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Territoires intelligents : un levier de performance
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Le Val d’Oise assume sa stratégie d’investissement, jusque dans la transformation de sa DSI

Olivier Lafosse est le DSI du département du Val d’Oise. Il raconte les défis importants qu’il a dû relever pour réorienter l’action de ses équipes en intégrant plus d’agilité mais surtout en devant un partenaire de la transformation digitale et de l’innovation. Centre de valeur et non plus simplement centre de coûts, sa direction est engagée dans un profond changement organisationnel, culturel, technologique.

Directeur des Systèmes d’Information, Département du Val d’Oise

Directeur des Systèmes d’Information, Département
du Val d’Oise

Alliancy. Quels sont les principaux axes de transformation du département avec le numérique ?

Olivier Lafosse. Au cœur de la transformation du département du Val d’Oise, le design de service et les nouvelles formes de relation et de proximité avec les citoyens. Le but est d’avoir un service public qui s’adapte à la réalité des usages et des technologies actuelles, sur tout le territoire. Pour parvenir à traduire concrètement cette ambition, il a déjà fallu revoir profondément les manières de fonctionner et les outils, sans dogmatisme. Les vieux téléphones BlackBerry ont été remplacés par des iPhones, et les logiciels historiques comme Lotus Note par Microsoft365, une plateforme de messagerie et de collaboration dans le cloud, mais aussi des outils d’administration et de sécurisation des matériels. Cela va aussi plus loin : avec le déploiement des pratiques de visioconférence, le développement des téléservices et les transformations profondes des lieux d’accueil physiques (franchise sociale,…) voire de leur localisation, c’est une adaptation concrète plus adaptée aux besoins actuels du territoire qui est visée. La transformation par le numérique, c’est donc avant tout un moyen de redéfinir notre présence et notre proximité avec les citoyens.

Veeam_ guide dataConcrètement, sur quoi investissez-vous actuellement ?

Olivier Lafosse. En 2019, nous allons remplacer 2000 postes de travail des agents, et avancer sur les sujets structurants que sont le déploiement de la fibre optique et l’accès en wifi. Nous étions déjà complètement en mode IP pour la téléphonie, nous irons plus loin pour étudier la suppression de la téléphonie classique et faire des PC portables dont les agents seront équipés, le terminal central de communication, y compris téléphonique. L’an prochain, ce seront 350 agents qui bénéficieront ainsi d’approches beaucoup plus souple de télétravail. C’est une symétrie des attentions par rapport à l’expérience que nous voulons pour le citoyen. Pour rendre possible ces nouveaux fonctionnements technologiques et se préparer à l’évolution des solutions de nos éditeurs en mode service (SAAS), nous achèverons également à l’été 2019 la construction du datacenter communautaire régional du Val d’Oise, en plus d’avoir annoncé en mars 2018 que nous étions le 1er client des datacenters français de Microsoft. Ici encore, pas de dogmatisme, mais une posture pragmatique privilégiant le multicloud et l’hybridation dans nos stratégies SI.

Comment cette stratégie se reflète-t-elle sur la culture de la DSI et son budget ?

Olivier Lafosse. Il n’y a pas d’ambigüité, notre volonté est d’investir pour l’avenir, y compris au niveau de la DSI. C’est ce qui permettra aux agents d’avoir les outils pour assumer la proximité et le service réinventé que nous voulons offrir aux citoyens. En 2016, le budget de la DSI était de l’ordre de 7,2 millions d’euros, dont plus de 80% consacrés à couvrir nos coûts de fonctionnement. En 2019, il sera de presque 12 millions, dont 54% sera consacré à de l’investissement. C’est une inversion de notre façon de fonctionner, qui reflète une profonde évolution de la « culture de gestionnaire » que l’on trouve souvent dans le secteur public. Pour répondre à nos ambitions, nous assumons donc d’acquérir de nouveaux réflexes, tant au niveau des budgets que sur notre façon de mener les projets : pour nous centrer sur le service au citoyen, nous privilégions aujourd’hui les approches de co-construction et de co-design à tous les niveaux, permettant d’éviter les effets tunnels souvent reprochés aux importants projets de transformation. Cela aussi est un profond changement culturel.

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