Wero veut séduire davantage de grands comptes

La start-up Wero, gagnante du Trophée Start-Up Numérique 2018 catégorie « Impact positif » place des candidats, au statut de « réfugiés », dans les grands groupes. Notamment les personnes qu’accompagne Wintegreat, l’autre entité créée par Théo Scluba. Une façon notamment de répondre à la pénurie de main-d’œuvre et au besoin de diversifier leurs recrutements auxquels font face de plus en plus d’entreprises.

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La start-up #Wero, gagnante de la catégorie Impact Positif du Trophée Start-Up Numérique 2018, lors de la remise des trophées le 28 novembre 2018

La start-up Wero, gagnante de la catégorie Impact Positif du Trophée Start-Up Numérique 2018, lors de la remise des trophées le 28 novembre 2018.

Fini le gâchis de compétences pour les réfugiés dans leur pays d’accueil ! C’est à ce potentiel professionnel gâché/sous-valorisé [Ils sont 47 000 par an en France, NDLR] que se sont attaquées la start-up Wero et l’association Wintegreat, deux entités créées par Théo Scubla, diplômé de l’ESCP.

Tout a débuté avec Wintegreat en 2015… Avec la création de programmes tremplins de 12 semaines, proposés gratuitement et organisés par l’association dans les écoles et les universités membres de son réseau.

Objectifs : accueillir et accompagner les réfugiés (de tous âges) dans leur projet professionnel et leur apprentissage du français*, via de nombreux organismes partenaires, avant de les intégrer au marché du travail. C’est à ce moment-là alors qu’intervient Wero, start-up sociale dont le rôle est de placer ces candidats potentiels dans des postes équivalents à ceux qu’ils occupaient dans leur pays d’origine… 

Pour y parvenir, Wero dispose d’une base de données intégrant les profils détaillés de chaque réfugié « candidat »…, constituée et validée avec l’aide de Wintegreat et de ses partenaires (organismes et structures d’accueil des personnes réfugiées en France) qui s’en portent garants. « Une fois le profil finalisé, Wero se charge ensuite du démarchage auprès des directions des ressources humaines de grandes entreprises pour mieux cerner leurs besoins et pousser les bons profils », explique Maxime Baudet, l’un des trois cofondateurs de Wero.

Wero se charge également d’acculturer et de former sur-mesure ces DRH au recrutement de ces « nouveaux » profils et au management interculturel. De fait, il n’est pas toujours évident pour un réfugié de s’adapter immédiatement à un environnement de travail à la française… Comme il peut apparaître différents points de blocage dans l’intégration de ces profils au sein des équipes d’un grand groupe. « Il faut parfois casser le cliché négatif que renvoie le réfugié », poursuit-il.

 

« Nous sommes en relation avec les alumni de l’Insead depuis le début de l’année. Il y a vraiment une évolution aujourd’hui en matière de recrutement, d’où ce projet « Fidel Talent » qui a débuté avec Axens et Action contre la Faim et que nous voulons aujourd’hui multiplier avec d’autres réseaux d’alumni. »

« Notre rôle est de consolider tous ces profils et toute cette donnée et d’en tirer le meilleur. On sait quel profil équivaut à quel niveau en France, on sait établir la crédibilité de chacun de ces profils et, au final, notre rôle est de faire le matching entre le besoin et ces entreprises », résume Théo Kubla dans la vidéo.

Son modèle économique ?  Wintegreat repose sur les dons et subventions, tandis que Wero perçoit une commission des entreprises pour chaque recrutement réalisé, financement qui s’ajoute également aux subventions touchées.

Une levée de fonds prévue dans quelques mois

Créée il y a seulement dix-huit mois, la start-up Wero compte déjà 2 000 profils sur sa plateforme et a placé une cinquantaine de personnes (stage ou emploi) dans une dizaine de grands groupes depuis sa création. Tandis que d’autres réfugiés ont opté pour reprendre des études. Mais, d’ici la fin de l’année, les choses devraient s’accélérer : Wero veut doubler le nombre de profils sur sa plateforme et vise la centaine de personnes de plus ayant trouvé un emploi grâce à ses services… « A nous de changer la vision sur le recrutement de l’entreprise », estime Maxime Baudet.

Pour autant, la chaîne de valeur des deux entités doit être davantage numérisée, afin d’enregistrer plus de profils, et voir leurs revenus augmenter et se diversifier. C’est pourquoi Wero partira à la conquête de nouveaux fonds seulement en fin d’année ou début d’année prochaine, après avoir d’ici là séduit avec sa démarche davantage de grands groupes. Les clients déjà intéressés ? « Ce sont des acteurs du secteur bancaire, de la grande distribution (Monoprix), de la beauté (L’Oréal), des télécoms ou du secteur pétrolier (Total, Axens) », précise-t-il.

Hébergée au sein de Sensecube (géré par l’organisation Makesense), la start-up, également présente sur l’espace de co-working Kiwanda à Nation avec Wintegreat, compte 5 salariés, et le double environ pour Wintegreat. Après avoir été soutenue par SAP durant six mois récemment (novembre à mai 2019), Wero intègre en ce moment le nouvel incubateur « 21 » de La Croix-Rouge, avec laquelle elle travaille déjà sur le terrain. « Nous mettons à la fois notre plateforme à la disposition de leurs centres d’accueil dans toute la France ; nous développons avec eux le sourcing de candidats pour une formation d’aide-soignant et, enfin, nous leur présentons des profils pour les postes à pourvoir au sein de leurs différentes structures. »

 * 1 000 réfugiés (Syriens, Soudanais, Afghans, Bangladais…), âgés entre 26 et 40 ans, ont été accompagnés sur les trois dernières années via ce programme de remise à niveau.


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