Bruno Jarry (Académie des technologies) : « Le bâtiment est un secteur en pleine révolution »

Bruno Jarry, président de l’Académie des technologies, revient sur le thème de la deuxième édition de la Convention & Grands Prix de l’Académie, consacrée au bâtiment durable, intelligent et bas carbone, qui se tiendra lundi soir à Paris.

Bruno Jarry (Académie des technologies) : « Le bâtiment est un secteur en pleine révolution »

Bruno Jarry, président de l’Académie des technologies

Alliancy. Vous organisez votre deuxième convention annuelle lundi prochain. Pourquoi le bâtiment, après l’agroalimentaire l’an dernier ?

Bruno Jarry. Nous avons choisi de traiter en effet, lors de nos conventions annuelles, d’un secteur d’activité en particulier. Cette année, dans le cadre de notre mission qui est d’informer un large public sur l’impact des nouvelles technologies par différents canaux, nous allons aborder le secteur du bâtiment, en pleine révolution, qui représente 10 % du PIB et emploie 2,1 millions d’actifs en France, tout en étant un secteur très énergivore.

Pour autant, historiquement traditionnel, ce secteur devient un écosystème stimulant en matière d’innovation, au niveau autant des matériaux que des techniques de construction de plus en plus automatisées. Le développement des technologies numériques ouvre aussi la voie à une multitude de nouvelles applications, moins énergivores et plus respectueuses de l’environnement dont on parlera également.  A titre d’exemple, la gestion active de l’énergie dans les bâtiments à travers les objets connectés permet de piloter en temps réel les équipements en fonction de l’utilisation effective des locaux. Les bâtiments connectés et intelligents deviennent désormais des plateformes de services.

Qui est présent lors d’un tel événement ?

Bruno Jarry. L’idée est d’inviter le monde enseignant, des chercheurs du public et du privé, des entrepreneurs… pour présenter un domaine industriel et voir comment il est impacté par l’évolution des technologies. Pour l’an prochain, nous traiterons de l’automobile.

Est-ce une approche nouvelle ce type de manifestation pour l’Académie ?

Bruno Jarry. Tout à fait. Jusqu’ici nous n’avions pas d’événement annuel. Nous nous concentrions surtout sur une autre de nos missions, qui est de réfléchir au sujet des technologies, de leur développement, des problèmes que cela peut poser… en publiant des rapports [une douzaine par an] ou des avis au Gouvernement [une dizaine par an] sur divers sujets techniques ou technologiques. Nous travaillons beaucoup avec l’Opecst et France Stratégie depuis une vingtaine d’années. Désormais, nous souhaitons nous ouvrir davantage et s’adresser à un public plus large, en régions, et auprès des jeunes en particulier.

Les Français sont-ils friands de technologies ?

Bruno Jarry. Nous venons de réaliser un sondage avec Opinion Way sur ce point, que nous publierons prochainement. Il en ressort que les Français ne sont pas contre la technologie, même s’ils ont une certaine appréhension. Mais ils estiment être peu informés, peu importe le canal. Il y a donc une place à prendre pour aborder ce sujet avec le public. Et c’est dans ce cadre que la convention de l’Académie des technologies s’inscrit et continuera à le faire. Entre 400 et 500 personnes sont attendus lundi soir, venant notamment de l’enseignement.

Pour les mois à venir, quels sont vos autres grands chantiers ?

Bruno Jarry. Nous travaillons sur un sujet, qui nous a été commandé par le ministère de la Recherche et de l’Innovation, qui est « Territoires et Energie ». On a lancé une étude qui devrait être disponible d’ici neuf à douze mois. Nous avons un autre groupe de travail sur la simulation numérique, un sujet dont tout le monde parle, mais que peu maîtrise. Il est donc important de faire un travail pour pousser à l’utilisation de cette technologie, mais aussi connaître les limites des modèles pour bien comprendre ce que l’on peut en faire dans tel ou tel secteur industriel. Un rapport sur la chimie devrait aussi sortir en fin d’année ou tout début d’année prochaine. Sur tous ces sujets, nous essayons d’apporter cette voix scientifique indispensable et neutre, 00de façon à alimenter les débats.

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