogrammés, ils ne peuvent couvrir toutes les éventualités.

Surtout, Logos permet de stocker 36 fois plus de données que le précédent système dans les deux datacenters situés de chaque côté de la frontière franco-italienne (les données sur cinq ans y sont stockées), mettant à disposition des équipes un matériau riche de retours sur expérience, d’entraînement et de formation. « Même s’ils ont eu 40 heures de formation avant novembre dernier sur Logos, ces données permettent aux opérateurs d’aller sur simulateur et de s’exercer pour renforcer leur maîtrise de l’outil », détaille-t-il.

Raccordé à la GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur) du tunnel, Logos permet également aux équipes de maintenance le suivi à distance de tous les équipements pour un premier diagnostic. « Le système précédent ne le faisait pas. C’est un vrai plus pour les équipes », indique Cédric Petitcolin. Car, évidemment, le système est évolutif, notamment sur le nombre d’équipements futurs raccordés. « Nous essayons aussi de faire coller au mieux cette supervision aux besoins de l’opérateur en termes d’ergonomie des interfaces », conclut-il.

* avec notamment l’installation de bornes de recharge électrique au Tunnel du Mont-Blanc… et, côté entreprise, le lancement, en interne, d’un « Challenge innovation » où chacun des 260 collaborateurs du tunnel est invité à proposer une idée innovante répondant aux critères suivants : être au service de la sécurité, du client ou de la préservation de l’environnement. La remise des prix aura lieu avant l’été 2017.

 Guide du RSSI de demain, la rédaction d’Alliancy, le mag a mené l’enquête !

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