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[NOUVEAU DOSSIER] Industrie : l’heure des alliances
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Continental capitalise sur la connaissance avec les assistants virtuels

Pour faciliter la transmission de savoir-faire et de retours d’expérience, Continental, l’équipementier automobile a engagé une collaboration avec la start-up toulousaine, Simsoft Industry. À la clé : le développement d’assistants virtuels intelligents.

Continental capitalise sur la connaissance avec Simsoft Industry

Le soudage manuel de composants électroniques chez Continental Automotive

C’est à l’occasion d’un forum technologique organisé par le pôle de compétitivité Aerospace Valley, que le premier contact est établi. La start-up cherche des sites de production pour établir sa preuve de concept. L’équipementier lui a ouvert les portes de ses usines de Foix (Ariège) et de Toulouse (Haute-Garonne). « Nous avons tout de suite perçu l’intérêt des travaux conduits par Simsoft », se rappelle Louis-Claude Vrignaud, directeur des partenariats public- privé chez Continental Automotive France. Créée en 2013, Simsoft3D (depuis peu Simsoft Industry) travaille au développement d’assistants virtuels proactifs, guidés par la voix et spécialisés dans la capitalisation et la transmission des savoir-faire et retours d’expérience en milieu industriel. En 2016, elle emploie 10 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 550 000 euros. Très vite, un premier projet de collaboration est établi entre eux, autour d’un besoin spécifique, lié à un geste métier particulier, celui du soudage manuel de composants électroniques. Un métier que l’on aurait pu croire disparu… Que nenni !

Dans un environnement de plus en plus automatisé, ce métier reste essentiel au sein de l’atelier CEMS (Continental Electronic Manufacturing Services). Au coeur du site toulousain, où sont regroupés un centre de R&D d’excellence mondiale et un site majeur de production en grandes séries d’équipements électroniques pour l’automobile, cet atelier est en charge de la fabrication de prototypes, de pièces de préséries et de validation, et de petites séries. « Nous travaillons pour les besoins du groupe en électronique automobile, mais aussi dans le cadre de marchés de diversification, pour l’aéronautique, le spatial ou la défense », précise Jean-Louis Clauzet, responsable du département CEMS chez Continental Automotive.

Pour les cartes fabriquées à l’unité, ou à moins de six exemplaires, cet atelier a recours au câblage manuel. Il dispose d’une équipe d’une dizaine de câbleuses. La miniaturisation nécessite des gestes extrêmement précis. Ces opératrices ont souvent plus de 25 ans d’expérience, etn certaines vont bientôt partir à la retraite. La transmission de leur savoir-faire est un réel sujet de préoccupation. « D’autant qu’il est essentiel pour la performance de notre R&D », insiste Louis-Claude Vrignaud.

Le soutien du conseil régional

Le projet Contact-Geste, outre l’équipementier et la start-up, associe l’Institut catholique d’Arts et Métiers (Icam Toulouse ) et la PME toulousaine Virtual IT. Il mobilise sur 15 mois un budget de 280 000 euros, avec le soutien financier du conseil régional Occitanie. Dans un premier temps, il s’agit d’établir un recueil très précis de chaque geste. Les opératrices sont filmées, mais aussi invitées à exprimer en langage courant chacune de leurs tâches. Dans la continuité de ce premier projet, Simsoft, toujours accompagnée par Continental Automotive, s’est vue confier le pilotage de Mimiks (Multimodal Interactive Knowledge Capture System), dans le cadre de l’IRT Saint-Exupéry, positionné sur l’aéronautique, l’espace et les systèmes embarqués. Un projet d’envergure, d’une durée de trois ans, avec un budget de 668 000 euros, qui associe le laboratoire de sciences humaines et sociales CLLE LTC (CNRS/université Toulouse 2 Jean-Jaurès). Objectif : mettre en oeuvre des interfaces homme/machine multimodales (texte, photo, vidéo, 3D, réalité augmentée…), guidées par la voix et par un moteur de dialogue intelligent, toujours dans le cadre de la capitalisation d’expertises métiers, en vue d’outils de formation, mais aussi d’autocontrôle, d’aide au pilotage ou à la maintenance. « Les premières phases du projet nous ont amenées à élaborer des logigrammes d’autodiagnostic à destination des techniciens sur lignes », précise André Goncalves, responsable de l’usine de Toulouse.

Ces projets intéressent d’autres grands industriels. Ces partenariats ont été signés avec EDF, Michelin, Renault et Bouygues TP. Simsoft prévoit de doubler ses effectifs avec le recrutement de spécialistes de l’IA et des interfaces homme/machine.

>> Cet article est extrait du magazine Alliancy n°17  » Où en est l’IA dans l’entreprise ?  » à commander sur le site.


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