« La France sera le pays de l’hyper innovation » ?

Emmanuel Macron avait lancé ce souhait en 2017. Le président a annoncé  les engagements pris par les investisseurs, qui se chiffreront à 5 milliards d’euros, selon l’Elysée. Objectif : voir naître 25 licornes françaises d’ici à 2025.

« La France sera le pays de l’hyper innovation » ?

En ce moment à l’Elysée @Frenchtech

Mercredi 18 septembre, se tient l’édition 2019 du France Digitale Day à Paris (#FDDay2019). L’occasion pour Nicolas Brien, CEO de France Digitale, de s’exprimer sur le sujet de la start-up en France et de son financement auprès de nos confrères d’Uzbek & Rica

De fait, l’heure est grave. Nicolas Brien le démontre avec vigueur : « La plus belle session de l’année 2019, c’est l’américain Getaround qui a racheté la start-up française Drivy. Mais la France a les leaders mondiaux des mobilités : SNCF, TransDev, Vinci Autoroutes, Eiffage… ! Comment ont-ils pu ne pas racheter ce leader de l’auto-partage ?! Il y aura une responsabilité immense des grandes entreprises historiques du CAC 40 dans notre capacité à faire de l’Europe une terre de géants du numérique ou non. »

A priori, nos plus hauts responsables politiques l’ont entendu… A commencer par le président Emmanuel Macron, précurseur d’une « Start-up Nation » à la française que l’on n’a pas encore vu venir… Selon le dernier baromètre EY, si le premier semestre de cette année aura encore une fois été un semestre de tous les records, « jusqu’à présent, en comparaison de nos homologues européens et internationaux, la French Tech est restée assez timide sur le sujet et les opérations de sorties (M&A, IPO) se sont faites rares (supérieurs à 300 millions d’euros)… »

Mais les choses pourraient changer avec la présentation à l’Elysée d’une nouvelle stratégie de la France pour faciliter le financement des pépites françaises de la Deeptech, largement convoitées par les fonds américains notamment si leur idée en vaut la chandelle.

Le 17 septembre, tout ce qui compte de l’écosystème « French Tech » (innovateurs, investisseurs, acteurs de l’accompagnement…) était présent à l’Elysée, convié la veille de la convention annuelle de France Digitale, où se retrouveront la plupart des entreprises françaises du secteur.

L’association France Digitale organise, ce mercredi 18 septembre, à Paris, le France Digital Day, sa journée annuelle du numérique réunissant entrepreneurs, investisseurs et fondateurs de licornes…

Le président y a annoncé notamment le déblocage de fonds provenant des grands investisseurs institutionnels hexagonaux (banques et assurances), sollicités depuis plusieurs mois par le gouvernement pour participer à la création de fonds de capital-développement disposant chacun de plus d’un milliard d’euros. « Nous avons besoin d’investisseurs qui sont prêts à prendre plus de risques, dans le prolongement des efforts qui ont été faits depuis deux ans » pour créer un environnement plus favorable à l’investissement en France, estime l’Elysée. Objectif : stimuler la création d’emplois dans le secteur technologique et dans l’économie en général, explique-t-on de même source.

L’idée est que nos start-up soutenues les premières années par BpiFrance notamment et un certain nombre de « petits » fonds, puissent réellement passer à l’étape supérieure lorsqu’elles souhaitent lever plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de millions d’euros pour croître au niveau mondial. En France, il n’y a en effet pas de fonds importants d’investissement capable de mettre de tels tickets (50, 100 ou 200 millions d’euros) sur la table…

Emmanuel macron start upPar cette initiative, Emmanuel Macron veut faire émerger des géants de la tech européens. Le niveau et les ambitions des jeunes innovateurs sont là… Leur reste encore à trouver l’accompagnement financier indispensable… De plus, on voit depuis peu se développer l’idée de l’importance d’une alternative européenne face aux géants internationaux que sont les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), les Natu (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) ou autres BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi)…

Des groupes qui cannibalisent l’innovation dans tous les domaines et créent un cercle vertueux autour d’eux. Conséquence : ils dominent logiquement le classement mondial des licornes, ces start-up non-cotées valorisées plus de 1 milliard de dollars. En 2017, 41 % de ces sociétés dans le monde sont américaines et 37 % chinoises.

D’après l’étude annuelle du cabinet GP Bullhound, l’Europe compte 57 licornes en 2017, soit 9 de plus qu’en 2016. Le Royaume-Uni arrive en tête avec 22 licornes, suivi par la Suède (7) et l’Allemagne (7). La France reste à 3 (BlaBlaCar, Criteo et Vente-privée). Contrairement à ses principaux rivaux britanniques et allemands, la France n’a engendré aucune nouvelle licorne en 2017… 

Un futur Nasdaq européen

Le président de la République, qui s’inspire d’un rapport rendu en juin par Philippe Tibi, ancien président de l’association française des marchés financiers, souhaite également favoriser l’émergence d’un futur Nasdaq européen, un marché boursier européen spécialisé dans les valeurs technologiques. Ce rapport pointe les difficultés de financement en « late stage », c’est-à-dire des  levées de fonds supérieures à 50 millions d’euros, en raison du manque d’investisseurs spécialisés sur ces segments en France.

Le Président invitera donc banquiers et assureurs français et internationaux à installer à Paris des fonds spécialisés dans l’investissement dans des entreprises technologiques cotées, qui commenceraient par apprendre le métier sur le Nasdaq avant de revenir d’ici quelques années en Europe pour lancer un marché européen.

Dans la foulée de ce rendez-vous, Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, doit dévoiler la liste des entreprises du « Next40 », ces jeunes pousses retenues pour ce prix distinguant 40 futurs champions français ou entreprises à fort potentiel de croissance. Les lauréats bénéficieront d’un soutien des autorités publiques, d’une promotion internationale et d’un accompagnement médiatique. Sélectionnées selon des critères de performance économique, cette liste a été établie en concertation avec le jury du Next40, présidé par Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi et Mangopay.

Cinq sur les 40 primées se verront remettre un prix pour leur engagement en matière d’inclusion, d’impact environnemental, d’économie circulaire et responsable, de santé, ainsi que de promotion de la diversité et d’égalité femmes-hommes. Suivra également le « French Tech 120 »… la même idée plus élargie. L’objectif est simple : leur donner de la visibilité vis-à-vis de la finance française et internationale. Côté banques, Crédit Mutuel Alliance Fédérale a annoncé hier, dans un communiqué, qu’il mobiliserait une enveloppe de 200 millions d’euros dédiée au financement de nos « pépites »…

Les Lauréats du Next40

AlanBack MarketBelieveBioserenity
BlablacarShadow CityScootContentSquare
DeezerDevialetDoctolibEvaneos
FinalcadFrichtiHome ExchangeHR Path
iAdvizeivaluaJobteaserKlaxoon
LedgerManoManomeeroMirakl
octoberOpenClassroomsOVHPayfit
RecommerceSendinblueSigfoxShift Technology
TalentsoftVade SecureVeepeeVestiaire Collective
VoodooWyndYnsectyounited credit

« Aujourd’hui, il y a plus d’une cinquantaine de sociétés que l’on peut regarder en France comme étant de futures licornes », a assuré Frédéric Mazzella, co-président de France Digitale, à France Info. Afin d’améliorer la situation des start-up, il appelle d’ailleurs les dirigeants français à aider à créer les emplois de demain « en facilitant la mobilité nationale et internationale des talents,  en améliorant l’attractivité de notre écosystème technologique ». En ce sens, l’exécutif affiche ses ambitions d’ici à 2025 en espérant franchir la barre des 25 licornes tricolores, contre sept à ce jour.

En clôture du FDDay2019 du 18 septembre, Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique, devrait rappeler en détail toutes ces nouvelles mesures annoncées par le gouvernement. La France pour pouvoir devenir le « pays de l’hyper innovation » aura attendu trois ans…

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