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Plus de 600 acteurs français de l’e-commerce numérique à Marrakech

D’un côté plus de 300 donneurs d’ordres et grands comptes de l’e-commerce, de l’e-tourisme pesant près de 20 milliards d’euros (Carrefour, M6, Rue du Commerce, L’Oréal, Renault, Air France ou la Macif…). De l’autre, une centaine de prestataires innovants et start-up en mode « recherche de business ». Tel était le menu de la rencontre business LesBigBoss qui vient de se tenir à Marrakech.

Hervé Bloch, fondateur des BigBoss

Hervé Bloch, fondateur des BigBoss ©  Jallal Seddiki (NonStoprod)

A côté de sa rivale E-commerce One to One de Monaco, cet événement s’affirme comme une des rencontres d’affaires phare du secteur. Pour l’occasion, Hervé Bloch, patron de l’agence Digilinx et fondateur de l’événement revient sur ses recettes et les enjeux de l’e-commerce en France.

Alliancy. Un mot de définition sur LesBigBoss, la rencontre d’affaires que vous avez créée et qui vient de tenir durant trois jours son édition d’été à Marrakech ?

Hervé Bloch. Ce format que j’ai lancé voilà quatre ans, avec alors une réunion de 20 personnes, a rassemblé le week-end dernier 630 acteurs du numérique à Marrakech pour notre « Summer Edition 2017 ». Le principe, toujours le même est de mettre en relation des décideurs, les « big boss » à savoir des donneurs d’ordres de l’e-commerce et du digital BtoC et des entreprises prestataires souvent jeunes et innovantes pouvant répondre à leurs besoins. Il s’agit d’entreprises expertes ou des start-ups à la pointe dans les sujets du moments : intelligence artificielle, conversion de trafic, data management, expérience utilisateur, etc. Elles doivent apporter des solutions aux acteurs de l’e-commerce en forte attente d’amélioration de leurs processus et leur transformation digitale. Point-clé, je m’attache à sélectionner des « bigboss » engagés dans des cycles de décisions et des prestataires vraiment en pointe. La « preuve », ce sont les « deals » conclus. Le plus important lors des dernières éditions entre un grand compte et un prestataire se chiffrait à 360 000 euros.

Quelle est la caractéristique de cette dernière édition ?

Hervé Bloch. Il s’agit d’un record. Il y avait 350 « bigboss » qui ont réalisé en moyenne 14 rendez-vous sur un format de « pitch de 7 minutes », soit 4 900 rendez-vous au total. Pour certains prestataires, ces rendez vous représentent l’équivalent de six mois de relationnel ou encore 30 à 40 % de leur activité « nouveau business ». C’est dire l’enjeu… et le fait qu’il acceptent de payer assez cher pour cela. Mais je précise et cela fait partie de mon concept que le relationnel, la confiance et le côté humain sont au coeur de ce rassemblement. C’est ce qui fait son succès perceptible par le nombre et la qualité des grands comptes présents.

Dans le domaine du BtoC et du Retail, comment jugez-vous la maturité et l’expertise de l’écosystème français ?

Hervé Bloch. Selon moi, on se trouve un peu comme durant la période de la ruée vers l’or. Il y a les chercheurs d’or, les grands comptes, et les vendeurs de pelles et de pioches, les prestataires et autres start-ups. Chercheur d’or, c’est un métier très dur pour lequel le succès n’est pas toujours au rendez vous. Aujourd’hui, l’e-commerce en France est une activité très exigeante avec peu de marges et quelques très gros acteurs qui trustent l’essentiel des volumes. De l’autre coté, une kyrielle de prestataires jouent du coude. Ils se font leur place au soleil, à condition d’apporter des solutions très innovantes et immédiatement applicatives dans un univers qui bouge d’un mois sur l’autre. Une start-up qui par ses technologie permet à un grand compte d’être plus efficace, de gagner un point de trafic ou conversion, d’optimiser son système de data management a un boulevard devant elle. Dans l’e-commerce, les marges sont si faibles qu’il faut aller cherche chaque virgule chaque pourcentage pour gagner en rentabilité, sinon votre concurrent vous dépasse aussitôt.

« Dans l’e-commerce, les marges sont si faibles qu’il faut aller cherche chaque virgule chaque pourcentage pour gagner en rentabilité. » Hervé Bloch

Il y a donc de fortes compétences en France ?

Hervé Bloch. Oui, il y a de fortes compétences technologiques sur la gestion des plateformes, l’amélioration de l’efficience et l’intégration des systèmes, la connaissance des comportements d’achats, y compris en mode prédictif, toute la logique actuelle autour du cross canal, de l’omni-canal (web, mobile, magasins…), smart data…

Et du côté des grands comptes?

Hervé Bloch. Oui aussi il y a de grandes réussites, mais ce n’est pas une activité facile. On assiste à des levées de fonds parfois marquantes mais ce métier c’est avant tout du concret. Un acteur doit acheter moins cher qu’il ne revend, il doit dégager une marge suffisante pour faire vivre l’entreprise et surtout financer en permanence ses développements. Selon moi il y a a deux types d’acteur qui réussissent : les très gros et les opérateurs de niche. Quant on est ni l’un ni l’autre, c’est compliqué !

Quid des apporteurs de solutions sur votre événement ?

Hervé Bloch. Un tiers environ sont des entreprises établies, un tiers commencent à démontrer un leadership dans leur domaine et un dernier tiers sont des start-up qui parfois se saignent pour participer à l’événement. Le coût d’accès à celui-ci pour elle c’est 20 000 euros en moyenne mais je mesure leur ROI. Il est en moyenne de 200 0000 euros par prestataires et éditions. C’est donc rentable !

Ce qui frappe, lors de cet événement, c’est la forte attente des donneurs ordres, comment l’expliquez-vous ?

Hervé Bloch. Dans des métiers matures comme l’industrie ou la grande distribution classique, les donneurs d’ordres ont des positions établies et agissent en situation de force vis-à-vis de leurs fournisseurs. Dans l’écosystème e-commerce ou e-tourisme, ce n’est pas le cas. Si l’on n’a pas le bon prestataire pour son site marchand ou son appli mobile, on plonge aussitôt. Donc il existe une vraie pression à trouver les bons leviers et prestataires.

Quels sont les thèmes phares du moment selon vous ?

Hervé Bloch. Je citerai, les « smart data » car il faut savoir interpréter les masses inouïes de données disponibles, l’intelligence artificielle même si ce n’est que le début. Il y a actuellement un enjeu important en matière de conversion des visites en achat. Pendant des années, on a parlé d’acquisition de trafic, mais il faut convertir. C’est regrettable d’avoir attiré dix internautes pour deux commandes. Si, avec quelque intelligence dans le tunnel de conversion, on passe à trois, cela signifie 50 % de croissance ! Autre sujet, les « bots » divers et variés, une entreprise présente ici affirme que demain ce sont les robots qui achèterons à notre place.

L’écosystème du digital a-t-il des attentes vis-à-vis des échéances politiques selon vous ?

Hervé Bloch. Je crois que Emmanuel Macron a laissé un bon souvenir dans notre univers quand il était ministre à Bercy… Il faut aussi arrêter de penser que la France va s’en sortir en défendant ses métiers d’hier. Les entreprises du digital, terreau principal des start-up sont aussi très sensibles aux questions fiscales comme l’avait montré la fronde des « pigeons ». Il faut tout faire pour favoriser leur développement et ne pas les freiner.

Dernier point, votre événement s’est déroulé au Maroc et pas seulement pour le cadre puisque vous y avez associé de grands comptes marocains. Quel était l’objectif ?

Hervé Bloch. Effectivement, c’était l’occasion de découvrir que le Maroc se penche aussi sérieusement sur la transformation numérique. Une cinquantaine de grandes entreprises marocaines comme Royal Air Maroc, Avito, Ynna, Centrale Danone ou Akwa étaient de la partie pour des découvertes mutuelles. Nous avons eu aussi la chance de recevoir le jeune ministre de l’Investissement, Othman El Ferdaous, qui a impressionné par la connaissance du sujet de la blockchain notamment, et nous a rapidement présenté le tout nouveau plan e-gov du royaume. De quoi aussi sans doute tisser à l’avenir des liens et générer du business entre les entreprises françaises et marocaines du digital.

 

Ils ont dit…

1/ Antoine Raguet, directeur Marketing – Groupe Bernard (distribution automobile)

Pourquoi il a participé : « Nos enjeux actuels tournent autour du marketing content, du paiement en ligne et l’e-réputation et de l’expérience client. Nous devons aller vite mais sans se planter. Je cherche de bons prestataires pour cela. »

Ce qu’il en a tiré : « Tout au long de l’année, nous avons un souci d’efficacité dans la recherche de prestataire. Sur cette édition, j’ai pu faire un tour d’horizon efficace. En fait, j’ai trouvé ce que je cherchais et vite. J’ai déjà six rendez-vous potentiels à suivre avec des prestataires. »

 2/ Frédéric Maus, directeur de la Marketplace – La Redoute

Pourquoi il a participé : « Je cherche notamment des partenaires pour monter notre boutique luxe. Je voulais aussi échanger avec la profession sur les best practices du moment car tout va extrêmement vite dans le digital retail. »

Ce qu’il en a tiré : « J’ai gagné du temps. En une journée, j’ai réalisé l’équivalent de deux mois de contacts. J’ai fait mon benchmark comme prévu. »

3/ Frédéric Daniel, DGA – AlloMedia

Pourquoi il a participé : « Nous sommes venu présenter notre solution de reconnaissance vocale dénommée Cookie Vocal l’aboutissement de six ans de R&D pour notre jeune entreprise basée à Paris. Elle permet d’analyser en temps réel une conversation d’un service client et ainsi proposer des options de réponses mieux ciblés au téléopérateur en temps réel. »

Ce qu’il en a tiré : « Nous avons aligné 40 rendez-vous avec une présentation en temps réel de notre service dans les sept minutes imparties. Il y a un réel effet « Waouh » tant la solution parle d’elle-même. Le bilan des contacts est donc positif. Nous espérons faire parler de nous aussi sur VivaTech. »

4/ Samuel Seyman, directeur du pôle Affinityx – EverMaps

Pourquoi il a participé : « Nous développons des solutions d’IA pour l’e-commerce pour donner du sens aux données avec notamment des applications marketing en temps réel. »

Ce qu’il en a tiré : « Le retour sur les précédentes éditions était plutôt correct. Nous avons eu de bons contacts, mais ce qui compte ce sont les signatures de contrats, on ne pourra tirer le bilan qu’un peu plus tard. »

 

Lesbigboss , une grosse machine

Les BigBoss Summer Edition 2017

Les BigBoss Summer Edition 2017 ©  Jallal Seddiki (NonStoprod)

Environ 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, des partenariats dans tous les sens et une présence de grosses pointures de l’e-commerce (AccorHotels, Orange, SFR, M6, L’Oréal, Aubade, SNCF, La Redoute…), les BigBoss sont une affaire qui roule. Un événement créé par Hervé Bloch et sa société Digilinx. Celui-ci en bon entrepreneur pilote au plus serré cette série de manifestations déroulées en version été, hiver ou même en déclinaisons verticales dans la mode ou le tourisme. Pas moins de dix salariés permanents œuvrent sur ces projets avec une pointe à 40 « staffs » (dévoués) sur des éditions comme celle de Marrakech. Quant au secret de ce business, il est simple : le gotha des grands comptes français, invités tous frais payés, y trouvent leur compte pour développer leurs business plus vite. Lors d’une des soirées de cette huitième édition des BigBoss, plusieurs prix ont été remis aux grands comptes « méritoires ». Dans la catégorie BigDeal, Jean-Marc Leglise (PMU) a été distingué pour un gros projet signé avec l’entreprise Stardust opérant dans le testing. Virginie Roubi (Afflelou) a emporté le trophée BigPlay pour son engagement dans l’écosystème. Enfin, David Schwarz (Carrefour), Pierre-Alexandre Demey (Digital Virgo) et Patrycja Mothon (Pandora) ont chacun remporté un trophée dans la catégorie ManyDeal pour avoir signé avec plus de 12 prestataires rencontrés lors des précédentes éditions. 

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