Un sixième centre de recherche en France pour Huawei

Le géant chinois des télécommunications Huawei a inauguré vendredi dernier à Paris un sixième centre de R&D en France, dédié à la recherche fondamentale en mathématiques et calculs. Il deviendra une fondation d’ici à deux ans.

Ouverture du sixième centre de recherche en France pour Huawei

Ouverture du sixième centre de recherche en France pour Huawei

Vendredi 9 octobre, le groupe chinois Huawei a inauguré un sixième centre de R&D français*, dans le VIIème arrondissement de Paris. Installé au deuxième étage d’un très bel hôtel particulier ayant accueilli le premier ministère des PTT, le centre « Lagrange », du nom d’un célèbre mathématicien franco-italien du XVIIIe siècle, est dédié à la recherche fondamentale dans les mathématiques et le calcul.

D’ici à deux ans, il aura toutefois vocation à devenir une « fondation » de recherche indépendante, en vue d’attirer et maintenir en France les meilleurs talents internationaux. Cette fondation sera supervisée par un conseil scientifique, présidé par Pierre-Louis Lions, professeur au Collège de France et lauréat de la médaille Fields 1994.

Lire aussi : La Région francilienne cofinance 100 contrats doctoraux liés au numérique

« L’ouverture de ce centre est le fruit de dix-huit mois de travail, a dévoilé Merouane Debbah, vice-président recherche de Huawei France et directeur du centre Lagrange. La crise sanitaire n’a pas impacté nos projets. Nous voulons contribuer à repousser les limites scientifiques dans les mathématiques et préparer les innovations de rupture de demain. Il faut jeter les bases de nouvelles théories qui nous guideront pour les années futures. C’est pourquoi nous nous inscrivons sur le long terme, avec des résultats d’étude attendus dans les dix ans. »

« La région Ile-de-France regroupe une communauté de 3 000 mathématiciens et 13 médailles Fields, la plus forte concentration au monde. » Valérie Pécresse, présidente de région Cliquez pour tweeter

D’ici fin 2020, une trentaine de jeunes chercheurs/chercheuses travailleront sur les 750 mètres carrés du site, dont une dizaine seront invités. Ce qui portera l’effectif « R&D » du groupe en France à près de 300 personnes (sur 1 000 au total). « Nous voulons notamment travailler avec l’Ecole Normale Supérieure, le Collège de France et l’Institut Henri-Poincaré de l’Université de la Sorbonne », a précisé le directeur. Aussi, dans cette logique d’échange de connaissances, les résultats des travaux du centre Lagrange seront partagés avec le monde universitaire et la communauté scientifique.

William Xu, président du conseil d'administration et de la recherche stratégique de Huawei

William Xu, président du conseil d’administration et de la recherche stratégique de Huawei

William Xu, président du conseil d’administration et de la recherche stratégique de Huawei, a également ajouté : « Au cours de ces trente dernières années, les mathématiques ont joué un rôle clé dans le développement des communications. Aujourd’hui, je suis très fier de soutenir l’ouverture du centre Lagrange. Il est une plateforme ouverte à tous les mathématiciens à travers le monde pour mener des recherches, nous permettant d’aller au-delà des limites, dont les résultats bénéficieront à toute notre industrie. »

Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé, mais ce centre s’inscrit dans un plan global de 4 milliards d’euros d’investissements prévus sur quatre ans en France, dont 1 milliard d’euros d’achats en 2019 avec comme principal bénéficiaire STMicroelectronics (puis Orange, Nexans, Radiall…). Ceci face à des réticences de plus en plus virulentes de pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la Belgique (qui veulent favoriser d’autres équipementiers).

 

Le groupe chinois, premier vendeur mondial de smartphones et le plus avancé des trois principaux fournisseurs d’équipements 5G, devrait ainsi révéler, dans quelques semaines, la localisation définitive d’une usine qu’il a promis de construire sur le territoire national. Cette première usine hors de Chine pour l’équipementier devrait a priori être implantée dans le Grand Est. Elle aura pour mission de produire environ 1 milliard d’euros d’équipements radio (antennes) pour la 4G et la 5G par an. Très automatisé et robotisé, le site s’étendra à d’autres produits par la suite, en fonction des besoins du marché européen. Dans un premier temps, 200 millions d’euros seront investis dans le terrain, les bâtiments et les équipements et 500 emplois seraient créés à terme.

* Il s’agit du quatrième centre de recherche en Ile-de-France et du sixième en France, après Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Paris, Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) et Grenoble (Isère). Leurs thématiques en recherche appliquée : communications sans fil, intelligence artificielle, design, traitement d’image, capteurs… Depuis 2013, Huawei a déposé 215 brevets en France.


Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *