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[Vivatech 2019] Dossier co-innovation : The New Age
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Le moral des startuppeurs en France au mieux

BNP Paribas publie, en vue de VivaTech, son « Baromètre du moral des startuppeurs en France », en partenariat avec Opinion Way. Tout va bien !

BNP Paribas accompagne les start-up depuis sept ans, notamment au sein de son accélérateur WAI Paris où se déroulait l’événement d’hier. Au total, la banque en a suivi environ 3 000 ! Des profils atypiques d’entrepreneurs qu’elle a souhaité mieux comprendre, en partenariat avec Opinion Way. Myriam Beque, directrice Innovation et Développement de la banque de détail française de BNP Paribas, s’explique : « Ces jeunes dirigeants dégagent quelque chose de spécifique. Notamment une formidable énergie qu’ils communiquent à nos équipes, mais aussi l’expression de certaines difficultés à innover tout au long des différentes phases qu’ils traversent… D’où cette étude pour nous apporter un premier éclairage sur cette population ».

Profil start up interrogées baromètre bnp

Baromètre BNP Paribas du moral des startuppeurs en France par Opinionway et BNP Paribas. Voir l’Etude complète.

L’approche pour cette étude s’est donc basée sur deux volets complémentaires, avec d’un côté une phase d’immersion sur les réseaux sociaux et, de l’autre, la phase d’incarnation quantitative, avec une cible d’environ 200 dirigeants de start-up pour « valider la réalité ! »*

Alors, pour quelles raisons se sont-ils lancés ? Deux grands types de raisons émergent : d’abord la volonté de créer pour être autonome ; et d’offrir un nouveau service qui a du sens. « Tous ont eu aussi eu envie de quitter ces grands groupes dans lesquels ils ne pouvaient pas évoluer… face à trop de freins ! « Beaucoup de start-up que l’on accompagne ont de fait ce souci de l’environnement, constate Myriam Beque, avec de gros enjeux sociétaux. Plus d’un tiers correspondent à ces objectifs spécifiques. »

Un deuxième volet de l’étude a porté sur leur état d’esprit. « On observe des différences entre les jeunes entrepreneurs et les dirigeants d’autres entreprises. Ils sont plus optimistes que l’ensemble des dirigeants français. Ainsi, plus de 90 % d’entre eux sont confiants pour leur société dans les prochains mois (49 % pour les autres). L’audace est d’ailleurs « l’une des caractéristiques qui ressort dans les plus citées parmi les dirigeants startuppeurs, en plus de la confiance. « Clairement, on est optimiste ! », témoigne Aude Camus, la cofondatrice de NU !, une solution « Tech for Good » qui permet de mieux manger au bureau… grâce à son offre de frigo connecté (une levée de 800 000 euros est en cours). Impossible de monter une boîte si on n’est pas dans cet état d’esprit. »

Par ailleurs, avec Pierre Maury, cofondateur de Merito (plateforme Saas RH pour le retail de mutualisation du personnel entre les magasins d’une même enseigne qui vient de lever 1 M€), tous deux reconnaissent le bienfait des accélérateurs : « Ils permettent de croiser des personnes qui partagent cette même énergie, les mêmes problèmes. Il faut rester optimiste pour avancer ». Car, au final, reconnaissent-ils, diriger une start-up est une mission fatigante et difficile, mais épanouissante. La sémantique utilisée par les entrepreneurs le traduit : « Belle aventure ; l’équipe est une famille ; Nous avons une team extraordinaire »…

Ainsi, autre constat, trois entrepreneurs sur 4 jugent que les conditions actuelles sont favorables au développement de leur activité… Même si le financement reste un point difficile. « Nous avons conscience d’être dans un écosystème très favorable aujourd’hui, explique Pierre Maury. Il y a des accélérateurs partout ! Tout est à portée de main. Beaucoup de structures sont là pour nous aider. C’est nous qui construisons l’écosystème dans lequel nous évoluons. On est constamment à bouger pour être dans le bon endroit où c’est favorable. Il faut savoir pivoter continuellement. Les profils en France sont aussi incroyables, notamment au niveau tech. Pour autant, si les profils sont bons, il faut pouvoir les garder. Aujourd’hui, ce sont les talents qui nous choisissent ! C’est la grande différence. »

Leurs attentes restent ainsi très claires pour demain, même s’ils relèvent trois grandes difficultés : le financement (1 sur  deux l’évoque ; les RH et le manque de talents, et l’aspect commercial. « La levée de fonds n’est pas une fin en soi, estime Aude Camus. Mais on cherche plus ou moins tout le temps de l’argent. Car il nous en faut, notamment pour développer notre offre. » L’amorçage est très difficile en France, poursuit de son côté Pierre Maury. « Ouf, il y a eu Bpifrance ».

Reste qu’ils estiment également difficile de faire connaitre son entreprise et de se développer à l’international. A ce stade, les attendes envers les grands groupes sont fortes. Il est ainsi très important qu’ils collaborent avec les start-up, comme les banques également qui restent très frileuses… Même si les choses évoluent dans le bon sens : « Les grands groupes ne se rendent pas compte qu’on est une entreprise qui avons besoin de faire du chiffre d’affaires, illustrent les deux jeunes dirigeants… On n’est pas que leur R&D externalisée… Le rapport de force reste inégal, mais les grands groupes commencent à le comprendre. Les départements « innovation » changent et l’on peut directement aujourd’hui parler avec les métiers, le Comex… ».

De fait, les start-up doivent apprendre à se positionner intelligemment vis-à-vis d’un grand groupe. Faut-il faire un POC ? Dans quel but ? Pour quel ROI ? Reste à trouver le bon sponsor dans chaque groupe pour faire bouger les choses… Tout le monde doit encore être éduqué à ce sujet.

Pour la mise en perspective des résultats de cette étude, OpinionWay les a comparés avec une autre étude Bpifrance sur le moral des dirigeants français réalisée en 2019. Résultat : les startuppeurs affichent un moral bien supérieur à leurs aînés, mais également une volonté d’embaucher beaucoup plus forte (73 % contre 9 % pour les autres entreprises)… Ainsi, concernant les perspectives dans l’année à venir, 92 % se disent très confiants ou assez confiants dans l’avenir de leur entreprise, contre 78 % des dirigeants, et 60 % se disent confiants dans l’économie française (33 % des dirigeants).

A la question sur la frilosité des banques, BNP Paribas s’en défend : « Nous estimons avoir fait une partie du chemin, conclut Myriam Beque. Le monde des start-up évolue vite également et nous remet en cause profondément. Cette frilosité existe certes, mais le taux de recommandation des start-up est très important et très suivi chez nous. Nos confrères aussi créent des équipes spécialisées… Si nous n’avons pas des banquiers aguerris à ces problématiques, on ne fait pas le job. Peut-être qu’un jour, il faudra des experts spécialisés par secteur, c’est un point que l’on étudie. Nous sommes présents dans 30 fonds d’amorçage, et également partout où il y a besoin de financement, comme nous faisons aussi de nombreuses interventions auprès des jeunes créateurs d’entreprises pour qu’ils apprennent à mieux gérer leurs relations avec le monde bancaire. Mais on doit encore progresser des deux côtés pour se rejoindre mutuellement. »

*Etude réalisée auprès d’un échantillon de 200 dirigeants de start-up de 1 à 100 salariés, créées il y a au moins deux ans, et qui ont réalisé une levée de fonds de 250 000 euros ou plus. Un redressement a été appliqué sur les critères de région (Ile-de-France/Régions) et de secteur d’activité.

 


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