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Enseignement – Informatique à l’école : interview de Didier Jouault, inspecteur général de l’Éducation Nationale

Coauteur d’une étude* sur le plan Un collégien, un ordinateur portable, menée depuis 2001 dans les Landes, cet inspecteur de l’Éducation nationale revient sur les écueils et succès de ce département pionnier en matière d’informatique à l’école.

Didier Jouault, Inspecteur général de l’Éducation nationale

Interview de Didier Jouault
Inspecteur général de l’Éducation nationale
Propos recueillis par Guillaume Mollaret

Coauteur d’une étude* sur le plan Un collégien, un ordinateur portable, menée depuis 2001 dans les Landes, cet inspecteur de l’Éducation nationale revient sur les écueils et succès de ce département pionnier en matière d’informatique à l’école.

Alliancy, le mag. Quel principal enseignement tirez-vous de l’enquête menée dans le premier département ayant mis en place un tel déploiement informatique ?
Didier Jouault.
Avec ce plan destiné aux élèves de 4e et de 3e dès 2001, le conseil général des Landes avait notamment l’objectif de réduire la fracture numérique dans un département très rural. De ce point de vue, c’est une réussite à 100 %. Toutes les familles, quelles que soient leurs origines sociales, ont vu entrer un ordinateur portable à la maison.

Une chose a compliqué l’organisation des classes dans certains établissements : le choix de l’installation filaire. Mais, depuis un an, tous les établissements sont dotés du Wi-Fi.

 

Dans certaines régions ou départements les ordinateurs sont donnés aux élèves. Quel choix a été fait dans les Landes ?
L’ordinateur est prêté par le collège pour responsabiliser les élèves qui doivent le rendre à la fin de l’année. Ils le ramènent chez eux et peuvent l’utiliser à des fins personnelles. C’est un outil personnel et pédagogique qui a trouvé sa place dans les deux cadres. Nous sommes quatre à avoir rédigé ce rapport. Nous avons visité l’ensemble des collèges, échangé avec les professeurs, les élèves et leurs parents… Nous avons vu des classes heureuses.

 

D’un point de vue pédagogique, qu’est ce qui a vraiment changé ?
Cet ordinateur sert à l’ensemble du travail scolaire. Chaque collège a son site, et, depuis leur PC, les élèves accèdent à des travaux en ligne. Par exemple, en langues vivantes, l’élève peut écouter l’exercice, le remettre en ligne de manière orale et être corrigé à distance par l’enseignant. Cet attrait est confirmé en mathématiques. C’est plus difficile en revanche en histoire ou en français. Les enseignants sont, dans ces matières, davantage réticents à utiliser l’ordinateur.

 

Avez-vous constaté des aspects négatifs ?
D’une manière générale, les choses s’améliorent avec le temps. Mais, au départ, le conseil général avait prêté les ordinateurs avant que les enseignants ne soient formés. C’est seulement depuis deux ans qu’une convention a été signée avec le rectorat. Auparavant, à la faveur des mutations, certains profs n’étaient pas à niveau, ce qui encourageait aussi les enseignants réticents à ne pas utiliser le PC.

 

Comment doivent être choisis les logiciels d’enseignement ?
Au départ, tous étaient choisis par le conseil général. C’est aussi la raison pour laquelle certains profs n’utilisaient pas l’ordinateur. Aujourd’hui, les enseignants sont associés au choix. Un choix décidé par le conseil pédagogique de chaque collège me semble être le bon échelon.

 

Quels sont les travaux auxquels doivent s’atteler davantage les éditeurs de logiciels ?
L’État vient de décider pour la rentrée d’un fonds d’intervention de 10 millions d’euros pour inciter les éditeurs à créer des ressources. Si en mathématiques le choix de logiciels ne manque pas, on ne peut pas en dire autant du français. Dans les Landes, l’utilisation généralisée de l’informatique permet de faire un travail personnalisé avec chaque élève. A partir du même cours, un enseignant doit pouvoir proposer cinq ou six batteries d’exercices différents en fonction du niveau de l’élève. Là-dessus, les éditeurs ont à mon sens peu travaillé, malgré d’extraordinaires avancées.

 

* Rapport Igen : Le plan « Un collégien, un ordinateur portable » dans le département des Landes, Jean-Louis Durpaire, Didier Jouault, Annie Lherete, Michel Perez – décembre 2012.

 

Plus d’infos :
www.landesinteractives.net/un-collegien-un-ordinateur-portable
www.education.gouv.fr/le-planun-collegienun-ordinateurportable-dans-ledepartement-deslandes

Lire aussi : Enseignement – L’école numérique prend forme

 

Cet article est extrait du n°5 d’Alliancy le mag – Découvrir l’intégralité du magazine

Photo : D.R.


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Commentaire

  1. par jouault

    par hasard je découvre ce texte. Je souhaiterais que, même très postérieurement, mon titre exact soit rectifié :  » inspecteur général de l’education nationale ». merci! bien à vous