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Fabrice Marsella (Village by CA) : « L’innovation se diffuse plus largement au sein des groupes »

Le Village by CA travaille à valoriser la collaboration entre start-up et grands groupes depuis plus de quatre ans. L’occasion, en cette période de rentrée, de faire un point sur ces relations complexes en continuelle évolution et auxquelles sont confrontés quotidiennement Fabrice Marsella, le maire du Village by CA parisien et son équipe.

Alliancy. Comment voyez-vous aujourd’hui la relation start-up/grands groupes ? Aurait-on atteint une nouvelle forme de maturité ?

Fabrice Marsella, maire du Village by CA parisien.

Fabrice Marsella, maire du Village by CA parisien.

Fabrice Marsella. Depuis deux ans, nous mesurons justement la qualité de ces relations. Et, en quatre ans ici, au sein du Village by CA parisien, les rapports ont beaucoup évolué. Au départ, il y a eu beaucoup d’acculturation pour comprendre ce qu’est une start-up et leurs méthodes agiles, puis nous sommes passés à la phase du POC [proof of concept], qui n’est pas une fin en soi d’ailleurs, mais bien une étape pour tester la start-up… Ensuite, et en parallèle, nous avons vu le montage de nombreux fonds corporate pour financer ces jeunes pousses, puis la volonté de tous ces grands groupes de « ressembler » à une start-up… Cela montre bien que les directeurs de l’innovation ont fait le job. Pour autant, cela ne suffit pas encore, notamment vis-à-vis des collaborateurs, qui veulent aussi devenir des acteurs de l’innovation, mais en interne cette fois.

Actuellement, et depuis quelques mois, de nombreux programmes d’intrapreneuriat se mettent en place au sein des grands groupes, que nous accompagnons parfois. Leur objectif ? Répondre aux envies des collaborateurs d’innover ou de booster différemment leur carrière, tout dépend de qui pousse le projet en interne, la direction Innovation ou RH, qui cherche à valoriser la marque employeur.

Vous indiquez avoir de plus en plus de demandes pour accompagner les groupes dans leur programme d’intrapreneuriat. En quoi cela consiste-t-il ?

Fabrice Marsella. L’acculturation pour de nombreux groupes est derrière eux et ceux qui sont les plus mâtures sur le sujet accélèrent aujourd’hui leurs projets internes. Notamment autour de l’intrapreneuriat qui n’a pas seulement pour objectif de créer de nouveaux business, mais également de travailler différemment. On sort une équipe par exemple de l’entreprise, tout en la gardant rattachée à une BU, mais en lui donnant l’autonomie, l’agilité et une responsabilité au porteur de projet pour avancer comme une start-up. Ce sont d’ailleurs souvent les directions métiers qui portent ce mouvement plutôt que les directions de l’innovation qui sont désormais là pour impulser et coordonner une dynamique.

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Cela veut-il dire que la finalité d’une direction de l’Innovation a évolué ?

Fabrice Marsella. En effet, c’est en fini aujourd’hui des « machines à POC » pour une direction de l’innovation. A elle de défricher le terrain, de faire de la veille éclairée de start-up au service des métiers et de faciliter cette relation start-up/métiers. Il y a plus d’exigences aujourd’hui vis-à-vis des attentes. Il faut qu’un projet avec une start-up soit porté et financé par une direction métiers et qu’il réponde à un de leurs besoins ou enjeux. Là où l’innovation était portée par une seule entité auparavant, on voit aujourd’hui une diffusion de l’innovation en de nombreux endroits au sein d’un grand groupe.

Le profil des entreprises avec lesquelles vous travaillez évolue-t-il ?

Fabrice Marsella. Absolument. Il y a de plus en plus d’ETI et plus seulement des grands groupes. La taille de l’entreprise joue donc, mais aussi les secteurs représentés. On voit un élargissement en termes de secteurs d’activité, notamment autour du luxe qui veut évoluer dans la relation client et la distribution ; et la legaltech.

Les Village Awards, remis en juin prochain, récompensent les plus coopérations start-up/grands groupes, le passage du POC à l’industrialisation. Cette année, seront sourcées les candidatures sur toute la France !

Combien de groupes accompagnez-vous aujourd’hui au Village by CA parisien ? Et qu’en est-il de leur maturité ?

Fabrice Marsella. Une trentaine environ, de maturité différente, mais plus besoin de convaincre sur le besoin de changer. Pour autant, tous savent davantage ce qu’ils veulent. L’intrapreneuriat est un de leurs grands sujets, sous différentes formes. Si tous ne le font pas, ils l’ont clairement en tête. Tout dépend de la finalité recherchée et de qui porte le projet. L’important est de bien intégrer que c’est une démarche à porter dans la durée.

Le Village by CA parisien au CES de Las Vegas

Pour la 4ème fois, le Village by CA parisien est présent jusqu’à demain soir à Las Vegas avec 35 start-up. « C’est important d’y être, estime Fabrice Marsella. Notamment pour qu’elles se fassent connaître auprès d’une cible internationale, au sein de l’Eureka Park. Côté grands groupes et ETI [de plus en plus nombreuses, NDLR], les collaborateurs que nous emmenons viennent des métiers, des directions générales/régionales… Ce ne sont pas seulement des acteurs de l’innovation qui, au final, n’ont plus besoin d’être accompagnés. Désormais, il faut acculturer tout le monde dans l’entreprise, c’est un véritable changement. »

 

Milan, une première ouverture d’un Village by CA à l’étranger

Milan est, depuis le 5 décembre dernier, la 1ère implantation étrangère d’un Village by CA à l’identique de ce qui se fait en France, spécialisé dans la Fashiontech et la Fintech. « Jusqu’ici, nous n’avions que des antennes pour nos entrepreneurs à l’international comme à Londres, New York, Moscou, Shanghai, Séoul, Tokyo, Singapour… Aujourd’hui, nous envisageons de multiplier les échanges entre pays et start-up », précise Fabrice Marsella.

 

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