Une chronique de Célia Garcia-Montero, journaliste Alliancy

Célia Garcia-Montero a rejoint la rédaction d’Alliancy en 2017, pour laquelle elle suit les sujets liés à l’Internet des objets. Se déployant dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des services, du sport à la santé, de la sécurité à la domotique, les objets connectés s’intègrent peu à peu à notre quotidien. Ils tendent à transformer durablement les métiers et à développer de nouveaux business-modèles, brassant des quantités de données toujours plus importantes. Pourtant, ils mettent du temps à convaincre les industriels, qui hésitent à les déployer par crainte que cela ne perturbe leur production. Dans « L’odyssée connectée », Célia présente ainsi des exemples de projets développés dans le B2B.

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Les serres connectées, un mélange d’aquaponie et d’algorithme

Pour cette chronique de l’Odyssée connectée réalisée dans le cadre du Salon de l’agriculture, j’ai rencontré Mickaël Gandecki, l’un des trois fondateurs de la start-up alsacienne Myfood, qui conçoit des serres connectées.

Par leurs baies vitrées lumineuses, leurs tours à salades verdoyantes et les clapotis de l’eau dans les bassins, les serres connectées ont attiré cette année encore de nombreux visiteurs lors du Salon de l’agriculture. « Il y a un réel engouement pour les serres connectées car les gens aujourd’hui veulent maîtriser et savoir ce qu’ils mangent », affirme Mickaël Gandecki, cofondateur de Myfood, en certifiant que les légumes biologiques cultivés sous ses serres présentent d’un point de vue nutritionnel plus de fibres et de protéines qu’en culture traditionnelle. La start-up assure par ailleurs à ses serres une autonomie énergétique avec l’installation de panneaux solaires.

La jeune pousse alsacienne, créée fin 2015, propose à ses clients – particuliers et entreprises – de produire près de 400 kg de végétaux par an par aquaponie verticale, et ce sans avoir la main verte. Une multitude de capteurs permettent de monitorer dans la serre, la température, le taux d’humidité ou le pH, le paramètre le plus important à surveiller dans les cultures hors-sol. « Nous avons au total 4 millions de points de mesure », souligne Mickaël Gandecki. Les données sont envoyées sur l’application par le biais d’une antenne Sigfox. L’utilisateur peut alors ouvrir les aérations, régler la température ou suivre son calendrier d’entretien depuis son tableau de bord numérique.

De l’intelligence artificielle permet également de prédire des modèles et d’anticiper la production. « Des algorithmes basé sur des réseaux de neurones observent le comportement de la serre et envoient des conseils en fonction. Il y a également de la reconnaissance d’images pour veiller à la santé des plantes », explique Mickaël Gandecki. En cas de présence d’algues par exemple, l’IA recommande au particulier de surveiller le recyclage de l’eau.

Myfood a installé à l’heure actuelle 74 serres dans sept pays. Ces serres proposeraient un rendement 18 fois plus élevé que la culture au sol. La start-up de 10 salariés, qui a réalisé une levée de fonds de 1,2 million d’euros en septembre dernier, prévoit d’industrialiser et d’exporter davantage ses serres en 2018 pour tripler son chiffre d’affaires, établi à 500 000 euros en 2017.

Avec l’essor des villes intelligentes, les concepts autour de l’agriculture urbaine se développent. De nombreux projets sont menés en Europe, notamment avec les fermes verticales de la start-up Infarm, ou, autre exemple, au Japon où la société Mirai a transformé une ancienne usine de semi-conducteurs appartenant à Sony en ferme verticale.

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