Malgré la pandémie, le Salon Big Data / AI Paris 2020 résiste

Alors que le big data et l’intelligence artificielle irriguent tous les projets liés à la transformation digitale des entreprises, le salon qui leur est consacré a eu lieu en ce début de semaine. Entre déception et satisfaction, les avis sont très tranchés sur cette édition 2020.

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Reporté deux fois en raison de la pandémie de Covid-19, le salon Big Data Paris 2020 s’est finalement tenu ces 14 et 15 septembre au Paris Convention Centre (Porte de Versailles) et non au Palais des Congrès (Porte Maillot) comme initialement prévu. Ayant fusionné avec le salon AI Paris, l’événement a rassemblé environ 200 exposants, dont une cinquantaine de start-up (selon la brochure officielle de l’événement).

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Romain GAUTHIER, BI & Data Solutions Manager chez PERNOD RICARD, sur scène, masqué.

Certaines entreprises, résolument déçues par la baisse de fréquentation du salon, regrettent de n’avoir vu passer sur leur stand que 30 à 50 % de l’audience des années précédentes. « Nous avons réalisé 300 démonstrations l’an dernier. Cette année, sur le premier jour, nous en sommes à peine à 15 », déclare le directeur marketing d’un éditeur de solutions de data analytics. « Qui plus est, les rendez-vous virtuels qui devaient avoir lieu lors de la première matinée sur la plateforme digitale du salon ont été annulés, le site n’ayant pas tenu la charge… Je suis très critique mais il faut malgré tout reconnaître que les organisateurs ont eu le courage de maintenir l’événement, alors que tant d’autres ont annulé le leur », ajoute-t-il.

 

Selon d’autres exposants, la situation aurait pu être pire. « Il y a eu plus de trafic sur le stand que ce que l’on attendait. Notre atelier s’est bien passé, attirant une trentaine de personnes. Pour une start-up comme la nôtre, Big Data Paris est un gros salon, nous sommes contents d’y avoir participé », note la responsable marketing d’un outil d’intelligence artificielle d’interrogation des données en langage naturel.

Et pour d’autres encore, l’édition 2020 est bien meilleure que celle de l’an dernier. « Il y a certes moins d’exposants et moins de visiteurs mais cet écrémage est bénéfique pour tout le monde : les profils rencontrés sont plus qualitatifs. Nous sentons que la courbe d’adoption du Big Data et de l’IA est en forte croissance. Il y a désormais moins d’effet de mode », se réjouit de son côté le directeur commercial d’une plateforme de modélisation prédictive.

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Un certain nombre de grands acteurs du secteur a préféré jouer la carte de la présence virtuelle

Dans les salles de conférences, dans les allées ou sur les stands, quelque chose attire par ailleurs immanquablement l’attention : l’intégralité des personnes présentes est masquée, y compris les intervenants sur scène. « Je suis d’habitude très physionomiste, je reconnais un client ou un prospect sans me tromper. Mais avec les masques, c’est plus compliqué », concède le CTO d’un grand éditeur.

Parmi les exposants, de grands acteurs du secteur brillent par leur absence. C’est le cas par exemple d’IBM, Oracle, Dell, Teradata ou encore Orange Business Services. Toutes ces sociétés, présentes l’an dernier, ont préféré jouer la carte du digital et assurer une présence virtuelle. Un QR code permet de les rejoindre sur la plateforme online de l’événement.

La qualité toujours au rendez-vous au Salon Big Data / AI Paris 2020

Malgré tous les obstacles rencontrés, cette édition 2020 n’a pas démérité et a gardé le niveau de qualité des années précédentes. Les conférences ont permis à de grands groupes de partager leur retour d’expérience. La Société Générale et Suez Group sont ainsi intervenus sur le thème de la gouvernance des données, L’Oréal sur le déploiement d’un data lake au sein de son département Recherche & Innovation (intervention en visioconférence), Carrefour France sur la mise en place d’un moteur de suggestion de produits de substitution pour Carrefour Drive.

Comme le précisent Mélissa Périé et Clémence Simmelide, respectivement responsable et directrice des conférences chez Corp Agency, l’organisateur de l’événement, « En big data comme en intelligence artificielle, en 2020, les porteurs de projets et leurs partenaires concentrent leurs efforts sur le ‘mieux faire’. L’explicabilité et la nécessité de faire de l’IA éthique sont au cœur du débat ». L’affaire Cambridge Analytica, dont le lanceur d’alerte Christopher Wylie est intervenu en début de salon, a permis une réelle prise de conscience dans ce domaine.

« Tandis que le marché du big data poursuit son expansion, avec un taux de croissance de 12% en 2019, la pérennité des outils adoptés, les choix d’architecture et la collaboration des métiers restent des prérequis pour apprivoiser la donnée. Si les projets big data sont arrivés à maturité, cette nouvelle ère voit les décideurs se recentrer sur des défis humains, organisationnels et de confiance », concluent les organisatrices du salon.

Data literacy : un enjeu très actuel

La majorité des entreprises a conscience de l’incroyable opportunité que représentent les données. Mais entre leur aspiration à être pilotées par la donnée et la capacité de leurs collaborateurs à créer de la valeur commerciale grâce à la data, il subsiste encore un écart.

Selon une étude menée début 2020 par Accenture et Qlik auprès de 9 000 salariés dans le monde, 87 % des répondants reconnaissent la donnée comme un atout. Mais seuls 25 % des employés interrogés pensent qu’ils sont parfaitement préparés à utiliser efficacement les données, et à peine 21% se disent confiants dans leurs compétences en matière de Data Literacy, c’est-à-dire leur capacité à lire, comprendre, questionner et travailler avec la donnée.

C’est la raison pour laquelle certaines entreprises, comme Meetic, embauchent un ou une responsable data culture. Sa mission ? Accompagner les collaborateurs sur la compréhension de leurs indicateurs business et de leurs tableaux de bord… L’approche n’est pas que technique, elle est globale, stratégique.

Au sein de Radiall, une entreprise française spécialisée dans la fabrication de connecteurs électroniques, une véritable culture de la donnée a – de même – été diffusée en interne. Cette démarche a été assurée par le Data & Analytics Manager de la société. Son rôle a été de conseiller l’ensemble des métiers dans la production de leurs tableaux de bord. Plus particulièrement, il a permis aux commerciaux de professionnaliser de nombreux aspects de leur reporting.


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