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CallDoor vous force à déconnecter

L’année 2017 devrait être celle du décollage pour Calldoor, l’application « déconnexion » lancée par 2ED, SAS basque qui, après avoir levé 200 000 euros fin 2016, prépare une nouvelle levée de fonds ce 1er trimestre 2017.

Photo Edouard MONGRAND

Edouard Mongrand, cofondateur de ED2

Le sujet est (hélas) devenu d’actualité. Au total, si l’on prend en compte les symptômes d’épuisement professionnel, dont le burnout ne constituent « que » la phase ultime, près de 4 millions d’actifs sont « à haut risque ». Aussi, au printemps dernier, à l’occasion des rencontres parlementaires pour la santé au travail, la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps)* présentait son premier guide pratique pour prévenir le burnout. Une publication dans laquelle un certain nombre d’actions sont préconisées pour éviter l’apparition de ce risque spécifique, mais de plus en plus répandu dans les entreprises.

Au-delà du respect de la charge de travail confiée aux salariés, la Firps évoquait évidemment le « droit à la déconnexion », qu’elle préconisait à l’époque. Depuis, c’est chose faite ! Ce droit, entré en vigueur le 1er janvier dernier dans le cadre de la loi Travail, vise à assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

L’entreprise doit être « proactive »

Mais cela est toujours plus facile à dire qu’à faire… et c’est encore mieux si c’est l’entreprise qui vous le conseille. « Il faut forcer les salariés à déconnecter et que les choses soient clarifiées pour le bien-être de tous. On voit trop de dérives du fait de la rapidité à laquelle les changements générés par les nouvelles technologies se sont imposés et les gens en souffrent », estime Edouard Mongrand, l’un des deux cofondateurs de la société créée en novembre 2015 sur la technopole Izarbel à Bidart, en plein cœur du Pays basque. « Je voulais créer mon entreprise ici, et demain, générer des emplois localement si possible », explique ce Bayonnais d’origine. Depuis, tout est allé très vite : la CCI de Bayonne Pays basque les soutient, comme Bpifrance et la région Nouvelle-Aquitaine. ED2 a même obtenu le label French Tech début 2016, quelques mois seulement après sa création.

C’est donc à cet impératif de déconnexion que répond l’application CallDoor à télécharger sur son smartphone professionnel uniquement, en accord avec les partenaires sociaux. La version « poussée » a été lancée en mars 2016 et la plus « light » à l’automne dernier. « Notre outil permet à l’entreprise de faire respecter la charte sur la déconnexion mise en place », explique le dirigeant de 35 ans.

Il faut déculpabiliser le salarié

La version légère de CallDoor est une offre de « notification » pour le salarié, gérée par l’entreprise selon les différents profils et plages horaires des individus. Outre le rappel de la charte de déconnexion, la DRH peut pousser différents messages, plus personnalisés, en fonction des situations (événement particulier ou météo par exemple…).

Calldoor_portable

L’application CallDoor à télécharger sur son smartphone professionnel

L’autre version peut aller jusqu’à bloquer certaines fonctionnalités (appels entrants, SMS, messagerie…), toujours selon les profils et les plages horaires choisis. « Nous aidons si besoin l’entreprise dans la mise en place de la charte, mais nous avons voulu surtout une application simple, très facile d’usage pour tous et sécurisée, précise le dirigeant. La notion de sécurité pour l’utilisateur est très importante. Nous ne faisons aucune intrusion dans ses données, ni de géolocalisation. »

En juin dernier, la société a levé 200 000 euros en pré-amorçage, mais elle cherche aujourd’hui à doubler la mise d’ici la fin du 1er trimestre 2017. « Aujourd’hui, nous sommes en phase de test chez plusieurs clients, dont des groupes du CAC40 et de grosses PME », précise Edouard Mongrand, pour qui cette solution répond parfaitement aux besoins de sociétés de plus de 200 salariés : « Ce sont elles qui ont pris conscience du sujet. » L’hyper-connexion, qui génère de nombreux risques socio-professionnels (stress, somnolence, épuisement…) a clairement un impact non négligeable pour le salarié comme l’entreprise. CallDoor, qui coûte entre 6 et 42 euros par an et par ligne téléphonique (abonnement au service dégressif selon le nombre d’utilisateurs), fonctionne sur tous les téléphones et chez tous les opérateurs comme avec les différents systèmes d’exploitation.

* Guide pratique de la FIRPS : « Prévenir le burnout ». Voir aussi un autre guide publié par la Direction générale du travail (DGT), l’INRS et l’Anact pour aider l’ensemble des acteurs de la prévention à agir en prévention sur le syndrome d’épuisement professionnel.

A lire également sur Alliancy :

1/ Apprenons à déconnecter

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